L’éthique des vertus et l’environnement

Un certain nombre de publications récentes vise à appliquer les éthiques des vertus aux questions environnementales[1]. Ces tentatives sont parfois jugées avec scepticisme. Je me propose de les exposer brièvement afin de les faire connaître, au moins dans leurs grandes lignes, au public français.

De l’éthique des vertus en général

L’éthique des vertus s’est constituée en réaction contre les théories morales dominantes, conséquentialismes et déontologismes. La plus sophistiquée des critiques adressées à ces théories est liée au problème de la « fortune morale », énoncé en 1976 par Bernard Williams et Thomas Nagel. Le problème est le suivant : d’une part nous admettons qu’il n’est légitime d’évaluer les agents moraux que pour les éléments ou pour les aspects de leurs actions qu’il est en leur pouvoir de contrôler. Pourtant, on évaluera de façon différente un conducteur distrait qui brûle un feu rouge et tue un piéton sur le passage clouté et un conducteur distrait qui brûle un feu rouge, a la chance de ne tuer personne ni de se faire emboutir, et continue son chemin sans peut-être se rendre compte de ce qui vient de se passer. Une des réponses à ce problème consiste à souligner qu’il ne se pose que pour ceux qui ont une conception trop étroite de l’action, conçue comme ce qui est posé par un pur agent (c’est-à-dire un agent qui n’est que cela). Si nous prenions en compte la réalité des agents, les choses n’apparaîtraient pas aussi problématiques : en réalité, on a affaire à des agents situés qui agissent, pour cette raison, de façon « impure ». Les agents ne sont pas ces puissances rationnelles très particulières qui initient des chaînes causales à partir de la représentation de la loi morale ; ils sont eux-mêmes engagés dans des contextes causaux et, à ce titre, sujets aux retournements de la situation et aux outrages de la fortune, mais c’est précisément dans de tels contextes qu’ils peuvent développer des traits de caractère qui les rendent fiables et dignes d’éloge.

On peut aussi remarquer que les éthiques du devoir conduisent à une dévaluation de l’agent moral : ce sont les principes qui sont prioritaires, et le souci de soi apparaît comme une page blanche sur l’agenda moral. Sans doute faut-il traiter l’humanité, en la personne de tout autre comme en sa propre personne, toujours en même temps comme une fin et jamais comme un moyen seulement ; sans doute, dans le grand calcul utilitariste des plaisirs et des peines, chacun doit-il compter pour un. Il n’empêche que l’agent moral se trouve en extériorité par rapport à lui-même, investi qu’il est du souci de produire en lui-même l’impératif catégorique ou de contribuer, par les conséquences de ses actes, à la réalisation d’un état de choses qui soit le meilleur possible.

Les partisans d’une éthique de la vertu soulignent encore que les principes et les règles sont trop abstraits pour s’appliquer tels quels. En soi, bien entendu, cela ne prouve rien : chacun sait qu’il est de la nature d’une règle de devoir être interprétée pour s’appliquer de façon pertinente à une situation concrète. Mais l’argument est le suivant : les règles et les principes moraux ne peuvent être interprétés que par quelqu’un qui manifeste les vertus appropriées à la situation. Cela prouve, au minimum, que les vertus sont conceptuellement antérieures aux principes et aux règles ; et peut-être même que les principes et les règles sont redondants. L’agent vertueux est celui qui a développé des traits de caractère tels qu’il n’a pas besoin de consulter un vade-mecum de règles et principes à appliquer ; il est à lui-même son propre recueil.

Enfin, les théories dominantes, même si elles concèdent une place aux dispositions du caractère, semblent suggérer que la chose réellement importante pour un agent en matière de morale est l’accomplissement de ses obligations. Mais en cela, elles ont du mal à s’accorder avec un sentiment fréquemment éprouvé : celui d’avoir affaire à des gens qui s’acquittent impeccablement de leurs obligations et qui sont pourtant moralement suspects, voire moralement répugnants. Au total, une partie très importante de la vie éthique semble échapper à une description en termes de principes et de règles ; selon la formule de Michael Slote, les éthiques de la vertu se caractérisent par leur recherche « des sources de la moralité dans la vie intérieure et dans le caractère de l’individu »[2].

