Restitutions de basse intensité

Restitutions de basse intensité
Le rapport Sarr-Savoy sur la restitution du patrimoine africain a provoqué controverses et crispations. Quels peuvent être les critères de restitution des objets ? Les modes d’acquisition, les usages dans le contexte culturel d’origine, les modalités de retour en Afrique ? Il s’agit ici de faire un pas de côté par rapport au débat sur le devenir des musées détenteurs de collections coloniales, particulièrement euro centré. La restitution n’est pas seulement le déplacement physique d’un artefact d’un musée à un autre, elle est un geste symbolique. Ainsi, dans les angles morts de la restitution formelle, cette Mineure recherche des formes alternatives de restitution de basse intensité, à partir desquels pourrait s’ouvrir de nouveaux horizons d’appropriation.

Low-intensity restitutions
The Sarr-Savoy report on the restitution of African heritage has caused controversy and tension. What can be the criteria for the restitution of objects? Modes of acquisition, uses in the original cultural context, modalities of return to Africa? The aim is here to take a step aside from the debate on the future of museums holding colonial collections, particularly Euro-centred. Restitution is not just the physical movement of an artefact from one museum to another, it is a symbolic gesture. Thus, in the blind spots of formal restitution, this Mineure seeks alternative forms of low-intensity restitution, from which new horizons of appropriation could open up.

Frédéric Brun

Inspecteur général honoraire du ministère de l’agriculture, il est président de l’association AlterNatives. Il est membre fondateur de la revue Écologie et Politique et membre du comité de rédaction de Multitudes. Il est actif dans l’économie sociale et solidaire où il a fondé et préside plusieurs structures de formation et d’intervention dans le sanitaire et le social.

Emmanuelle Cadet

Après une formation d’histoire de l’art et un parcours en conservation-restauration d’œuvres d’art, puis de gestionnaire de projets culturels, elle développe et dirige l’association Alter Natives, créée en 2010, qui interroge et expérimente des usages sociaux des héritages culturels. Elle y coordonne le programme Zone de Contact/Objets d’ailleurs depuis sa création.

Bernard Müller

Anthropologue et dramaturge, il est spécialiste de l’histoire culturelle de l’Afrique de l’ouest (Nigeria, Bénin, Togo, Ghana). Il s’intéresse plus particulièrement aux processus de mise en scène, qu’il s’agisse de dispositifs scéniques (théâtre, rituels, performance, etc.), de scénographies muséales ou de toute situation qui relève explicitement d’une forme de « spectacle » en tant que dispositif de recherche. Il anime un groupe de recherche par la performance réunissant à la fois des chercheurs et des artistes (CURIO). Il dirige, depuis 2003, avec Thierry Bonnot, le séminaire “Mise en scène et en récit” à l’EHESS, où il est membre de l’IRIS. Il est l’auteur de La tradition mise en jeu, une anthropologie du théâtre yoruba (Éditions Aux lieux d’être, 2006) et a dirigé collectivement l’ouvrage Le terrain comme mise en scène (Presses universitaires de Lyon, 2017).