Bedzed
 – De l’éco-quartier au changement des modes de vie

Livré au début des années 2000, Bedzed, site de 82 logements à Londres est, aux côtés de Vauban à Freiburg et de Hammarby Sjostad à Stockholm, l’une des premières démonstrations de la possibilité d’une vie urbaine plus écologique. Il attire des milliers de visiteurs du monde entier et bénéficie d’une abondante couverture médiatique.
Fondé sur les principes de l’écologie territoriale, Bedzed affiche des réductions des besoins de 70 % (eau) à 90 % (énergie). Les matériaux de construction sont pour l’essentiel récupérés de sites voisins laissés à l’abandon, d’où une empreinte quasi nulle de ce point de vue.

70 % des résidents déclarent que leur qualité de vie est « significativement meilleure » qu’auparavant. Comme peuvent en témoigner les nombreux visiteurs du site, l’atmosphère à Bedzed rappelle celle d’un village. Le site a été conçu pour préserver l’intimité (logement sans vis-à-vis, jardins faisant face au mur nord du bâtiment opposé), tandis que les espaces communs permettent une convivialité à la carte (salles de travail et espaces de vie, happy-hour, terrain de jeu). Les produits frais sont regroupés et livrés sur site par des producteurs voisins, réduisant d’autant les transports, le temps passé à faire les courses, les emballages et les besoins de stockage. Le partage des objets (machines, CD, jeux, livres) y est courant. Les résidents disent connaître 5 fois plus de voisins qu’auparavant (une vingtaine, contre en moyenne 3 à 5).
Comme l’exprime son identité visuelle singulière, ce site original prouve que l’on peut vivre de manière durable et moderne. Souvent tournées en dérision au départ, les cheminées de couleur se balançant au gré du vent sur des toits végétalisés doublés de panneaux solaires sont devenues l’emblème de Bedzed, contribuant à en établir la notoriété.

Conception d’un prototype

La particularité de Bedzed réside dans la vision des fondateurs, qui voulaient « rendre attrayant l’adoption de modes de vie durables » et prouver qu’il était possible de vivre de manière durable sans sacrifier au confort moderne.

Engagés depuis les années 1990 dans des actions innovantes associant une grande diversité d’acteurs pour relocaliser l’économie et réduire les impacts négatifs de la surconsommation, Pooran Desai et Sue Riddlestone ont imaginé le site à partir d’une page blanche, en partant des modes de vie souhaités. Respectivement biologiste et infirmière, avec pour seuls bagages leur force de conviction et une bonne connaissance des réseaux impliqués dans la lutte sur l’urgence éconologique, ils réussiront en quelques années à rassembler des partenaires techniques et financiers importants pour faire sortir le projet de terre.
Bedzed a ainsi été pensé comme un démonstrateur, abritant 250 « cobayes » dans 82 logements dont le suivi des comportements et des usages a été observé systématiquement. L’idée d’origine était d’en construire d’autres inspirés de la même philosophie, en tirant les leçons de chaque projet pour améliorer le tir en avançant. En tant que version « alpha », Bedzed a ainsi « essuyé les plâtres », avec des problèmes de sur-dimensionnement, de dysfonctionnement des équipements sur site, et au final un surcoût important, épongé par la fondation caritative Peabody Trust.

Il faut voir Bedzed comme prototype d’une recherche appliquée aux modes de vie, qui aura permis d’établir le concept d’un nouveau mode de faire et d’agir, et de faire naître une deuxième génération de projets aux performances nettement supérieures.



