Tous les articles par Soucaille Alexandre

Une des urgences épistémologiques et politiques en anthropologie aujourd’hui nous semble être d’argumenter l’infertilité des amalgames — de plus en plus courants — entre les revendications territoriales des peuples autochtones en termes d’indigénité et les revendications nationalistes où l’identité est crispée sur un essentialisme exclusif. Nous sommes convaincus par nos rencontres dans le Pacifique, en […]

Face à la mésentente disqualifiante autour de l’autochtonie des peuples, il faut reconsidérer fondamentalement les raisons de la revendication autochtone. En effet, être autochtone, ce n’est pas tant appartenir à un lieu qu’offrir la pensée d’une expérimentation de manières d’agir autrement dans le monde en partant des positions hétéroclites de l’écart et de la séparation. Ces positions, initialement comprises dans l’extériorité cosmologique des Peuples Autochtones, leur permettent ainsi de résister, en se revendiquant d’eux-mêmes, aux hégémonies des modes d’administration des populations.

What are the reasons for the autochtonous claims ? Being autochtonous is not so much based on belonging to a particular location as on providing an experimentation in other forms of agency. These forms come from heterogeneous positions of gaps and separations, situated in the cosmological exteriority of the Autochtonous People, who thus resist the hegemonic administration of populations.

Soucaille Alexandre

Anthropologue. Ses recherches concernent principalement les modalités de l’action politique et les formes de domination. Après avoir étudié pour sa thèse les relations quotidiennes entre Adivasi et les gens de caste dans le Jharkhand (Inde), il travaille actuellement sur les camps des tribus criminelles, l’émergence des formes politiques adivasi relevant de la modernité, et le pouvoir à travers la question du viol. Il a également cofondé Tribal Act, une organisation politique de soutien aux Peuples Autochtones.