À la recherche des vertus environnementales

Nous voilà donc en mesure de présenter les principales analyses relatives aux éthiques des vertus environnementales. À la suite de Ronald Sandler[3], je distinguerai entre les auteurs qui estiment que la tâche essentielle d’une éthique environnementale des vertus est de déterminer les traits de caractère qu’une personne environnementalement vertueuse doit manifester et les auteurs qui considèrent que la tâche prioritaire d’une éthique des vertus est de construire une théorie générale de la vertu qui explique pourquoi un agent vertueux doit également être environnementalement vertueux[4].

Dès 1983, Thomas Hill Junior a posé les fondements de la première approche[5]. Il commence par une anecdote : un riche excentrique achète une propriété dans le voisinage. Cette propriété comporte un jardin, avec des pelouses, des fleurs, des arbres, etc. La maison de maître bénéficie de l’ombre d’arbres centenaires. Mais le nouveau propriétaire est un amoureux du soleil et, en outre, considère qu’entretenir un jardin génère trop de tracas. Il fait donc raser les arbres et recouvrir le jardin d’asphalte. Aucun droit de propriété n’a été violé, aucune perte de bien-être occasionnée, le nombre de créatures sensibles qui ont eu à pâtir de cette décision est insignifiant. Pourtant, même un observateur qui ne serait guère intéressé par la préservation de l’environnement ressentirait quelque chose comme un outrage et comme un malaise moral (moral discomfort) face à un tel agissement. Pourquoi un tel malaise ? Ce qui l’explique le mieux, c’est que le vieil excentrique paraît, en quelque façon, manifester « l’absence de traits humains que nous admirons et considérons comme moralement importants » : cette réponse a pour effet de déplacer l’attention de l’acte accompli en direction de l’agent. Quels sont alors les traits admirables qui font défaut au riche excentrique, les vertus qu’il échoue à manifester ? Ce qui est choquant chez lui, c’est son arrogance environnementale, disposition qui constitue un vice. A contrario, bien entendu, on tiendra l’humilité environnementale pour une vertu.

Deux questions se posent alors : qu’est-ce que l’arrogance et l’humilité environnementales ? Pourquoi l’arrogance environnementale est-elle un vice et l’humilité environnementale une vertu ? L’arrogance environnementale consiste à se donner une importance excessive au sein de la nature. Ce n’est pas, à proprement parler, de l’égoïsme, ni une estime excessive de soi-même. C’est plutôt le fait d’être incapable d’imaginer que les choses et les êtres puissent, indépendamment de tout contexte d’utilité, être valorisés pour eux-mêmes. Dans ces conditions, on peut répondre à la seconde question : l’humilité environnementale est une reconnaissance de ses propres limites. Le contact avec la nature n’est pas humiliant, il est créateur d’humilité : « L’argument renvoie à l’idée commune selon laquelle la prise de conscience de la nature a et devrait normalement avoir un effet générateur d’humilité (humbling effect). Les Alpes, une tempête en mer, le Grand Canyon, des séquoias majestueux et le “ciel étoilé au-dessus de nos têtes” : tout cela incite les personnes à réfléchir sur l’insignifiance relative de nos préoccupations quotidiennes, et même de notre propre espèce. Et on pense généralement qu’il s’agit là d’une réponse parfaitement appropriée ». L’humilité n’est peut-être donc pas le dernier mot en matière de vertu environnementale : plus profondément, elle signale une autre vertu, l’acceptation de soi (self-acceptance), qui consiste à reconnaître sa place au sein du monde naturel, comme dépositaire de puissances et de pouvoirs irréductiblement humains, mais ayant aussi reçu en partage des limites qui sont celles des vivants en général. L’arrogance, dans les rapports à la nature, est l’indice d’une insatisfaction fondamentale devant la condition humaine et, probablement, d’un désir malsain de l’outrepasser. En somme, Thomas E. Hill Jr réinvente l’Ubris, la démesure des Grecs à laquelle s’oppose la tempérance. L’acceptation de soi est une sorte de vertu cardinale qui non seulement commande l’humilité environnementale, mais articule encore d’autres vertus telles que l’appréciation esthétique de la nature et la reconnaissance envers ses beautés. Cette reconnaissance est, à son tour, le prototype de la gratitude que nous pouvons éprouver envers les êtres humains.