Normalisation et diffusion de l’approche

Les développements qui ont suivi s’inscrivent dans les principes de l’approche One Planet Living (OPL). Alors que Bedzed s’était fixé comme objectif de réduire l’empreinte écologique de nos modes de vie de moitié, OPL vise à la réduire des 2/3, afin de « vivre avec une seule planète ». Exemples :
— Brighton. Livré entre 2008 et 2010, ce site de 172 logements atteint les objectifs OPL tout en respectant les normes financières du marché : réduction de 95 % des besoins d’énergie, 100 % de l’énergie consommée est verte, pas de parkings privés mais un système de Car Club, des potagers sur tous les toits, compost et recyclage maximal des déchets.
— Aux États-Unis, plusieurs sites sont en construction en suivant les mêmes règles : Sonoma Mountain en Californie (5 000 habitants, 2 000 logements), Grow à Seattle (150 logements).
— Jeux Olympiques London 2012 : en 2007, la stratégie One Planet Olympics a permis à Londres d’empocher la meilleure note en matière de durabilité parmi les autres candidatures déposées. L’approche OPL a conçu dès l’origine une écologie territoriale permettant d’optimiser dans la durée les retombées de l’événement en modélisant les usages avant, pendant et après (construction à partir de matériaux issus de la déconstruction de sites en friche, village olympique conçu pour être aisément reconverti et répondre aux besoins de logements des populations après les JO, intégration de moyens de transports doux, réhabilitation de terrains pour fournir une nourriture locale, création de filières artisanales locales, etc.).
— Autres sites dans le monde : Portugal, Australie, Chine, États Arabes Unis… L’approche OPL a été déclinée dans plus d’une quinzaine de sites. Partant de la différence des contextes, le but est de constituer des One Planet communities ancrées dans leur territoire, afin de « faire tache d’huile ». La majorité des sites intègrent en leur sein logements, centres de vie, services et coworking, de manière à supprimer l’usage des véhicules.

Une séduction mondiale

À partir de la démonstration de la viabilité du concept d’écoquartier dans le site pionnier de Bedzed, le modèle s’est propagé en moins de 10 ans :
— 100 000 logements ont été livrés dans le monde selon les standards OPL ;
— L’approche a fait tache d’huile. Elle a été adoptée à l’échelle de districts et de grandes villes, tels le Comté du Sutton autour de Bedzed, ou Brighton et Middlesborough en Angleterre. Des sites de grande envergure, qui se comptent en milliers de logements et d’hectares, sont en cours de construction avec des opérateurs privés, tels Barangaroo au cœur de Sydney, Masdar dans les États Arabes Unis ou Mata de Sesimbre au Portugal. Téléchargeable en ligne, la méthodologie a été adaptée et rendue applicable dans une cinquantaine de pays ;
— Des politiques publiques ont adopté la méthode : c’est le cas du Pays de Galles « One Planet One Wales » ou de la Nouvelle-Zélande. L’Angleterre a d’abord adopté une « zero carbon homes policy » en 2008 en s’inspirant de Bedzed, et vient d’adopter une politique publique qui touchera tous les logements en 2016 ;
— Les entreprises participent en développant des One Planet Products (cf. B & Q et Castorama, ou Kingfisher). Reconnue comme pionnière dans le domaine de l’entrepreneuriat social, l’action des fondateurs de Bedzed a été primée par des prix internationaux.

S’il est difficile de mettre un chiffre au final sur l’empreinte des projets OPL, la vision (empreinte écologique, approche systémique) et les objectifs ambitieux fixés (gains de 2/3) ont enclenché une incontestable dynamique de changement.

L’écologie peut-elle faire bon ménage 
avec l’économie de marché ?

Selon une idée reçue, l’écologie ne peut être rentable et doit s’accompagner de subventions publiques ou de conditions particulières pour fonctionner.

Si quelques sites OPL, tels les JO de Londres, ont bénéficié de conditions particulières (reprise de foncier dévalorisé, friches industrielles), beaucoup d’autres témoignent du fait que des partenariats innovants entre une ONG et des acteurs privés peuvent infléchir les standards de l’industrie et entrer dans les normes du marché, en se fondant sur une vision ambitieuse et partagée.

