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104. Multitudes 104. Automne 2026

Hors-Champ 104

De la décolonisation des savoirs
Un impossible impératif ?, par

De la décolonisation des savoirs
Un impossible impératif ?
Cet article examine la décolonisation des savoirs sous un angle politique plutôt qu’épistémologique. L’auteur argumente que la colonialité du savoir ne résulte pas d’un manque de savoirs alternatifs, mais d’une infrastructure académique répressive qui maintient l’hégémonie occidentale. L’université mondiale fonctionne comme « conciergerie » de la colonialité à travers des mécanismes institutionnels (rankings, revues scientifiques, systèmes d’équivalence) qui imposent les épistémologies du Nord global tout en marginalisant les savoirs des Suds. L’article rappelle que des savoirs alternatifs ont toujours existé dans les Suds, mais que leur circulation est entravée par « l’impérialité du savoir », une force qui impose contenus, méthodes, langues et ethos du chercheur occidentalo-centré. L’auteur propose de concevoir la décolonisation moins comme déconstruction intellectuelle que comme projet politique visant à démanteler cette infrastructure oppressive, et esquisse la notion de « marronnage épistémique » comme voie vers une régénérescence de pensées post-impériales.

Decolonizing Knowledge
An Impossible Injunction?
This article examines the decolonization of knowledge from a political rather than an epistemological perspective. It argues that the coloniality of knowledge stems not from a lack of alternative knowledges, but from a repressive academic infrastructure that sustains Western hegemony. The global university functions as a “concierge” of coloniality through institutional mechanisms (rankings, scientific journals, equivalence systems) that impose the epistemologies of the Global North while marginalizing those of the Global South. The article emphasizes that alternative knowledges have always existed in the South, but that their circulation has been systematically obstructed by the “imperiality of knowledge.” It proposes understanding decolonization as a political project aimed at dismantling this infrastructure and fostering a form of “epistemic marronage” enabling the regeneration of post-imperial thought.

Lecture cinéthique ou « comforting gaze » ?
Une défense du cinéma et des séries de fiction, par

Lecture cinéthique ou « comforting gaze » ?
Une défense du cinéma et des séries de fiction
Ce texte critique l’article de Nathan Martin Escamilla intitulé « Le comforting gaze », où trois films populaires récents (Anora, Bird et Emilia Pérez) sont conçus comme relevant d’un même dispositif de réconfort idéologique bourgeois. Le texte conteste d’abord le déterminisme social de l’habitus et le purisme générique qui caractérisent la position de l’auteur ; il met ainsi en évidence sa proximité avec la théorie de l’art d’évasion bourgeois chère au réalisme socialiste soviétique. Après avoir réfuté les travers d’une telle lecture symptomatique essentialiste et son biais auteuriste, l’étude propose une réévaluation de ces œuvres. Elle montre de quelle manière l’art sériel et le divertissement populaire, loin d’anesthésier le public, fonctionnent comme des instruments de clarification morale pour lutter contre l’injustice herméneutique et nourrir la conversation démocratique.

Cinethic Reading or Comforting Gaze?
A Defense of Fictional Cinema and Series
This text critiques Nathan Martin Escamilla’s article entitled “Le comforting gaze,” in which three recent popular films (Anora, Bird, and Emilia Pérez) are framed as part of a single bourgeois apparatus of ideological comfort. The article first challenges the social determinism of the habitus and the generic purism characteristic of the author’s stance, highlighting its proximity to the Soviet socialist realist theory of bourgeois escapist art. Having refuted the flaws of such an essentialist symptomatic reading and its auteurist bias, the study proposes a reassessment of these works. It demonstrates how serial art and popular entertainment, far from anesthetizing the audience, function as instruments of moral clarification to combat hermeneutic injustice and nurture democratic conversation.