Cette contribution a ouvert une véritable brèche, et frayé de nouvelles voies. Dans un article de 1993, Geoffrey B. Frasz s’est proposé de rectifier et de préciser les conclusions de Thomas E. Hill Jr[6]. Il gratifie son prédécesseur d’avoir dégagé une psychologie morale de la personne environnementalement vertueuse, mais il estime qu’il ne s’agit encore que des préliminaires. Selon lui, il faut déterminer les vices extrêmes entre lesquels se tient la vertu d’humilité. Reprenant cette question à nouveau frais, il estime que l’arrogance est un vice qui exprime une fermeture d’esprit face à ce que les êtres de nature sont en fait : elle consiste à se fermer, selon le cas, à leur valeur ou à leurs intérêts. Le vice symétrique est la fausse modestie consistant à rester aveugle à ce qui fait la spécificité humaine. La vertu cardinale en matière de rapports à l’environnement sera donc l’ouverture (openness).

En 1994, une note de Ron Erickson surenchérit[7]. Ce qui est reproché aux deux auteurs précédents, c’est d’avoir prôné des vertus trop passives, celles d’individus distanciés soucieux surtout de préserver leur propre intégrité. Ron Erickson s’inspire alors d’un modèle politique selon lequel les vertus publiques sont celles qui font « tenir ensemble »[8]. La vertu cardinale devient alors la solidarité planétaire.

Très différente est la contribution de Jennifer Welchman intitulée « The Virtue of Stewardship »[9]. En effet, s’y manifeste une posture anthropocentrée assez rare dans la littérature environnementale. Selon cette auteure, ce qui motive l’agent à agir moralement n’est pas la reconnaissance d’un principe justifié par une théorie morale, mais une disposition de son caractère, un désir antécédent d’agir dans le sens de ce qui est prescrit. Elle fait alors son deuil d’une approche théorique de la question : ce qui importe n’est pas tellement de construire une théorie générant des principes susceptibles de garantir normativement les lignes de conduite tendant à préserver la nature; il s’agit plutôt de déterminer « ce qui pourrait bien nous motiver à préserver la nature ». Les dispositions vertueuses qui intéressent Jennifer Welchman sont celles qui, « de façon typique, nous disposent à agir comme des intendants (stewards) du monde naturel dans une perspective qui est celle des intérêts à long terme de notre propre espèce lorsqu’il est question de préserver la beauté naturelle, la biodiversité, les ressources renouvelables et non renouvelables, et ainsi de suite ». Les deux principales vertus instrumentales dans cette entreprise sont la loyauté et la bienveillance.

Un article de Jason Kawall[10] prend, sur presque tous les points, le contre-pied de celui de Jennifer Welchman. Si cet auteur admet, comme elle, l’existence d’une pluralité de vertus, il défend une forme de biocentrisme individualiste[11] : ce qui revient à dire qu’il se désolidarise de la posture anti-théoricienne adoptée par Jennifer Welchman. Le critère de la correction morale s’énonce alors comme suit : « une action est moralement correcte (right) pour un agent dans une série de circonstances données si et seulement si un observateur vertueux, pleinement informé et aux facultés intactes, devrait estimer que cette action est moralement correcte ». Il s’agit d’une version de ce que l’on appelle la théorie de l’observateur impartial. Elle est ici adaptée à une théorie des vertus : Jason Kawall affirme expressément que la finalité de la vie morale est, pour l’agent, de devenir lui-même cet observateur impartial. L’agent moral observera donc, parmi la pluralité de vertus qui composent l’étoffe de la vie morale, celle qui consiste à respecter la vie et à la révérer.

