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Majeure 99. Dettes et bifurcations écologiques

Ce que l’histoire de la monnaie nous enseigne sur la notion de Révolution

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L’accélération de l’histoire au cours des dix dernières années semblait opposer un capitalisme démocratique (libéral) à un autre d’État ou politique (illibéral)1. Selon Perry Anderson, ce sont deux populismes, un de gauche et un de droite2. Avec la réélection de Donald Trump, tout cela se présente comme un glissement autoritaire qui brouille ce clivage aussi. Certains voient même poindre un « capitalisme de la finitude3 » qui serait à envisager comme une acceptation à l’envers de l’épuisement des ressources terrestres.

Tout cela va être encore objet de débats, et surtout de conflits de plus en plus violents. Ce qui est sûr, c’est que Trump est en train de faire ce que beaucoup d’ennemis des États-Unis ont essayé en vain : miner la confiance dans leurs institutions, et donc leur monnaie (le dollar)4. Pour David Brooks, c’est l’âme américaine que Trump détraque : une vraie catastrophe pour la confiance5. Face à la « révolution » promue par l’administration Trump, ses alliés traditionnels, à commencer par l’Union européenne, changent leurs politiques budgétaires. Les réflexions sur les rapports entre monnaie, dette et révolution deviennent encore plus urgentes et décisives.

Une monnaie biopolitique

Récemment, en au moins trois moments, la dimension constitutive de la monnaie est apparue comme déterminante : (1) lors de la crise de la dette souveraine (2010), quand la Banque centrale européenne a repris à son compte ce que faisaient les autres banques centrales et a mis en place la politique de Quantitative Easing par le rachat systématique de titres des dettes de plusieurs pays sur les marchés secondaires ; (2) lorsque les efforts visant à protéger la vie au début de la pandémie ont abouti à une incroyable suspension des activités économiques à l’échelle mondiale, c’est le même principe qui a présidé à la création de volumes colossaux de monnaie, une monnaie biopolitique ; (3) le retour de Trump à la Maison Blanche est le ressort d’une autre bifurcation européenne : d’une part, l’Union fait un pas supplémentaire en direction d’une Europe fédérale en décidant de financer la constitution de sa défense ; d’autre part, la nouvelle coalition de gouvernement en Allemagne a abandonné le dogme de l’équilibre budgétaire et va émettre un volume titanesque de monnaie en laissant sa dette augmenter.

Ce qui caractérise ces trois moments est le fait qu’ils se sont développés en spirale, comme base l’un de l’autre, et à des niveaux toujours plus approfondis de mobilisation. D’abord, en 2012, le président de la BCE du moment, Mario Draghi, a déclaré que cela continuerait « whatever it takes », ouvrant ainsi le chemin à un changement radical du rôle de la BCE. Comme Elettra Stimilli le rappelait, loin d’être soldée, la dette est toujours reproduite6. Mais, au contraire de Stimilli, ce n’est pas en fonction d’une productivité « sans fin » que cela a lieu : dans la pandémie, la dette s’est montrée comme productivité biopolitique. Enfin, aujourd’hui, pour financer sa défense, l’Union européenne confirme son évolution vers une réalité fédérale. C’était d’ailleurs sur ce chemin qu’avait avancé l’administration Biden, avec des puissantes politiques de distribution du revenu et d’investissements pour la transition écologique7.

Comment ces inflexions peuvent-elles effectivement affirmer un nouveau paradigme ? Dans l’histoire des politiques monétaires, il existe une suspension majeure, dont les impacts historiques ont été aussi décisifs qu’à moitié oubliés, qui peut nous aider aujourd’hui à penser les rapports entre révolution et monnaie.

Un week-end de février 1797 à Londres

Dans l’après-midi du samedi 25, le roi George III reçut une demande sans précédent. Le Premier ministre William Pitt the Younger a convoqué une réunion urgente du Privy Council à Londres. Il s’agissait de prendre des décisions importantes face à deux menaces croisées : une militaire, liée à la guerre contre la France révolutionnaire, et une financière, car l’or nécessaire au financement de l’effort de guerre faisait défaut. Pendant ce temps, des centaines de soldats français, commandés par le général Louis Lazare Hoche, l’Irlandais Theobald Wolfe Tone et le révolutionnaire américain William Tate, avaient débarqué dans le pays de Galles. Dans l’après-midi du dimanche 26, après des heures de délibérations, le Privy Council a pris une décision qui constitue un véritable changement de paradigme : la convertibilité des billets papier en or est totalement suspendue. Depuis le lundi 27 février 1797, la monnaie britannique n’est plus adossée à l’or et est explicitement présentée comme un gage de crédit. Les billets étaient désormais de la pure monnaie fiduciaire, soutenue uniquement par la promesse de l’État : de la pure confiance en la circulation 8.

