Tous les articles par Bayo Akomolafe

Homo Icarus Mettre la blanchité hors service, ouvrir un espace de guérison, par

Homo Icarus
Mettre la blanchité hors service, ouvrir un espace de guérison
Écrivant en réponse au rassemblement suprématiste blanc de Charlottesville en 2017, Bayo Akomolafe propose de dépasser la condamnation morale pour examiner la blanchité comme projet colonial-capitaliste de désincarnation. S’appuyant sur les cosmologies yoruba de l’intersectionnalité (asé, croisées des chemins) et retraçant des trahisons historiques comme le Code esclavagiste de Virginie (1705), il analyse comment la blanchité a créé « Homo Icarus » : l’humain déraciné, coupé de la Terre et de la communauté. Akomolafe appelle à « mettre la blanchité hors service » par des pratiques de ré-autochtonie et en entrant dans des « trous blancs » – espaces liminaux où l’identité blanche peut être récupérée séparément du projet de la blanchité, permettant à toustes de renouer avec le lieu et la réciprocité relationnelle.

Homo Icarus
The Depreciating Value of Whiteness and the Place of Healing
Writing in response to the 2017 Charlottesville white supremacist rally, Bayo Akomolafe proposes moving beyond moral condemnation to examine whiteness as a colonial-capitalist project of disembodiment. Drawing on Yoruba cosmologies of intersectionality (asé, crossroads) and tracing historical betrayals like the 1705 Virginia Slave Codes, he analyzes how whiteness created “Homo Icarus”: the rootless human severed from Earth and community. Akomolafe calls for “decommissioning whiteness” through re-indigenization practices and entering “white holes”—liminal spaces where white identity can be recovered separately from the whiteness project, allowing all peoples to reconnect with place and reciprocal relationality.

Rencontrer les inapproprié·es
Liminalité de la Justice et de la Réconciliation au Canada, par

Rencontrer les inapproprié·es
Liminalité de la Justice et de la Réconciliation au Canada
Cet article propose une spéculation à l’échelle géopolitique de la « réconciliation » entre les Premières nations et l’État colonial canadien, demandant à quoi pourrait bien ressembler une justice qui ne reproduirait pas le monde dont elle cherche à réparer les violences ? Il suggère que les conceptions héritées de la justice du côté de l’Occident colonisateur ne sont pas assez bizarres, que les solutions proposées pour faire face à la violence n’ont pas assez d’humour, d’étrangeté, d’instabilité, pour proposer des bascules significatives. C’est du côté de la rencontre avec les « inappropriées » que se jouent de telles bascules, capables de transformer nos rapports à la notion de justice.

Meeting the Inappropriate/d
The Liminality of Justice and Reconciliation in Canada
This paper speculates on the geopolitical scale of “reconciliation” between First Nations and the Canadian colonial State, asking what justice might look like when it does not reproduce the world whose violence it seeks to repair? It suggests that the inherited conceptions of justice from the colonizing West are not bizarre enough, that the proposed solutions to violence do not have enough humor, strangeness, instability, to propose meaningful shifts. It is on the side of the encounter with the “inappropriate/d” that such shifts are played out, capable of transforming our relationship to the notion of justice.

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