Philip Cafaro, pour sa part, argumente de la sorte[12] : la littérature consacrée à l’éthique de l’environnement s’est focalisée sur les questions de valeur intrinsèque et de considérabilité morale du monde non-humain. Il est temps de ménager une place à l’éthique de la vertu, ne serait-ce que pour montrer qu’un environnementaliste n’est pas un ennemi de l’humanité, ni un rabat-joie. Il s’agit de montrer que les environnementalistes visent, comme tout un chacun, la vie bonne, l’épanouissement et, pour tout dire, une forme d’eudémonisme. À cet effet, sont mobilisés trois héros de la littérature environnementale : Henry David Thoreau, Aldo Leopold et Rachel Carson[13]. À chacun d’entre eux vont être associées un certain nombre de vertus morales ou intellectuelles et une vertu cardinale : pour Henry David Thoreau, il s’agit de la simplicité, entendue comme usage limité des ressources matérielles et comme concentration sur ce que l’on a à accomplir ; pour Aldo Leopold, il s’agit de la capacité à reconnaître l’excellence de la nature elle-même, reconnaissance qui nous motive à la préserver et à développer notre propre excellence ; pour Rachel Carson, il s’agit de l’humilité, affirmée face à la volonté arrogante de contrôler la nature. Outre ces vertus idiosyncrasiques, les trois personnages dont parle Philip Cafaro manifestent des vertus environnementales universelles comme la mise à sa juste place de l’activité économique et des valeurs productivistes, la reconnaissance de la valeur de ce qui est radicalement autre, et une affirmation inébranlable de la vie et de son caractère positif.

Peut-on être vertueux sans vertu environnementale ?

Toutes ces analyses montrent ce qu’une personne doit faire pour être environnementalement vertueuse ; mais elles n’établissent pas qu’une personne vertueuse manifestera nécessairement des vertus environnementales. En d’autres termes, le lien qu’elles établissent entre les vertus et les vertus environnementales reste contingent : il ne suffit pas de montrer qu’il existe des vertus faisant de leur possesseur quelqu’un de vertueux dans ses rapports à l’environnement. Il faut encore montrer qu’une personne simplement vertueuse manifeste nécessairement les vertus environnementales.

Dans un article de 2001, Louke van Wensveen va tenter d’établir un tel lien entre les deux[14]. Son argument est le suivant : qui cherche à développer (en lui) une vertu authentique (peu importe laquelle) développera du même coup une vertu environnementale, orientée vers le maintien de la viabilité de l’écosystème (qui est le sien). Louke van Wensveen incorpore le souci environnemental dans le souci éthique qui pousse les individus à développer des vertus. Qui veut la fin veut les moyens ; qui veut développer durablement en lui un trait de caractère authentiquement vertueux veut aussi que la « base matérielle » de ce développement existe durablement. Le lien entre les deux n’est donc plus contingent.

L’argument entraîne cependant des conséquences paradoxales. Par exemple, il suit de telles analyses qu’un soldat ne peut pas être authentiquement courageux sur le champ de bataille s’il ne se préoccupe pas non plus de la viabilité écosystémique de celui-ci. À première vue, il semble qu’il n’y ait aucun rapport ! Pourtant, il pourrait bien y avoir une part de vérité dans cette conclusion : ce que veut probablement dire Louke van Wensveen, c’est qu’un soldat ne peut pas être véritablement courageux sur un champ de bataille où le camp qui est le sien fait usage d’armes biologiques ou chimiques, ou encore de munitions perforantes à l’uranium appauvri. Le vrai courage comporte peut-être ici une dimension de doute à l’endroit de tels armements. Mais, chose plus ennuyeuse, il semble aussi qu’il soit impossible, sur la base des analyses de Louke van Wensveen, d’être authentiquement vertueux au sein d’un environnement qui n’est pas viable[15].