Face à cette décision exceptionnelle, de nombreux observateurs craignaient que tout se termine par un échec tragique. Cela d’autant plus que trois semaines plus tôt, le 4 février 1797 (16 pluviôse de l’an V), l’expérience monétaire de la Révolution française – les assignats – avait connu une fin désastreuse. Après une dévaluation progressive, les assignats (des billets créés sur la base de la confiscation des biens de l’Église) perdent toute leur valeur dans la spirale inflationniste et s’effondrent définitivement : c’était, écrit Albert Soboul, la « consécration officielle d’une faillite déjà effective (qui) mit fin à l’histoire du papier-monnaie révolutionnaire9 ».

Contrairement aux assignats, la suspension britannique fut un succès monétaire qui permit au pays de résister à la menace militaire et de constituer un nouveau paradigme. Y a-t-il donc une contradiction entre innovation monétaire et révolution, ou bien comment l’histoire des deux tentatives nous renseigne-t-elle sur la notion de révolution ?

Échec de la continuité révolutionnaire, succès de la rupture instituante

Pourquoi la monnaie révolutionnaire française (les assignats) a-t-elle été un échec alors que la monnaie exceptionnelle britannique (Fiat Money) a été un succès ? Stefan Eich propose une lecture innovante de ces épisodes : les deux monnaies sont totalement différentes et c’est justement cette différence qui compte. La décision de la couronne britannique a été plus radicale que celle mise en place par la Révolution française. Paradoxalement, le régime révolutionnaire n’a pas osé faire ce qu’a fait la monarchie constitutionnelle face à une menace existentielle.

Les assignats n’ont pas rompu avec l’idée selon laquelle la monnaie a besoin d’un support matériel (d’une valeur substantielle), mais l’ont simplement déplacée du métal précieux vers les terres confisquées à l’Église. Les assignats portaient ainsi un parfum de fraude, non pas parce qu’ils étaient le fruit d’une expropriation, mais précisément parce qu’ils ne rompaient pas complètement le lien avec l’idée qu’il fallait que la monnaie exprime une « valeur réelle » déjà donnée. L’historien de la révolution lui-même la décrit comme une « fiction du papier-monnaie10 ». Les assignats n’ont fait qu’étirer ce lien en le déplaçant du métal vers la terre et en procédant ensuite – comme voudraient le faire bien des économistes néo développementistes11 – à une émission effrénée de billets de banque qui a fait s’effondrer leur valeur.

Au contraire, les billets de banque anglais ont rompu tout lien avec toute sorte d’étalon matériel, et pas seulement avec le métal : ils n’ont rien mis à la place du métal, juste du crédit public dans l’effort national contre les envahisseurs. Le tournant britannique vers le Fiat Money en 1797 reposait uniquement sur la confiance : son innovation était totalement immatérielle et institutionnelle12.

Violence de la monnaie et monnaie de la confiance

Nous venons de le voir, le régime révolutionnaire français a paradoxalement pris une mesure de politique monétaire plus modérée que la monarchie britannique. En revanche, le gouvernement britannique a pu compter (au double sens) avec plus de confiance.

Cela apporte un nouvel éclairage sur les clivages en termes de philosophie politique. Edmund Burke est justement considéré comme l’auteur du « bréviaire […] de toute la pensée contre-révolutionnaire : défense des institutions héritées du passé le plus lointain et lentement adaptées à l’évolution des besoins13 ». Mais cela ne l’a pas empêché de critiquer le colonialisme britannique en défendant « les droits des catholiques d’Irlande et de légitimer l’insurrection des colons d’Amérique14 ». Plus que proposer une défense abstraite des traditions, Burke argumente qu’« une Constitution “fabriquée” (uniquement) par réflexion est inopérante15 ». Ce n’est pas un hasard si Martin Wolf – éditorialiste-en-chef du Financial Times – reprend les critiques de Burke à l’égard de la Révolution française pour rappeler qu’il « est impossible de construire une société basée sur des principes abstraits » : il faut toujours construire sur la base de ce que nous avons et de ce que nous savons16.

