Archives par mot-clé : queer

Est-il trop tard pour l’effondrement ?, par , et

Est-il trop tard
pour l’effondrement ?
Cette introduction invite à décadrer et à recadrer la thématique de l’effondrement, popularisée et médiatisée par la théorie dite « collapsologie », vers le plan des acteurs, des terrains, des temporalités, et des régimes d’énonciation. Nous appelons à documenter empiriquement ce que fait l’effondrement, et ce qu’en font celles et ceux à qui cette idée « fait » quelque chose. En effet, l’effondrisme pose la question des façons de se positionner non pas uniquement par rapport à une théorie, mais également par rapport à des expériences individuelles et collectives. Le dossier vise à comprendre comment la réception de la « collapsologie » donne lieu à des jeux complexes entre désemparement et capacités d’agir. L’atterrissage sur un sol anthropocénique de plus en plus critique mérite une décisive discussion collective. L’hypothèse de cette majeure est que les expériences effondristes ont une valeur d’expérimentation à cet égard, notamment en créant un zone discursive et praxique où des cultures et des expériences politiques différentes sont amenées à se rencontrer et à collaborer.

Is it too late for collapse?
This introduction invites the reader to displace and reframe the theme of collapse—which currently receives heavy media coverage—towards a sociological approach to the actors, the places, the temporalities and the regimes of discourse. We claim the need empirically to document what collapse does to people, what people do with it, once they are touched by this idea. Collapsology calls for people to position themselves not only in relation to a theory but, more importantly, in relation to individual and collective experiences. This issue attempts to understand how the reception of collapsology provides a location for complex interplays of disarray and empowerment. Landing on an and ever more critical Anthropocenic ground deserves collective discussion. This issue promotes the hypothesis that collapsological experiences provide occasions for experimentations, by creating discursive and practical zones where different political cultures and practices can meet and collaborate.

Sous les pavés, le sillage, par

Humanités numériques. Une médiapolitique des savoirs encore à inventer, par

Humanités numériques
Une médiapolitique des savoirs encore à inventer

Cet article essaie de distinguer trois strates au sein de ce qu’il est convenu d’appeler « humanités numériques » (hum num) ou « humanités digitales ». Les hum num 1.0 font le travail concret de numérisation, balisage, reformatage, design d’interfaces en reprenant le plus souvent des corpus déjà identifiés et circonscrits. Les hum num 2.0 tirent de ce travail de numérisation l’opportunité de constituer de nouveaux corpus et d’expérimenter de nouvelles procédures et de nouvelles formes de collaboration, qui débordent et érodent les frontières entre les disciplines, comme entre l’université et ses dehors. Les hum num 3.0 essaient de comprendre comment les pratiques et savoirs constitués depuis des siècles autour des humanités peuvent nous aider à comprendre et à nous repérer dans les façons dont le numérique informe de plus en plus profondément nos modes de subjectivation.

Digital Humanities
Three Strata of a Mediapolitical Approach

This article attempts to articulate a mediapolitical approach of Digital Humanities (DH), based on three different (but complementary) layers. DH1 digitalizes pre-defined corpuses inherited from the traditional disciplines. DH2 takes advantage of the digitalization to generate new corpuses, new forms of analysis and of collaborations which erode the borders between pre-existing disciplines, as well as between academia and the outside world. DH3 mobilizes the Humanities to better understand and reappropriate the computational subjectivations induced by the digital media.

Contre-fictions de soi : résister à la modélisation et à la modulation de la vie psychique, par

TumulTueuses, furieuses, tordues, trans, teuff féministes aujourd’hui Entretiens, par

Non-mixité, créativité sémantique, déstabilisation du sexisme ordinaire par l’humour et l’auto-dérision, action publique médiatique… certaines pratiques évoquées dans cet entretien semblent s’inscrire dans la droite ligne de la gerbe déposée à la femme du soldat inconnu en 1970. Mais l’accent porté en 2010 sur l’articulation entre féminisme, anti-racisme, anti-capitalisme, homo, trans’ et puto phobies renvoie à des problématiques actuelles qui articulent queer, anar, punk ou post-co dans des coalitions politiques qui s’assument en rupture avec « le féminisme de l’égalité ». Les enjeux du ou plutôt des féminismes aujourd’hui se nouent, se clivent ou se déplacent autour de deux questions brûlantes : leS sexualitéS et la place des femmes voilées dans les discours et les pratiques féministes.