C’est pourquoi Ronald Sandler se propose d’assigner comme origine aux vertus environnementales, non leur rapports à des biens extérieurs, mais la constitution même du sujet moral : il qualifie cette approche de substantielle[16]. Les auteurs qui ont traité de l’éthique environnementale en termes de vertu ont négligé de proposer une définition précise de la vertu ou même de ce qu’est un trait de caractère vertueux : ils en ont simplement donné des exemples. Pour lui, un trait de caractère est « une disposition à accorder à certaines sortes de considérations une force normative ou motivationnelle en ce qui concerne les actions, les émotions et les désirs, certaines circonstances étant données »[17]. Ce qui fait qu’un trait de caractère peut-être tenu pour une vertu, c’est qu’une personne en a besoin pour s’épanouir.

Il soutient alors une conception pluraliste des vertus : certaines fins légitimes sont relatives à l’agent (or il existe une pluralité d’agents) ; d’autres fins légitimes sont indépendantes de l’agent (et il y a une pluralité de ces fins également). Il y a donc de multiples façons de viser ces fins et d’être vertueux. Le point important pour l’environnement, dans cette affaire, est la reconnaissance de valeurs non-eudémonistes : Ronald Sandler soutient l’idée selon laquelle les êtres qui ont un bien qui leur est propre ont du même coup une valeur inhérente. Les organismes vivants individuels et certains êtres collectifs composant l’environnement ont un bien qui leur est propre. Ayant un bien qui leur est propre, ils ont aussi une valeur inhérente : c’est là « ce qui fonde une des fins non-eudémonistes qu’une analyse pluraliste et téléologique de ce qui fait d’un trait de caractère une vertu doit prendre en compte »[18]. Ronald Sandler nous dit, en fait, que la disposition à reconnaître la valeur inhérente de certains êtres naturels a une force normative ou motivationnelle allant dans le sens du respect, de la sollicitude, de la compassion et de la justice, et que c’est un trait essentiel dans le portrait de l’individu vertueux.

De l’importance des vertus comme formes de vie

Au terme de ce parcours, je voudrais souligner l’importance de ces analyses : elles ne sont pas, comme on aurait tendance à le penser en entendant le mot « vertu », une régression par rapport à l’universalisme des théories déontologiques ou conséquentialistes. Elles mobilisent des ressources théoriques et conceptuelles qui n’ont rien à envier aux théories dominantes. Elles ne représentent pas non plus un supplément d’âme ou une sentimentalité à quatre sous, résiduelles dans un monde submergés sous les eaux glacées du calcul égoïste. Il est devenu banal de dire que les éthiques de la vertu s’intéressent moins à la question « Que dois-je faire ? » qu’à la question « Quel genre de personne dois-je être pour vivre bien ou, au moins, décemment ? ». Banalité, sans doute. Mais par là, elles renvoient l’agent à lui-même et à la façon dont il va organiser sa vie. C’est rompre avec les habituels discours sur l’individu responsable pour les autres, dont l’origine théologique est patente, même si elle est étrangement peu soulignée.

Les éthiques de la vertu nous rappellent qu’en matière d’environnement, les membres des sociétés d’abondance ne vivent pas bien, et ne vivent même pas décemment : à ce titre, leur dimension critique est indéniable.

Notes

[1] Dans l’ordre de parution : Louke van Wensween, Dirty Virtues. The Emergence of Ecological Virtue Ethics, New York, Humanity Books, 1999 ; Ronald Sandler et Philip Cafaro (eds), Environmental Virtue Ethics, Lanham, Rowman & Littlefield, 2005 ; Ronald Sandler, Character and Environment. A Virtue-oriented Approach to Environmental Ethics, New York, Columbia University Press, 2007. Retour