Ainsi, One Brighton a été construit sur des terrains acquis au prix du marché. Les surcoûts liés aux équipements durables, près de 1 m£ sur un total de 20 m£, ont été couverts par le fait qu’il n’y a aucun parking sur le site, ce qui a permis d’augmenter la densité et de réduire l’enveloppe des travaux. En lieu et place de parkings, un système de Car Club a été installé sur site. D’après les fondateurs de Bedzed, cette pratique qu’ils ont implantée depuis une dizaine d’années est en passe de devenir une norme pour l’industrie. Pour assurer la pérennité du projet de durabilité, les équipements ont été regroupés dans une société dont les habitants sont les seuls actionnaires, tandis que les principes OPL sont inscrits dans le règlement de copropriété.

Il en va de même pour le site de Middlesborough, au Nord de l’Angleterre, ou du site de Grow, sur la côte Ouest des États-Unis. Aujourd’hui, tous les sites OPL en cours de développement suivent ces principes d’équilibre financier et de gouvernance avec les résidents.



En quoi le modèle est reproductible ?

Nous n’avons pas affaire ici à un modèle industriel, standardisé, à reproduire clé en main. Le modèle s’apparente plutôt à ceux qui colonisent le Web 2, fondés sur le prototypage rapide et le learning by doing. Que ce soit pour Bedzed ou pour les sites OPL qui ont suivi, le but était de créer un premier prototype, à une échelle permettant d’en maximiser les chances de livraison dans de bonnes conditions, puis de faire tache d’huile par la démonstration in vivo et l’amélioration continue avec les usagers. Il s’agissait, par le plaisir des usagers, de convaincre les acteurs privés de s’engager dans un programme dont la rentabilité initiale était pour le moins hasardeuse.

C’est ce mécanisme viral qui a engendré One Planet Sutton autour de Bedzed, avant de toucher le gouvernement anglais. Pour que le modèle fonctionne, la première étape – celle du prototypage sur site – nécessite une collaboration étroite entre des opérateurs innovants, prêts à investir dans une expérimentation pilote, les ONG et autres représentants de la société civile locale, et des territoires soucieux de dynamiser l’innovation collective. L’apport de l’équipe fondatrice de Bedzed se situe dans cette ingénierie multipartite.

Le modèle est-il pour autant durable ?

Les projets de ville à avenir et autres projets radieux qui n’auront pas résisté à l’épreuve du temps sont légion. Bedzed et OPL pourront-ils échapper à cette fatalité ? Nous n’avons pas encore le recul (10 ans) pour en juger. Cependant, plusieurs facteurs laissent espérer que ces développements devraient être en mesure de résister au temps.

Tout d’abord, en se fixant des objectifs ambitieux, le modèle permet des gains tangibles (-15 % du budget de fonctionnement des ménages, plus de 90 % de gains d’énergie, dépendance minime vis-à-vis de ressources fossiles de plus en plus coûteuses). Il permet aussi une amélioration de la qualité de vie perçue par les habitants (modes de vie plus sains, matériaux naturels, boucle alimentaire locale, sécurité, entraide entre voisins, espaces de loisirs).
Ensuite, le programme insuffle une dynamique de communauté. La mise en place et la montée en charge des OPL Communities fait partie intégrante du programme. Lorsque l’équipe fondatrice explore des sites pour envisager un développement, elle a systématiquement recours aux ONG et acteurs locaux, précédée de sa réputation (notoriété liée à Bedzed et aux nombreux prix reçus, tels que le prix Skoll). Elle s’engage ensuite dans l’amorçage et maintient une présence OPL dans chaque site. Un « gardien de la règle » est recruté, et le programme est inscrit dans le règlement de copropriété. Au niveau mondial, une animation des OPL communities est assurée, facilitant le partage des savoirs et une mise en réseau des acteurs.
Enfin, les équipements sont conçus avec des partenaires innovants, en association avec les habitants qui en deviennent copropriétaires. Les décisions concernant les coûts, investissements et améliorations sont prises collectivement. On constate au cours du temps une implication croissante des résidents dans la maintenance et la gestion du site au quotidien.

