Hors-Champ 103

L’Ubuntu algorithmique
Vers une politique des communs numériques, par

L’Ubuntu algorithmique
Vers une politique
des communs numériques
Cet article introduit le concept d’« Ubuntu algorithmique » comme alternative épistémique et politique aux modèles centralisés d’IA et aux plateformes extractives. En s’inspirant des valeurs relationnelles qui animent de nombreuses sociétés africaines, il perçoit dans l’intelligence artificielle bien plus qu’une technologie : un véritable espace de solidarité, une ressource numérique à construire et à partager ensemble. Si l’on observe ce qui émerge en Afrique de l’Ouest ou de l’Est, une tendance se fait jour. On voit des communautés se rassembler pour coder de manière collaborative, utiliser la blockchain à l’échelle d’un village, ou développer des réseaux neuronaux décentralisés. Ces pratiques sont en train de redessiner, concrètement, ce que pourrait être une gouvernance des algorithmes. Derrière ces innovations, il y a une ambition qui est, au fond, profondément politique. Il s’agit de sortir d’un modèle souvent basé sur l’accumulation des données et la surveillance pour lui préférer un système qui mise sur la réciprocité, une transparence collective et une souveraineté partagée.

Algorithmic Ubuntu
Towards a Policy on Digital Commons
This article introduces the concept of “algorithmic Ubuntu” as an epistemological and political alternative to centralized AI models and extractive platforms. Drawing inspiration from the relational values that underpin many African societies, it sees artificial intelligence as much more than a technology: a genuine space for solidarity, a digital resource to be built and shared together. If we look at what is emerging in West or East Africa, a trend is becoming apparent. We see communities coming together to code collaboratively, use blockchain at village level, or develop decentralized neural networks. These practices are, in concrete terms, redefining what algorithmic governance might look like. Behind these innovations lies an ambition that is deeply political. It is about moving away from a model often based on data accumulation and surveillance, in favour of a system that relies on reciprocity, collective transparency and shared sovereignty.

A lire exclusivement en ligne
L’identité doit fonctionner seulement comme point de départ pour une coalition qui repense et transforme l’identité, par
, et

L’identité doit fonctionner seulement comme point de départ pour une coalition qui repense et transforme l’identité
Dans cet entretien, Judith Butler raconte la diabolisation du mot « genre » et des mouvements sociaux catégorisés comme tels. Elle constate la peur, mais aussi la rage, la haine des opposants de droite qui considèrent le genre comme une menace sociale, religieuse, familiale. Ces réactions sont confortées par la montée des passions fascistes, autoritaires, masculinistes. Elle en appelle à une large coalition pour contrer cette idéologie anti-genre, dont les formes ne doivent pas être définies à priori, même si les féministes dans les régimes illibéraux et dictatoriaux ont ouvert la voie. Mais attention à ce que ces coalitions ne tombent pas dans le piège identitaire qui opère des segmentations entre catégories, les femmes, les migrants, les musulmans, les gens de couleur, les queer, les trans, les féministes, etc… L’identité ne peut être envisagée que comme point de départ à la constitution de coalitions inclusives. Il s’agit de proposer un imaginaire puissant capable d’émouvoir et de convaincre pour construire des coalitions concrètes, des alliances transnationales multilingues.

Identity Must Serve Merely as a Starting Point for a Coalition that Rethinks and Transforms Identity
In this interview, Judith Butler discusses the demonisation of the word “gender” and of social movements categorised as such. She observes the fear, but also the rage and hatred of right-wing opponents of gender who view it as a threat to society, religion and the family. These reactions are fuelled by the rise of fascist, authoritarian and masculinist sentiments. She calls for a broad coalition to counter this anti-gender ideology, the forms of which must not be defined a priori, even though feminists in illiberal and dictatorial regimes have paved the way. But care must be taken to ensure that these coalitions do not fall into the identity trap that creates divisions between categories—women, migrants, Muslims, people of colour, queer people, trans people, feminists, and so on. Identity can only be viewed as a starting point for building inclusive coalitions. The aim is to propose a powerful vision capable of inspiring and persuading, in order to build concrete coalitions and multilingual transnational alliances.

Multitudes en images

Pour l’exposition « Travessias »Ruti SelaPrice Seth. OK, just send me the billLudovic Chemarin©Projet collectif - Cartografia InsurgenteGerd Arntz, graphiste, 1900-1988Partitions <br>« Impressions… d’être »Entretien avec Gaëtane Lamarche-VadelIcônes 54Troubler le regard
multitudes