[2] Marcia W. Baron, Philip Pettit et Michael Slote, Three Methods of Ethics : a Debate, Londres, Blackwell, 1997, p.175. Il s’agit d’un recueil d’essais rédigés par trois représentants majeurs du déontologisme (Marcia W. Baron), du conséquentialisme (Philip Pettit) et de l’éthique des vertus (Michael Slote). L’essai de Michael Slote s’intitule : « Virtue Ethics ». Retour

[3] Ronald Sandler, « The External Goods Approach to Environmental Ethics », Environmental Ethics, 25 (3), 2003, p. 279-293. Retour

[4] On reviendra sur le sens de cette distinction. Retour

[5] Thomas E. Hill Jr., « Ideals of Human Excellence and Preserving Natural Environments », Environmental Ethics 5 (3) 1983, p. 211-224. Je le citerai d’après le recueil, Environmental Virtue Ethics dirigé par Ronald Sandler et Philip Cafaro. Voir notamment p. 47, 50 et 53. Retour

[6] Geoffrey B. Frasz « Environmental Virtue Etics : A New Direction for Environmental Ethics », Environmental Ethics, 15 (3), 1993, p. 259-274. Voir notamment p. 264. Retour

[7] Ron Erickson, « On Environmental Virtue Ethics », Environmental Ethics, 16 (3), 1994, p. 334-336. Retour

[8] Il s’agit, évidemment, d’une forme de républicanisme. Retour

[9] Jennifer Welchman, « The Virtue of Stewardship », Environmental Ethics, 21 (4), 1999, p. 411-423. Voir notamment p. 412 et 414. Retour

[10] Jason Kawall, «Reverence for Life as a Viable Environmental Virtue », Environmental Ethics, 25 (4), 2003, p. 339-358. Voir notamment p.356. Retour

[11] C’est-à-dire qu’il étend les frontières de la communauté morale de telle façon qu’elles englobent tous les organismes individuels vivants qui deviennent ainsi des objets légitimes de la prise en considération morale. Retour

[12] Par exemple : « Thoreau, Leopold and Carson: Toward an Environmental Virtue Ethics », Environmental Ethics, 23 (1), 2001, p. 3-17. Retour

[13] Henry David Thoreau (1817-1862) est notamment l’auteur de Walden ou la vie dans les bois (1854), récit d’une expérience de retrait de la vie active et de « retour » à la nature ; Aldo Leopold (1887-1949) est un forestier et environnementaliste, auteur de l’Almanach d’un Comté de Sable (1949) considéré comme la matrice théorique de la pensée préservationniste ; Rachel Carson (1907-1964) est une biologiste, auteur de Printemps Silencieux (1962) qui a suscité dans le grand public une prise de conscience des dommages causés par les pesticides. Elle a aussi écrit des livres à succès sur la vie dans les océans. Retour

[14] « Ecosystem Sustainability as a Criterion for Genuine Virtue », Environmental Ethics, 23 (3), 2001, pp. 227-241. Retour

[15] Cette critique est développée par Ronald Sandler, « The External Goods Approach to Environemental Ethics », en particulier aux p. 287 et 289. Retour

[16] Elle est exposée dans Character and Environment. A Virtue-oriented Approach to Environmental Ethics, New York, Columbia University Press, 2007. Retour

[17] Character and Environment. A Virtue-oriented Approach to Environmental Ethics, op. cit. p. 13. Retour

[18] Character and Environment. A Virtue-oriented Approach to Environmental Ethics, op. cit. p. 83.Retour

Goffi Jean-Yves

Professeur de philosophie générale et de bioéthique au Département de Philosophie de l’UFR Sciences Humaines de l’Université Pierre Mendès France-Grenoble 2. Il est l’auteur notamment de La philosophie de la technique, Paris, PUF, 1988, Le philosophe et ses animaux. Du statut éthique de l’animal, Grenoble, J. Chambon, 1994, Qu’est-ce que l’animalité ?, Paris, Vrin, 2004, Penser l’euthanasie, Paris, PUF, 2004, et a été président de la « Société pour la Philosophie de la technique » de 1999 à 2004.