Une vision militante combinée à une approche professionnalisée du changement
Ce trajet singulier s’articule autour de trois piliers : 1) une vision ambitieuse à long terme 2) une capacité à réaliser et 3) une volonté militante de partager les savoirs pour accélérer le changement.
— Visionnaires : les fondateurs ont d’emblée voulu inspirer le changement en montrant que « le durable, c’est possible et c’est sympa », et qu’on peut réaliser 2/3 d’économies par un design intelligent qui donne envie et interpelle les usagers. C’est de la pédagogie appliquée par la base et non imposée du haut. Dès l’origine, leur but a été d’installer des vitrines exemplaires dans chaque continent, avec l’objectif ultime de tout diffuser en open source.
— Capacité à réaliser (« make it happen ») : nullement des professionnels de l’urbanisme ou de l’énergie, ils ont pourtant réussi à « faire » Bedzed, puis OPL. Militants au long cours, ils ont très vite compris qu’agir hors-sol ou contre le secteur privé ne suffirait pas, et qu’il leur faudrait innover entre ces parties pour impulser le changement – ce qui suppose d’être capable d’interagir efficacement avec les territoires au long cours, tout en construisant des relations opérationnelles avec le privé à court terme. Leur apport aura été d’insuffler une vision, de structurer les partenariats et de garder le cap en matière d’objectifs de durabilité. Ils ont ainsi influé sur les standards de l’industrie tout en dynamisant les communautés locales.
— Partager les savoirs : dès l’origine, dans les années 1990, les fondateurs ont eu à cœur de 1) cultiver l’ancrage local de chaque projet, 2) récolter les données et documenter les expériences en effectuant un suivi personnalisé des communautés et 3) partager les savoirs en stimulant les collaborations en réseau. Ils ont ainsi investi du temps et des moyens pour documenter les retours d’expérience de chaque projet (rapports de consultants, audits externes, banques de données, matériel audiovisuel disponible sur demande).

Pour Sue Riddlestone, la raison pour laquelle Bedzed exerce une telle influence est que « nous n’avons pas juste construit Bedzed pour ensuite déguerpir. Ça fait partie de notre communauté […]. Bien que nous soyons une ONG internationale, nous sommes toujours ancrés dans la communauté et faisons tout pour rendre le territoire local durable. Ça veut dire être là, effectuer un suivi des résidents, écrire des rapports et avoir un Centre de Visite, qui rend les choses plus réelles. »
Maintes fois primée avec Pooran Desai comme entrepreneurs sociaux, elle a tiré les leçons des projets audacieux qu’ils ont réussi à mener ensemble. « Il faut se comporter de manière très business, très professionnelle et bosser. La durabilité, ça veut dire revenir aux fondements, penser ex nihilo, car c’est là que se trouvent les vraies opportunités. Chercher des partenaires en se demandant “qu’est-ce qu’ils vont y gagner ?” parce qu’il doit toujours y avoir quelque chose pour eux. Nous nous sommes toujours efforcés de fournir le meilleur travail que nous pouvions avec des intentions pures et ça aide toujours. » 


Une approche virale du changement comme sur le web
Cette innovation territoriale s’inspire des modèles du Web 2 : « Learning by doing » et « do it, fix it », les deux principaux adages de la Silicon Valley, ont été appliqués ici au domaine de l’habitat et à la vie quotidienne qui en résulte. En effet, le modèle de Bedzed/OPL est structurellement similaire à celui de l’open source informatique. La première version « alpha », ici Bedzed, a été financée par des mécènes (la fondation Peabody Trust). Une fois la viabilité du concept établie, on corrige le tir et on développe des projets normalisés de plus grande taille (OPL). Le passage à l’échelle se fait par la création de sites bénéficiant de l’expertise accumulée, la mise en réseau des communautés et l’ouverture des données – comme pour Linux, le « code source » est ouvert et modifiable par les usagers. Ce processus prenant de l’ampleur permet alors d’inspirer les politiques publiques (OP Cities, OP Policies).