TumulTueuses, angry, twisted, trans’, teuff … feminists today.Five feminist activists in the battle

No-mix, creativity semantic, destabilization of ordinary sexism with humor and self-derision, activism … some practices mentioned in this interview seem to be in line with the flower for the unknown soldier’s wife1970. But the accent in 2010 on the relationship between feminism and anti-racism, anti-capitalism, gay, trans’ and puto phobies is articulated also with queer, anarchist, punk or post-co in political coalitions which are « taking a break » with the feminism of equality. Issues of feminism, or rather today are tied, cleave or move around two burning questions: sexualities and place of veiled women in the feminist discourse and practice.

Riot Grrrls américaines et réseaux féministes “underground” français, par

Comment évoquer, sans risquer de rendre à ce terme son acception latine de « tirer à soi », un courant féministe qui n’a de cesse d’engager des parties de cache-cache avec tout ce qui s’apparente de près ou de loin à du cadre, à du formel ? Comment saisir, sans dénaturer, l’essentiel d’un phénomène qui pratique une forme d’« auto-volatilisation » constante et présenter, sans ratures, un groupe social dont les pratiques relèvent du palimpseste ? Pourquoi chercher une cohésion, si difficile à justifier, pour parler d’un courant qui met un point d’honneur à ne pas se constituer en mouvement cohérent et qui partant de là ne nous laisse même pas un nom auquel nous aurions pu nous raccrocher. On l’aura compris, il s’agira donc ici de présenter une des nombreuses voies(x ?) permettant d’appréhender un courant par essence polyphonique.

Riot Grrrls American and feminist networks “underground” French

How to evoke, without risking to make this term the Latin meaning to «tirer à soi », a feminism which never ceases to engage in games of hide and seek with everything that is closely or remotelyto the frame, to the formal? How to enter, without altering the essence of a phenomenon that practices a form of « self-volatilization » constant and present without erasures, a social group whose practices are the palimpsest? Why search for cohesion, difficult to justify, to discuss a current that makes a point of honor not to form a coherent motion and from there we do not even leave a name which we could have hung up.It is understood, it will therefore present here one of many ways (x?) To apprehend a current essentially polyphonic.

Pauline, Panthère rose avec groupe, par

Les Panthères Roses, groupe pour qui il importe d’allier action et réflexion, réalisent une remise en question permanente du militantisme. Cet entretien est l’occasion d’explorer les motivations et le parcours singulier d’une panthère rose, Pauline, qui vient, grâce à son expérience subjective, insister sur l’enjeu de l’engagement politique non seulement pour lutter et résister, mais aussi pour rêver et penser un autre projet de société. Parlant en son nom propre, elle dessine alors les nouveaux outils possibles du féminisme qui cherche plus l’invention et la dérision aux formes traditionnelles et archaïques de faire de la politique. Tout en exposant ses propres passions, attirances et doutes, elle dévoile une des préoccupations de ce militantisme : la place laissée aux parcours singuliers, à la parole et à l’écoute, comme fondements de l’engagement.

Pauline Pink Panther with group

The Pink Panthers, a group for whom it is important to combine action and reflection, achieve a constant questioning of activism. This interview is an opportunity to explore the motivations and the singular course of a Pink Panther, Pauline, who comes through experience subjective insisted in the issue of political commitment not only to fight and resist, but also to dream and think at another project of society. Speaking in her own name, she draws the possible new tools of feminism that seeks the most inventive and derision archaic and traditional forms of doing politics. While outlining her own passions, likes and doubts, she reveals a concern of this activism: the singular path to place left, speech and listening, as the basis for commitment.