Kongo Astronauts
De ce python, on ne voit que les traces, 2018, photographie noir & blanc, courtesy Axis Gallery, NY
Kongo Astronaut(s) pose doucement sa main sur la figure érodée du fils du Saint-Esprit, symbole d’espoir, mais surtout d’un syncrétisme imposé par la mission chrétienne coloniale. À ses côtés, un ancien champion de catch de la grande forêt Équatoriale de la RDC, célèbre pour ses combats avec des pythons, et un féticheur de la même région. Un python ondule sur leurs épaules. Le féticheur serre le crâne reptilien, posé sur le casque de l’astronaute, réactivation d’une survivance rituelle. Bien que le serpent soit visible, le titre affirme qu’on n’en voit que les traces. Cette tension entre présence physique et invisibilité symbolique interroge la résistance d’une mémoire ancestrale occultée par les strates (post)-coloniales. Ces apparitions performent une fiction bricolée dans les ruines de l’extractivisme technocratique et nous révèlent la persistance d’un autre type de connectivité.
Icônes no 77, hiver 2019