Quand l’amateur rattrape le professionnel : « Travail acharné, communauté et intention pure », telles sont les clés que fournissent les fondateurs pour expliquer leur réussite. Entrepreneurs sociaux, ils avaient milité dès les années 1990 en montant des projets de boucle locale (textiles, charbon de bois, papier recyclé, alimentation bio, lavande avec des prisons). Pour Bedzed, ils ont imaginé le projet sur feuille blanche, puis ont été démarcher de nombreuses institutions, territoires et partenaires privés. Leur persévérance, leur « intention pure » et leur capacité à faire leur ont ainsi permis de créer ex nihilo une coopération multipartite, débouchant sur un montage sans commune mesure avec leurs moyens de l’époque. Ils ont ensuite vécu au cœur du projet, en tant à la fois que concepteurs, membres de la communauté et résidents, garants des ambitions du projet et de son objectif citoyen de diffusion des savoirs.

Dans le marasme ambiant, Bedzed et sa suite nous offrent une multitude de réponses, qui interpellent par leur caractère à la fois incitatif, libre et pratique.

Ce sont des solutions innovantes et concrètes, fondées sur la coopération entre des communautés apprenantes, leur territoire d’ancrage et des partenaires privés, avec l’appui d’une ONG dont la notoriété est fondée sur des réalisations concrètes dont Bedzed aura été l’emblème. Bedzed aura à la fois modifié significativement les modes de vie des résidents en moins de 10 ans, et ouvert le champ des possibles au niveau des territoires et des acteurs privés.

Protéiforme, l’approche esquisse une voie pour améliorer en continu le fonctionnement et l’ensemble du cycle de vie d’un site. Ce faisant, elle aura aussi mis en évidence le rôle clé des communautés dans la gouvernance, le recyclage des matières et des savoirs, la dynamisation du tissu local, depuis sa conception à sa mise en œuvre.

Le pari de l’open source

À l’instar des communautés des logiciels libres, avant-gardistes mais petites à l’échelle de la planète, portées par la force de conviction d’une poignée d’acteurs, le programme OPL ne peut réussir le passage à l’échelle que par la contagion des idées.
C’est la raison pour laquelle les fondateurs ont lancé une dynamique Open Source au plan mondial. Annoncé lors du Sommet de Rio +20, le programme « One Planet Open Source » constitue une plate-forme ouverte qui permettra de partager les savoirs tirés de l’expérimentation et de développer les synergies entre les One Planet communities.

À l’instar du logiciel libre dont il faut réussir à écrire le premier code source avec l’énergie des hackers ou l’aide de quelques mécènes, les prototypes ont été développés et le concept validé. En 10 ans, le processus d’ouverture partant de Bedzed a permis une réplication et une implantation dans de nombreux sites, intégrant des contextes différents. Tenus par des communautés vibrantes ancrées dans leur territoire, ces sites combinant écologie, réalisme économique et qualité de vie devraient mieux traverser le temps que les développements classiques, grâce à ce processus d’amélioration organique.

Nghiem Thanh

diplômée de l’École des Mines de Paris, MBA INSEAD, a été à 30 ans la première femme Partner du cabinet de conseil McKinsey en France. En 2002, elle a quitté le monde des affaires pour créer l’Institut Angenius, un incubateur de projets à but non lucratif qui agit en combinant modes de vie durables et libre diffusion des connaissances : web collaboratif, open source, territoires intelligents et communautés apprenantes, pratiques innovantes dans l’éducation et la transmission des savoirs. Chercheuse indépendante, elle enseigne à HEC et d’autres grandes écoles et donne de nombreuses conférences. Elle a publié en 2010 Des abeilles et des hommes, passerelles pour un monde libre et durable, aux Éditions Bayard.