Icônes 104. Alisa Yoffe

Majeure 104. Toni Negri, néanmoins

Un quart de siècle après la publication d’Empire, que nous disent de notre temps la pensée, les analyses, les prises de position, l’énergie, la joie et l’intelligence de Toni Negri (1933‑2023) ? Ce dossier, publié dans une revue qu’il a contribué à fonder, rassemble des témoignages, des réflexions, des regards et des critiques qui tentent de rendre justice à ce penseur aux visions politiques marquantes. Sa présence persistante parmi nous se mesure à la force des questions que ses actes et ses écrits continuent à nous poser.

Réinventer la démocratie dans la crise de l’Empire, par

Réinventer la démocratie dans la crise de l’Empire
Cet article propose une relecture critique de l’héritage d’Antonio Negri à partir de la crise contemporaine de l’Empire. Il soutient que la tension classique entre l’intérieur et l’extérieur de l’Empire renvoie à une ambivalence plus profonde, liée au rapport entre démocratie, commun et communisme. Alors que la découverte du commun ouvre chez Negri une perspective radicalement immanente, fondée sur la coopération des singularités et la puissance constituante des luttes, le recours récurrent au communisme tend à réintroduire une forme de transcendance, de téléologie et d’attente messianique. La crise actuelle de l’Empire n’annonce pas son dépassement émancipateur, mais la montée de dynamiques autoritaires cherchant à rétablir des formes de souveraineté, de hiérarchie et de fermeture.

Re-inventing Democracy in the Crisis of Empire
This article proposes a critical rereading of Antonio Negri’s legacy in light of the contemporary crisis of Empire. It argues that the classical tension between the interior and exterior of Empire points to a deeper ambivalence regarding the relationship between democracy, the common, and communism. While the discovery of the common opens in Negri a radically immanent perspective—grounded in the cooperation of singularities and the constituent power of struggles—the recurrent appeal to communism tends to reintroduce a form of transcendence, teleology, and messianic expectation. The current crisis of Empire does not herald an emancipatory overcoming, but rather the rise of authoritarian dynamics seeking to restore forms of sovereignty, hierarchy, and closure.

Multitude en temps d’inquiétudes, par

Multitude en temps d’inquiétudes
Dans son livre Les Anges de l’histoire. Images des Temps inquiets, George Didi-Huberman reprend une « image de pensée » (l’Angelus Novus de Paul Klee) dont Walter Benjamin s’est inspiré pour la thèse IX de son écrit Sur le concept d’histoire (1940). Dans le contexte inquiétant de résurgences de vieux impérialismes et d’émergence de nouveaux, est-il possible d’apercevoir de nouveaux anges de l’histoire ? Negri et Didi-Huberman ont dialogué à propos des soulèvements à partir de l’exposition organisée autour de ce concept. Il s’agit dans cet article d’une mise en dialogue imaginaire et imagée autour des anges et de la multitude, de la critique de l’eschatologie et du messianisme, ainsi que des crises de l’écologie entre révolution et transition.

Multitude in Disquieting Times
In his book The Angels of History: Images of Troubled Times, George Didi-Huberman revisits a “thought-image” (Paul Klee’s Angelus Novus) which inspired Walter Benjamin for Thesis IX of his text On the Concept of History (1940). In the troubling context of the resurgence of old imperialisms and the emergence of new ones, is it possible to get a glimpse of new angels of history? Negri and Didi-Huberman engaged in a dialogue on the notion of uprisings, based on an exhibition organized around this concept. This article engages in an imaginary and visual dialogue centered on angels and the multitude, on the critique of eschatology and messianism, as well as on ecological crises caught between revolution and transition.

