Accueil » Les numéros » 52. Multitudes 52. Printemps 2013

52. Multitudes 52. Printemps 2013

Hors-champ 52.

Les plis du capitalisme cognitif
, par

Icônes 52

John Brown's Body "J’ai séjourné ensuite plusieurs semaines sur place pour rencontrer différentes personnes marquées par ce personnage dans leur propre vie et les photographier. Ces gens, des Américains progressistes, font maintenant valoir l'actualité des idées que John Brown défendait. Pour eux, nulle commémoration, nulle reconstitution d'une mémoire disparue, nulle nostalgie. Le nom de leur association, John Brown lives, est leur programme. Marqués par le 11 septembre 2001 qui reposait la question du terrorisme et de la lutte armée, marqués par l'élection d'un Président noir, c'est l'occasion pour eux d'agir contre l'esclavage moderne, la clandestinité, la violence des soldats de retour d'Irak, le racisme. Ils forment maintenant John Brown's Body, un corps social actif et vigoureux." Philippe Bazin

Majeure 52. Territoires et communautés apprenantes

Un développement local écologique, servi par des conditions historiques particulières, peut‑il faire école à d’autres échelles ? Les changements des modes de vie induits par les écoquartiers peuvent-ils être traduits en modes d’emploi et susciter de nouveaux types d’habitat ? Quels sont les traits communs aux expériences municipales écologiques de territoires aux passés industriels et aux ancrages géographiques différents ? L’effort culturel pour transmettre ces expériences en open source dans le cadre d’un réseau de territoires apprenants peut-il constituer un premier degré de commun ? La culture numérique et les nouvelles formes d’apprentissage qu’elle permet, les pratiques innovantes liées à la recomposition des territoires métropolitains, ont aussi leur part dans cette invention collective. Articles complémentaires sur le site de la revue Multitudes.

Mineure 52. Capitalisme émotionnel

Le retour en scène théorique des émotions et des sentiments (« sciences de l’affect », sociologie des émotions, éthiques du care… ) fait mieux voir et comprendre le phénomène de marchandisation des émotions, ou « capitalisme émotionnel ». Le défi d’une société du care sera dans la capacité de chacun de résister à la marchandisation, non par des formes d’individualisme associées à la séduction marchande, mais par la protection et le souci des autres.

Séduction et dépendance marchande
, par

« Be happy ! »
, par

Se fondant sur le constat que la psychanalyse est une pratique de la société bourgeoise capitaliste occidentale, l’auteure propose d’instruire la place de l’argent dans la circulation pulsionnelle. Pour elle, la pratique de la psychanalyse est un rapport marchand dont l’argent est au centre des échanges et continuer à faire semblant de l’ignorer serait une erreur non seulement politique mais aussi technique. Dans une deuxième partie, elle rend compte de ce qu’elle entend dans les consultations « travail » qu’on lui adresse. Elle montre que leurs plaintes désespérées ou enragées masquent mal des malhonnêtetés, des mensonges, des arnaques en tous genres dont ils ne réussissaient plus à être dupes. Elle prétend qu’une analyse économico-politique de leur trajet avec l’aide d’un clinicien est le meilleur moyen de transformer cette angoisse en embarras afin que leur vie redevienne vivable.

« Be happy! »
Assuming the fact that psychoanalysis is a Western capitalistic bourgeois social practice, the A. proposes to study the status of money in pulsional circulation. Analytic practice is a merchandized relation, where the exchanges are focused on the money, and to ignore this fact is a mistake, both politically and technically. The A. further gives an account of the hearings at her « work » referred consultations, showing how the patients’ desperate or angry complaints are only a cover for various dishonesties, lies, and scams they won’t accept anymore. He claimis that an economico-political analysis of their career with the help of a clinicist is the best way to turn anxiety into mere embarrassment in order to make their lives livable again.

Émotions privées, émotions publiques
, par

L’article examine le privilège accordé par les principales analyses sociologiques des émotions aux émotions et sentiments « collectifs », ou rattachables à des règles sociales de cadrage ou d’interprétation des situations. Il soutient que la pertinence sociologique des émotions réside aussi dans l’identification et la compréhension de ces émotions et sentiments dits « particuliers », « individuels », « personnels », « privés », en décalage avec « la situation ». Les travaux sur les émotions issus de perspectives féministes reconsidèrent ces qualifications – « particulières », « personnelles » – comme un produit de relations sociales, i.e. de domination. Une analyse des émotions, à partir d’une position subordonnée ou dominée, emprunte d’autres chemins dégageant une dimension politique des émotions. Une vision restrictive de la moralité et une vision extensive et conformiste du social font obstacle à un compte rendu sociologiquement acceptable de la moralité des émotions.

Emotions, public and private
Mainstream sociological analysis deals mainly with collective emotions. In this perspective, “individual”, “personal”, “partial” or “private” emotions are devoided of social significance. This paper argues that such a conception misses the sociological relevance of these phenomena. Differentiating emotions along the collective/individual line, seeing the former as socially meaningful and the latter as “particular”, “private”, or “personal” can also be understood as a product of power relationships. An alternative –feminist and gendered– analysis of emotions could be developped, shedding light on a political dimension of emotional phenomena, and the complex morality of emotions.

Soin de l’apparence, travail émotionnel et service au client
, par

autour du travail émotionnel des professionnel-le-s de la coiffure et de la manucure, à partir d’une enquête réalisée à Bogotá (Colombie). L’article examine certains des effets de la commercialisation et de la professionnalisation du soin de l’apparence tels que la configuration d’une division sexuelle des occupations qui place au sommet de la hiérarchie la coiffure de prestige réalisée par des hommes de diverses orientations sexuelles, et à la base, la manucure, assumée entièrement par des femmes. Il montre les contrastes du travail émotionnel dans ce secteur où il varie en fonction de la position sociale de la clientèle, le degré de formalisation des règles émotionnelles et l’impératif managérial du service au client.

Appearance care, emotion work and customer service
The article proposes some reflections on emotion work accomplished by men and women who work as hair dressers and nail dressers in Bogotá (Colombia). Placed between ornamentation and hygiene, professional work on hair and nails can be associated with care as much as it deals with people’s bodies and well-being. The article examines how the commodification and professionalization of appearance care have an effect on the sexual division of labor in this branch, placing on the top prestigious hair dressing performed by men (of any sexual orientation) and at the bottom nail dressing, performed almost exclusively by women. It shows some of the contrasts that characterize emotional work in these occupations, exposing how it overlaps with managerial ideology of customer service and how it differs according to client social position and specific emotional rules.

Multitudes en images

Confusion / New Order?Suzanne Doppelt. Dans le genre poésieOù allons-nous vivre maintenant ?Multitudes 53-54Florence LazarEntretien avec Simon BoudvinPartitions <br>« Impressions… d’être »Clarisse HahnIcônes 54Naldinho Lourenço, Occupation de la RocinhaOurgroup The Making of(f)