C’est un peu ce que Hannah Arendt souligne à propos des points en commun entre Thomas Paine et Burke : « Paine pensait, autant que Burke, que la nouveauté absolue serait un argument contre, et non en faveur, de l’authenticité et de la légitimité des droits [de l’homme]17 ». Ainsi, Jean-François Kervégan suggère une série de nuances dans la lecture de Burke, et cela notamment dans sa manière de comprendre la défense de la propriété chez John Locke. Alors que, à partir de la lecture de C. B. McPherson, « nous avons vu [dans] la promotion de la propriété au rang de droit naturel fondamental, le signe que la pensée de Locke […] participe [à une] nouvelle compréhension du monde humain et donne des pratiques sociales qui ont nécessité le développement d’une société « bourgeoise » fondée sur le libre-échange et la production capitaliste », des travaux récents indiquent d’autres perspectives18. S’appuyant sur la lecture de J. Tully, Kervégan explique : « le droit de propriété, s’il est attesté par l’usage et le travail, repose pour Locke […] sur le devoir que le droit naturel impose à chacun de protéger sa vie19 ».

C’est par rapport à Locke que l’on peut préciser cette lecture alternative de Burke20. En 1689, un siècle avant la grande suspension de l’étalon-or, en plein débat dans l’Angleterre postrévolutionnaire, John Locke était mêlé à une controverse sur le gouvernement de la monnaie (il travaillait avec Isaac Newton qui était le warden de la Maison de la Monnaie). Face au phénomène du « clipping » des pièces (c’est-à-dire la pratique consistant à gratter une fine couche de métal précieux sur les bords pour le fondre et le vendre), deux positions s’étaient formées : l’une, défendue par Charles Davenant, qui – compte tenu de la diminution de la quantité de métal précieux présent dans chaque pièce – voulait diluer la valeur des pièces et aller dans la direction d’une monnaie basée sur la pure confiance publique21; l’autre qui, avec Locke, soutenait que le gouvernement devrait protéger l’intégrité de l’argent, c’est-à-dire la véritable valeur qui se trouve dans les poches des citoyens et donc résister à la « criminalité du clipping22 ». Sans la référence au métal, Locke ne se sentait pas en sécurité.

Comme Locke, Burke comprend que l’argent est une convention et qu’il dépend de la confiance et de la foi. Mais alors que Locke en conclut à la nécessité d’un lien irrévocable entre la monnaie et le métal comme moyen de stabiliser son incertitude sémantique, Burke mise sur des moyens plus flexibles de maintenir la confiance et la stabilité. Il considère l’expansion de la dette publique via Fiat Money comme quelque chose dont dépendent « la prospérité et la grandeur (du pays)23 ». Sa foi dans le droit coutumier lui permet d’adopter une position plus audacieuse.

La critique de Burke envers les assignats, loin de se limiter à une défense abstraite de la propriété ecclésiale, saisit le paradoxe de la révolution : en créant du papier-monnaie sur la base de la confiscation, la Révolution française non seulement n’a pas rompu les liens avec le support matériel de la valeur, mais a surtout détruit la confiance, c’est-à-dire le crédit, qu’elle entendait construire. Cette approche est tout à fait actuelle, car elle explique l’inadéquation politique des critiques morales qui ont été dirigées contre les bails out mis en place par l’administration Obama pour sauver le système financier de la banqueroute. Encore aujourd’hui, Perry Anderson s’insurge : « les énormes émissions de fonds publics (pour les banques, les assurances et l’industrie automobile) n’ont jamais été disponibles pour une santé digne, les écoles, les retraites, les chemins de fer, les routes, sans parler du soutien au revenu des pauvres24 ». C’est ce même reflexe moral, qui se veut révolutionnaire ou radical, que l’on retrouve d’abord devant la guerre, puis devant l’écroulement de l’Alliance atlantique : « on ne peut pas défendre la guerre, il faut donc être pacifistes ; on ne peut sacrifier le welfare aux dépenses pour réarmer l’Europe ».