Toni, mon copain, par

Toni, mon copain
Cet article propose un bilan personnel et théorique de l’héritage d’Antonio Negri, à partir d’une trajectoire partagée depuis 1970. Après avoir reconstruit les principales critiques adressées à Negri, entre accusations d’objectivisme et de subjectivisme, il revient sur la rupture entre les deux penseurs, pour montrer que l’insistance de Negri à maintenir ses analyses dans un horizon « communiste » a fragilisé ses catégories les plus fécondes. L’article soutient que la notion de commun reste opératoire à condition d’être découplée de toute téléologie et réarticlée à une politique des droits adaptée au capitalisme post-fordiste. Enfin, il examine les transformations du General Intellect à l’ère de l’accélération algorithmique. L’actualité de Negri réside moins dans le nom du communisme que dans son invitation à penser les luttes à partir de l’immanence du commun et de la réinvention permanente de la démocratie.

Toni, my Buddy
This article offers a personal and theoretical assessment of Antonio Negri’s legacy, drawing on a shared intellectual trajectory spanning more than five decades. After reviewing the main critiques directed at Negri (oscillating between charges of objectivism and subjectivism), it revisits the break between the two thinkers, arguing that Negri’s insistence on anchoring his analyses within a “communist” horizon ultimately undermined his most productive categories. The article contends that the notion of the common remains operative, provided it is decoupled from all teleology and rearticulated to a politics of rights suited to post-Fordist capitalism. Finally, it examines the transformations of the General Intellect in the age of algorithmic acceleration. Negri’s contemporary relevance lies less in fidelity to the name of communism than in his invitation to think struggles from the immanence of the common and the permanent reinvention of democracy.

Capitalisme cognitif ou capitalisme algorithmique ?, par

Capitalisme cognitif ou capitalisme algorithmique ?
Le travail théorique et politique d’Antonio Negri est animé par un désir révolutionnaire, qu’il a partagé avec Michael Hardt et bien d’autres amis. Mais l’hypothèse selon laquelle le « capitalisme cognitif » poserait les bases d’un nouveau communisme du fait de l’autonomisation du travail cognitif à l’égard du contrôle que le capital peut exercer sur lui a sous-estimé les capacités du capital à structurer les rapports sociaux selon ses impératifs d’accumulation. Non seulement la production matérielle s’est développée à l’échelle de la planète, mettant ainsi de plus en plus en danger la vie sur terre. Mais l’autonomie des travailleurs cognitifs a été radicalement mise en question par les instruments algorithmiques et l’intelligence artificielle. Le capitalisme cognitif, s’il a jamais existé, est désormais supplanté par un capitalisme algorithmique, qui étend le contrôle sur les travailleurs, les consommateurs et les citoyens. Les conditions et les stratégies de la lutte des classes en sont radicalement changées.

Cognitive Capitalism or Algorithmic Capitalism
The theoretical and political work of Antonio Negri is driven by a revolutionary desire, shared with Michael Hardt and many others. However, the hypothesis that “cognitive capitalism” would lay the groundwork for a new communism—by virtue of cognitive labor’s autonomy from capital’s control—underestimated capital’s capacity to structure social relations according to its imperatives of accumulation. Not only has material production expanded on a planetary scale, increasingly endangering life on earth. The autonomy of cognitive workers has also been radically called into question by algorithmic instruments and artificial intelligence. Cognitive capitalism, if it ever existed, has now been superseded by an algorithmic capitalism that extends control over workers, consumers, and citizens alike. The conditions and strategies of class struggle are thereby radically transformed.

Après Antonio Negri, par et

Après Antonio Negri
Cet article interroge la fidélité d’Antonio Negri au concept de révolution, hérité du XIXe siècle, et la distingue de celui de révolte (événement irréductible, sans modèle ni continuité). À travers une relecture de La constitution du temps et de Kaïros, Alma Venus, Multitudo, les auteurs identifient une forme d’historicisme structurant la pensée négrienne, où la composition de classe (ouvrier masse, ouvrier social, multitude) progresse selon une logique dialectique vers un aboutissement politique nécessaire. Un parallèle avec Gianni Vattimo permet d’éclairer cette tension entre dialectique du Sujet et ontologie du déclin. L’article conclut en questionnant la capacité de l’appareil conceptuel négrien (révolution, pouvoir constituant) à rendre compte des révoltes contemporaines, qui débordent les séquences historiques du XXe siècle.

