Quand la parole libère (de) l écrit, et l écrit (de) la parole

Entretien avec Romaine MoretonFaire entendre la voix de ceux pour qui le texte écrit est étranger à la tradition culturelle : tel est le projet de la poétesse et performer aborigène Romaine Moreton, dont nous publions deux poèmes extraits du recueil Post Me to the Prime Minister. Écrits en anglais dans la version originale, ces poèmes sont écrits au rythme du bongo. Entre la langue du colonisateur et le rythme de la langue du colonisé, ils expriment le combat de Romaine Moreton : le combat d’un peuple pour se représenter lui-même, pour avoir le droit d’être auteur de soi-même.

To make the voice heard of those for whom the written word is not part of their cultural tradition is Romaine Moreton’s project as Aboriginal poetess and performer. We publish here two poems from her collection Post Me to the Prime Minister. Flowing by the beat of the bongo, originally written in English, manoeuvering between the written language of the colonisator and the music of the colonised, they forcefully express Romaine Moreton’s struggle : the combat of a people for the right to represent itself and to be the author of its own existence.

Moreton Romaine

Poétesse, interprète (performer), et scénariste aborigène (nation Goenpul), Romaine Moreton se produit dans de nombreux festivals nationaux (en Australie) et internationaux. The Callused Stick of Wanting, son premier recueil de poésie fut publié en 1995. Elle interprète sa poésie depuis 1996, et en 2002 accompagna le groupe féminin afro-américain Sweet Honey in the Rock dans leur tournée australienne. Son livre-CD, Post Me to The Prime Minister, une première pour les poètes aborigènes, fut publié en 2004. Elle a écrit deux courts-métrages (Cherish et Redreaming the Dark) et réalise actuellement son premier long métrage, intitulé Touch the Wire.