Tous les articles par Guattari Félix

Les philosophes postmodernes ont beau papillonner autour des recherches pragmatiques, ils restent fidèles à une conception structuraliste de la parole et du langage qui ne leur permettra jamais d’articuler les faits subjectifs aux formations de l’inconscient, aux problématiques esthétiques et micro-politiques. Il faudrait en revenir à une évidence simple, mais combien lourde de conséquences, à savoir que les agencements sociaux concrets mettent en cause bien d’autres choses que des performances linguistiques : des dimensions éthologiques et écologiques, des composantes sémiotiques, économiques, esthétiques, corporelles fantasmatiques, irréductibles à la sémiologie de la langue, une multitude d’univers incorporels de référence, qui ne s’insèrent pas volontiers dans les coordonnées de l’empiricité dominante.

Postmodern philosophers may flirt with pragmatics, but they remain trapped within a structuralist conception of speech and language, which prevents them from articulating subjective facts to the formations of the unconscious, to the realm of aesthetics and micropolitics. One should start again from the basic (but immensely important) fact that concrete social devices deal with much more than mere linguistic performance : they are made up of ethological and ecological dimensions, of semiotic, economic, aesthetic components, of bodily fantasies irreducible to linguistic semiology, displaying a multitude of disembodied universes of reference, which do not easily fit within the coordinates of our ruling empiricism.

L’objet écosophique

Les configurations géopolitiques se modifient à grande allure tandis que les Univers de la technoscience, de la biologie, de l’assistance par ordinateur, de la télématique et des médias déstabilisent chaque jour davantage nos coordonnées mentales. La misère du tiers monde, le cancer démographique, la croissance monstrueuse et la dégradation des tissus urbains, la destruction insidieuse […]

Les trois écologies

Version courte originale « Il y a une écologie des mauvaises idées, comme il y a une écologie des mauvaises herbes. » Gregory BATESON La planète Terre connaît une période d’intenses transformations technico-scientifiques en contrepartie desquelles se trouvent engendrés des phénomènes de déséquilibres écologiques menaçants, à terme, s’il n’y est porté remède, l’implantation de la […]

L’imagination au pouvoir

Entretien avec Félix Guattari paru dans « le Lien social » n°181 17 sept 1992.Propos recueillis par Guy BenloubuFélix Guattari était très certainement l’un de nos philosophes les plus singuliers. A l’origine du mouvement de la pensée intellectuelle anticonformiste, il a révolutionné, puis stimulé avec son complice Gilles Deleuze ; une bonne part de l’élaboration […]

Pratiques écosophiques et restauration de la cité subjective

L’etre humain contemporain (1) est fondamentalement déterritorialisé. Ses territoires existentiels originaires  corps, espace domestique, clan, culte  ne sont plus arrimés à un sol immuable, mais s’accrochent désormais à un monde de représentations précaires et en perpétuel mouvement. Les jeunes gens qui déambulent, un walkman collé aux oreilles, sont habités par des ritournelles produites […]

Vers une nouvelle démocratie écologique

Félix Guattari était membre des Verts. Pour la prochaine Assemblée générale de ce mouvement, prévue pour la minovembre, ses amis, réunis au sein d’un courant appelé Fil vert, lui avait demandé de rédiger un texte d’orientation. Fin juillet, le philosophe le leur envoyait . Ce texte a été publié dans le Revue Ecologie Politique Les […]

Vers une ére postmédia

Paru dans Terminal N° 51La jonction entre la télévision, la télématique et l’informatique est en train de s’opérer sous nos yeux et elle s’accomplira probablement durablement dans la décennie à venir. La digitalisation de l’image télé aboutit bientôt à ce que l’écran de télé soit en même temps celui de l’ordinateur et celui du récepteur […]

Pour une refondation des pratiques sociales

Le Monde diplomatique (octobre 1992)Le progrès social et moral est inséparable des pratiques collectives et individuelles qui en assument la promotion. Le nazisme et le fascisme n’ont pas été des maladies transitoires, des « accidents de l’histoire » désormais dépassés. Ils constituent des potentialités toujours présentes ; ils continuent d’habiter nos univers de virtualité ; le stalinisme […]

Tokyo l’orgueilleuse

« Vertige d’une autre voie japonaise : Tokyo renonçant à être la capitale de l’Est du capitalisme occidental pour devenir la capitale du Nord de l’émancipation du Tiers Monde »Des[[Texte daté manuscritement par Félix Guattari du 2 janvier 1986. Publié en japonais sous le titre « Hokoritakaki Tokyo » in Guattari, Gen Hiraï, Akira Asada, […]

Vers une auto poëtique de la communication

Futur Antérieur : Alors Félix, tu n’aimes pas le terme de communication ? Félix : La communication s’instaure entre des sujets discernables par le biais d’un canal de transmission. Elle est tirée trop souvent vers une théorie de l’information très réductionniste. Il me semble que la mode communicationnelle actuelle a le défaut de perdre les […]