After Antonio Negri
This article examines Antonio Negri’s enduring commitment to the concept of revolution, inherited from the nineteenth century, and contrasts it with that of revolt (an irreducible event without model or continuity). Through a rereading of La constitution du temps and Kaïros, Alma Venus, Multitudo, the authors trace a structural historicism in Negri’s thought, whereby the composition of the working class (mass worker, social worker, multitude) advances dialectically toward a necessary political outcome. A parallel with Gianni Vattimo illuminates the tension between a dialectics of the Subject and an ontology of decline. The article closes by questioning whether Negri’s conceptual apparatus (revolution, constituent power) can account for contemporary revolts, which exceed the historical sequences of the twentieth century.

Trajectoires théoriques à travers et au-delà de l’operaismo négrien, par , , et

Trajectoires théoriques à travers et au-delà de l’operaismo négrien
Cet entretien avec Dario Gentili, mené par Raphael Guazzelli, Matteo Allegrezza & Ni Yamauchi, propose une relecture critique de l’héritage théorique et politique d’Antonio Negri. Gentili examine la continuité entre opéraïsme et post-opéraïsme, la transformation du lieu du conflit (de l’usine à la métropole, puis aux territoires et aux corps), et les limites actuelles de la catégorie d’exode face à la colonisation numérique du plan d’immanence. L’entretien interroge la pertinence actuelle du General Intellect, le burn-out comme symptôme d’un épuisement généralisé des ressources humaines et territoriales, avant d’affronter le problème de l’instituant : comment articuler puissance constituante et durée institutionnelle sans retomber ni dans la transcendance du politique ni dans une horizontalité impuissante ? La notion gramscienne d’hégémonie permet à Gentili de penser la construction d’institutions du commun dans une perspective stratégique de long terme.

Theoretical Trajectories across and beyond Italian Operaismo
This interview with Dario Gentili, led by Raphael Guazzelli, Matteo Allegrezza & Ni Yamauchi, offers a critical rereading of Antonio Negri’s theoretical and political legacy. Gentili examines the continuity between operaismo and post-operaismo, the transformation of the site of conflict (from the factory to the metropolis, and then to territories and bodies), and the current limits of the category of exodus in the face of the digital colonization of the plane of immanence. The interview then interrogates the current relevance of the General Intellect, burnout as a symptom of the generalized exhaustion of human and territorial resources, before asking how to articulate constituent power with institutional duration without falling back either into the transcendence of the political or into an impotent horizontality? The Gramscian notion of hegemony allows Gentili to think the construction of institutions of the common within a long-term strategic perspective.

La différence révolutionnaire
Le travail affectif chez Toni Negri, par

La différence révolutionnaire
Le travail affectif chez Toni Negri
Le concept de travail affectif, tel qu’élaboré par Antonio Negri et Michael Hardt, marque une inflexion majeure dans la théorie critique contemporaine. Il s’agit d’un déplacement de la centralité de la production matérielle vers des formes immatérielles, relationnelles, affectives. Ce travail, qui mobilise les émotions, les soins, l’attention à autrui, est devenu une pièce maîtresse du capitalisme post-industriel. À travers cette transformation, c’est non seulement l’économie qui est repensée, mais aussi la politique, la subjectivité et les conditions de l’émancipation. Cet article articule les apports de Negri avec les critiques féministes et les défis posés par l’économie contemporaine des affects.

The Revolutionary Difference
Affective Labor in Toni Negri
The concept of affective labor, as developed by Antonio Negri and Michael Hardt, marks a major shift in contemporary critical theory. It represents a shift in focus from material production toward immaterial, relational, and affective forms. This form of labor—which draws on emotions, care, and attention to others—has become a cornerstone of post-industrial capitalism. Through this transformation, it is not only the economy that is being rethought, but also politics, subjectivity, and the conditions of emancipation. This article links Negri’s contributions with feminist critiques and the challenges posed by the contemporary economy of affects.