Ces critiques sont morales d’abord dans le sens qu’elles sont politiquement impuissantes ou, pire, utiles à ceux qui ont décidé de faire la guerre (Poutine) et d’engendrer le chaos politico-économique (Trump). Ensuite, ces critiques ne sont pas réellement matérialistes : il n’est pas vrai que laisser aller le système du crédit à la banqueroute permettrait d’avoir un meilleur welfare. Au contraire, on aurait le chaos économique, et encore moins « d’argent » pour les services publics. De même, une Europe désarmée aurait moins de moyens pour défendre la paix (dans un monde violent et prédateur, ça s’appelle la dissuasion), moins de services publics et moins encore de capacité d’accueil des réfugiés.

Ces types de courts-circuits sont ceux qui ont fonctionné pour que le Brexit gagne au Royaume Uni : on a vendu l’idée qu’il y aurait plus d’argent pour les Britanniques si le pays se séparait de l’Europe, exactement comme Trump aujourd’hui veut arrêter de payer pour les Ukrainiens. C’est justement comme ça que marche le populisme : on « vend » une solution qui est fake, mais qui est en prise sur l’opinion. On vend des assignats, pourrait-on dire. La logique des assignats est justement celle d’une décision abstraite, même si elle peut être pleine de bonnes intentions, et même si elle paraît solidement ancrée sur les richesses concrètes qu’étaient les biens de l’Église : en réalité, cette décision détruit la confiance et, avec elle, plus de monnaie que celle qu’elle est supposée créer.

On pourrait même dire que les assignats correspondent à la violence de la monnaie théorisée par Michel Aglietta et André Orléans à partir de leur lecture de la notion de mimétisme chez René Girard, alors que la suspension britannique, par le rapport complexe entre innovation et continuité qu’elle mobilisait, arrive à produire la confiance nécessaire25. Mais, comme Roberto Esposito le souligne, la confiance (coopération) et la violence (mimétisme), sont toujours imbriquées26 : la vraie question est de savoir comment faire pour toujours renouveler le clivage éthique qui peut les départager.

Le cri de Job

Qu’est-ce que cela nous apprend sur les enjeux du financement de la justice sociale et de la bifurcation écologique ? Tout d’abord, cela nous permet de dire que le salut ne se trouve ni du côté d’une improbable recherche des aspects positifs de la déglobalisation néocoloniale promue par les régimes de Poutine, Trump et Xi Jinping ; ni de celui de la tentative de trouver des nouveaux assignats écologiques, et avec eux une valeur aussi substantielle qu’illusoire. De même, le salut ne se trouve pas non plus du côté d’une monnaie visqueuse, moins liquide, comme le suggère l’éloge qu’en fait Sylvain Piron27. La viscosité est celle qu’introduit Trump contre le commerce mondial et contre l’écologie. En Argentine, ce n’est pas la théorie de Silvio Gesell sur la monnaie périssable qui s’applique – la plus périssable est justement celle qui est inflationniste : personne n’en veut – mais la politique anti-inflationniste de Javier Milei.

Bien sûr, la monétisation de la dette doit faire l’objet de nouvelles régulations, mais loin d’être le problème, comme le pense Katharina Pistor28, elle est le terrain de la lutte. Le fait que les dispositifs financiers destinés à rendre les actifs le plus liquides possible puissent être illusoires et dangereux ne revient pas à dire que le problème est la liquidité en tant que telle. L’enjeu est exactement inverse : comment faire que la justice sociale et l’écologie soient l’étalon d’une liquidité adéquate ? Ce qui manque à l’écologie, et de plus en plus à la démocratie, c’est justement la liquidité, c’est-à-dire la confiance – une confiance qui permette de dénouer les impasses, et ainsi de moduler la préférence pour la liquidité : moins on a de doutes sur la liquidité, plus on est disposé à s’en passer.

Mais alors, qu’est-ce qui a produit le miracle de l’abandon du tabou du déficit par l’Allemagne et de l’augmentation de la dette européenne pour financer la défense devant la menace russe, et surtout américaine ? C’est le cri des Ukrainiens qui résistent depuis trois ans, et qui doivent aujourd’hui lutter autant contre Poutine que contre Trump. C’est le cri des Gazaouis qui doivent lutter contre Netanyahu, en même temps que contre le Hamas. Ils sont comme le cri de Job, le cri des hommes qui savent, comme le dit Nathalie Sarthou-Lajus, que la culpabilité n’est pas la vérité de la souffrance, qu’il faut briser la culpabilité pour émanciper la dette29.