Au-delà du retour à zéro

interview de Félix Guattari par Toni NegriFélix Guattari a publié récemment Cartographies schizoanalytiques, Galilée, 1989. Ce livre réunit différents matériaux théoriques et psychanalytiques ; Félix y élargit ses recherches antérieures à la fois par fragments et dans un ensemble très innovateur. Les questions de l’interview qui suit ne visent pas les aspects psychanalytiques de cet […]

Guattari Félix

Félix Guattari né à Villeneuve-les-Sablons, Oise, le 30 avril 1930 est décédé à La Borde, Loir-et-Cher,le 29 août 1992, il fut tout à la fois agitateur politique, psychanalyste et philosophe. Son trajet, commencé dès le lendemain de la guerre dans le mouvement des Auberges de la jeunesse, a été marqué par deux expériences majeures : la volonté de changer la nature des rapports humains dans le milieu psychiatrique et le militantisme politique dans l'extrême gauche non stalinienne. Psychanalyste, formé au départ par Jacques Lacan, Félix Guattari découvre peu à peu l'« autre face du mystère analytique »; en effet, c'est par une rencontre décisive avec Fernand et Jean Oury (l'un est instituteur, disciple de Célestin Freinet ; l'autre est psychiatre) que Félix Guattari, jeune étudiant en pharmacie, s'orienta très tôt vers la psychiatrie, en y associant une réflexion sur la psychothérapie institutionnelle. En 1950, il participe à la fondation et travaille à la clinique de La Borde, dont il sera jusqu'à sa mort, l'inspirateur et l'organisateur. Il s'est investi dans les initiatives qui visaient à transformer radicalement les conceptions traditionnelles de la maladie mentale et des rapports entre soignants et soignés : ainsi, à La Borde, les malades participent à la vie collective de l'établissement. Il fut le fondateur du Cerfi, lieu collectif de recherches institutionnelles, et de la revue {Recherches} qui oeuvrera, jusqu'en 1982, au renouvellement des pratiques sociales. Sur le plan politique, un moment trotskyste , il fonde au moment de la guerre d'Algérie le groupe oppositionnel la «Voie communiste » ( 1955-65) .Il fut ainsi partie prenante des luttes anticolonialistes, tout particulièrement lors de la guerre d'Algérie. Mai 68 donna une dimension nouvelle à ses activités : le mouvement étudiant et ses prolongements apportaient, à ses yeux, une confirmation des conceptions qu'il défendait. Son activité prend dès lors une portée internationale, dont témoigne, en particulier, l'aide qu'il apporte aux militants « autonomes » italiens, accusés par leur gouvernement de complicité avec le terrorisme. Parallèlement, Félix Guattari préside à la naissance de nombreuses associations de caractère politique, : des groupes de recherche, en passant par sa participation au mouvement des radios libres à travers " Radio Tomate" à Paris et "Radio Alice" en Italie, et aux l nouveaux espaces de libertés à travers la fondation du CINEL. Dans les années 1980, il s'engage dans le mouvement écologiste, auquel il propose une réflexion théorique tout en cherchant à unifier ses principales composantes. En 1987 il fonde la revue {Chiméres} (Revue des schizoanalyses). http://www.revue-chimeres.org/ Parallèlement à la production d' une œuvre politique et analytique profondément originale dont les étapes sont {« Psychanalyse et transversalité »}, {« L''insconscient machinique »}, {« La révolution moléculaire »}, {« Les trois écologies »}, {« Chaosmose »} et (« Cartographies schizoanalytiques »}, il a écrit en commun avec Gilles Deleuze une œuvre philosophique importante, de renommée mondiale, dont les titres les plus célèbres sont :{ « L'anti-œdipe »}, {« Mille plateaux »}, {« Qu'est-ce que la philosophie ? »}, et, avec Antonio Negri, {« Les nouveaux espaces de liberté ».} Pour ceux qui veulent avoir une vue exhaustive de la littérature critique concernant Guattari, Il peut être utile de lire le recueil d'articles en 3 volumes fait par Gary Genosko, {Critical Assessments : Deleuze and Guattari} (Londres, Routledge, 2000), ainsi que d'accéder au site de Genosko en partie consacré à Guattari : http://www.lakeheadu.ca/~ggenosko/ Parmi ses références politiques et philosophiques , la revue Multitudes se réclame de la pensée et de la pratique politique de Félix Guattari. Bibliographie -Psychanalyse et transversalité, Maspéro,Paris, 1972 -La révolution moléculaire, Editions,Recherches, Paris, 1977 -L'inconscient machinique, Editions,Recherches, Paris, 1979 -Les années d'hiver, Bernard Barrault,Paris, 1985 -Cartographies schizoanalytiques, Galilée,Paris, 1989 - Les trois écologies, Galilée, Paris 1989 - Chaosmose, Galilée, Paris, 1990 En collaboration avec Gilles Deleuze : -L'anti-Odipe, Minuit, Paris, 1972 -Kafka, pour une littérature mineure,Minuit, Paris, 1975 -Mille Plateaux, Minuit, Paris, 1980 -Qu'est-ce que la philosophie ? Minuit,Paris, 1991 En collaboration avec Toni Negri -Les nouveaux espaces de liberté, éditions Dominique Bedou, Paris 1985. ({Notice biographique rédigée par Emmanuel Videcoq})