Mineure 104. Techno-sommeils

Soleils tordus
Cartographies d’une cosmopolitique crip, par
et

Soleils tordus
Cartographies d’une cosmopolitique crip
Le soleil ne se lève pas pour tout le monde en même temps. C’est le point de départ d’une cosmopolitique crip qui cartographie les temporalités multiples et divergentes que le capitalisme extractiviste efface sous le mythe d’un rythme naturel universel. Le validisme n’est pas séparable de cette naturalisation : en fabriquant la norme d’un corps productif calé sur le soleil social, il pathologise les existences qui en dévient – malades, handicapé·es, épuisé·es, insomniaques. Contre cette chrononormativité, le crip time ne désigne pas seulement un écart subi, mais une ère civilisationnelle émergente : celle où des collectifs d’artistes, de chercheur·euses et d’activistes handis reconfigurent les rythmes du travail, du soin et du repos. Des Nap Ministries aux Temporary Landing Zones, ces pratiques esquissent une cosmologie concurrente – lente, collective, réparatrice – qui ne passe ni par l’extraction ni par l’exploitation des corps.

Cripping the Sun
Mapping Disabled Cosmopolitics
The sun does not rise for everyone at the same time. This is the starting point of a crip cosmopolitics that maps the multiple, divergent temporalities erased by extractive capitalism under the myth of a universal natural rhythm. Ableism is inseparable from this naturalization: by producing the norm of a productive body synchronized with the social sun, it pathologizes the lives that deviate from it—sick, disabled, exhausted, sleepless. Against this chrononormativity, crip time names not merely an imposed gap, but an emerging civilizational era—one in which collectives of disabled artists, researchers, and activists are reconfiguring the rhythms of work, care, and rest. From Nap Ministries to Temporary Landing Zones, these practices sketch a competing cosmology—slow, collective, reparative—built neither on the extraction nor the exploitation of bodies.

Techniques de sommeils sonores
Écouter du bruit sous capitalisme 24/7, par

Technique d’un sommeil sonore
Écouter du bruit sous capitalisme 24/7
Cet article explore les techniques sonores favorisant le sommeil dans le contexte d’un capitalisme fonctionnant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. S’appuyant sur une étude netnographique, le texte examine comment les individus interagissent avec le bruit blanc pour favoriser une bonne nuit de sommeil. L’écoute du bruit est conceptualisée comme une « technique auditive » intégrée aux infrastructures numériques, aux marchés et aux réseaux sociaux, où les utilisateur·ices développent un attachement profond à des sons et des appareils spécifiques. L’étude met en évidence le développement de « compétences sonores » chez les auditeur·ices. Située entre l’éveil et le sommeil, l’écoute du bruit contribue à façonner des environnements propices au sommeil. En masquant les sons perturbateurs et en créant des « cocons sonores » immersifs, les utilisateur·ices régulent à la fois leur environnement et leurs états corporels.

Sonic Sleep Techniques
Listening to Noise in the Era of 24/7 Capitalism
This article explores sound techniques that promote sleep in the context of a 24/7 capitalist economy. Drawing on a netnographic study, the text examines how individuals interact with white noise to promote a good night’s sleep. Listening to noise is conceptualized as an “auditory technique” integrated into digital infrastructures, markets, and social networks, where users develop a deep attachment to specific sounds and devices. The study highlights the development of “sound skills” among listeners. Situated between wakefulness and sleep, listening to white noise helps shape environments conducive to sleep. By masking disruptive sounds and creating immersive “sound cocoons,” users regulate both their environment and their bodily states.

La Grande Vacance, par et

Multitudes en images

Florence LazarPierre Vanni. BitcoinNaldinho Lourenço, Occupation de la RocinhaEntretien avec Simon BoudvinTroubler le regard
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