1Sur l’approche en termes d’opposition entre deux capitalismes, voir Branko Milanovic, « Capitalists, the State, and The Globalisation », BNE, 26 février 2023. Sur ce débat, voir aussi : Jean-Yves Pranchère, « “Libéralisme autoritaire” : un terme-symptôme n’est pas un diagnostique », AOC, 25 mars 2025 et Céline Jouin, « Libéralisme autoritaire ou illibéralisme ? Un angle mort du débat », AOC, 14 février 2025.

2Perry Anderson, « Regime Change in the West? », London Book of Review, Vol. 47 No. 6, 3 April 2025.

3Alessandro Aresu, « L’Europe doit apprendre le capitalisme politique », Le Grand Continent, 10 novembre 2020, et Arnaud Orain, « Mercantilisme et capitalisme de la finitude : aux origines de l’Empire de Trump », Le Grand Continent, 20 mars 2025.

4Paola Subacchi and Paul Van Den Noord, « Will the World Will Keep Buying US Treasuries ? », Project Syndicate, 25 mars 2025. Barry Eichgreen, « Can the Dollar Remain King of Currencies? », The Financial Times, 22 mars 2025.

5David Brooks, « How to Destroy What Make America Great », The New York Times, 3 avril 2025.

6Elettra Stimilli, Il debito del vivente. Ascesi e capitalismo, Quodlibet, 2011, p. 12.

7Voir Scott Fulford, The Pandemic Paradox: How the Covid Crisis Made Americans More Financially Secure, Princeton, 2023 ; Steven W. Thrasher, The Viral Underclass: The Human Toll When Inequality and Disease Collide, Celadon, 2024 ; Zachary Parolin, Poverty in the Pandemic: Policy Lessons from Covid-19, Russel Sage, 2023.

8Stefan Eich, The Currency of Politics: The Political Theory of Money from Aristotle to Keynes, Princeton University Press, 2022, p. 86. La décision prise sous la houlette de William Pitt the Younger avait comme précèdent les émissions exceptionnelles de lettres de change décidées en 1793 à la suite d’une série de faillites des banques rurales et de la déflation. Cf. Charles Kindleberger, Manias, Panics, and Crashes: A History of Financial Crisis, John Wiley, 1978.

9Albert Soboul, La Révolution française, Paris, PUF, 1965.

10Ibid.

11Voir par exemple, Mariana Mazzucato, The Value of Everything, Londres, Allen, 2018.

12Stefan Eich, op. cit., p. 88.

13Louis Bergeron et Marcel Roncayolo, Le monde et son histoire. Les révolutions européennes et le partage du monde. XVIIIe siècle et XIXe siècle. Le monde contemporain, Paris, R. Laffont, 1972, p. 30.

14Ibid.

15François Châtelet, Olivier Duhamel, Evelyne Pisier-Kouchner, Histoire des idées politiques, Paris, PUF, 1982.

16Martin Wolf, The Crisis of Democratic Capitalism, New York, Penguin, 2023, p. 226.

17Hannah Arendt, On Revolution, New York, Vicking Press, 1963.

18« Droits humains », in Denis Kambouchner (ed.), Notions de philosophie, Gallimard, Paris, 1995.

19Ibid. Voir aussi J. Tully, Locke. Droit naturel et propriété, Paris, PUF, 1992.

20Voir J. G. A. Pockock, « The Political economy of Burke’s analysis of the French Revolution », in Virtue, Commerce and History, Cambridge, 1985.

21David Graeber, Debt. The first 5.000 years (2011), London, Melville House, 2014, p. 340.

22Nigel Dodd, The Social Life of Money, Princeton UP, 2014, p. 219.

23Ibid., p. 81.

24Perry Anderson, art. cit.

25Michel Aglietta et André Orléans, La violence de la monnaie, Paris, PUF, 1983.

26Roberto Esposito, I volti dellavversario. Lenigma dela lotta con lAngelo, Torino, Einaudi, 2024, p. 137-8.

27Sylvain Piron, Généalogie de la morale économique, Bruxelles, Zones Sensibles, 2020, p. 327-328.

28Katharina Pistor, Le Code du capital (2019), Traduction de Baptiste Mylondo, Paris, Seuil, 2023.

29Nathalie Sarthou-Lajus, Léthique de la dette, Paris, PUF, 1997, p. 226.