Tous les articles par Neyrat Frédéric

Matières à penser Depuis l’avènement du capitalisme financier, le spéculateur entend donner des leçons de réalisme au politique. Les services, les idées, la conscience et sa capacité d’attention : même l’immatériel se réifie pour pouvoir se vendre et s’échanger – « librement » – à la manière des choses. Il est par conséquent très urgent de renvoyer de la réalité […]

Critique du géo-constructivisme
Anthropocène & géo-ingénierie
L’objectif de cet article est le repérage de la composante constructiviste du « discours dominant » qui, de Bruno Latour à la géo-ingénierie, conduit à la justification de l’Anthropocène et des délices du développement technologique débridé. J’appelle géo-constructivisme la politique globale qui a généré les changements climatiques et les solutions technologiques qui sont proposées pour les réguler.

A Critique of Geo-Constructivism
Anthropocene and Geo-Engineering
This article attempts to draw attention on the constructivist component of the dominant discourse which, from Bruno Latour to geo-engineering, tends to justify the Anthropocene and the promises of unbridled technological development. I call “geo-constructivism” the global politics which generated climate change and the technological fixes that are supposed to regulate it.

Si vient l’hiver, le printemps peut-il être loin ?

Si vient l’hiver, le printemps peut‑il être loin ?
Cet article présente le dossier « Politiques Romantiques » en définissant le romantisme comme une pensée risquée. Pour l’auteur, le romantisme est la figure avancée d’une aventure collective de l’intellect et des sens, le chargeur sensible et intellectuel d’un corps politique révolutionnaire.

If Winter comes, can Spring be far behind ?
This essay introduces the special issue of Multitudes about “Romantic Politics”. For the author, Romanticism is a dangerous thought, the advanced figure of a collective adventure concerning the intellect and the senses, the sensitive magazine of a revolutionary political body.

L’affirmation autonome jusque dans la mort

Avec son « Grenelle de l’environnement », la France vient de définir les contours d’un nouveau modèle de croissance, d’une nouvelle régulation du capitalisme et des normes comportementales exigées par ce modèle. Ce qu’André Gorz avait anticipé dès 1974. Lire Gorz, c’est comprendre l’installation progressive de la biopolitique du capital, du capitalisme endurable. C’est affirmer, contre ce que Illich nomme la « gestion bureaucratique de la survie humaine », l’autonomie. C’est se déclarer, forcément, anticapitaliste. Une pensée authentique de l’écologie politique sait que la vie ne se capitalise pas.

With its recent multi-partner environmental negotiations, France has sketched the outlines of a new growth model and a new regulation of capitalism, complete with the behavioral norms required by this model. André Gorz predicted all that, from 1974 onwards. To read Gorz is to understand the gradual onset of a biopolitical capitalism, an endurable capitalism. His texts are an assertion of autonomy, against what Illich called « the bureaucratic management of human survival ». With Gorz, we necessarily declare ourselves anti-capitalist. A true understanding of political ecology knows that life cannot be capitalized.

Envoûtements médiatiques

Notre existence baigne dans le medium des médias. Paroles qui volent, écritures qui restent, lettres qui traversent l’Europe depuis des siècles, journaux quotidiens qui s’y diffusent depuis deux cents ans, télégraphe, téléphone, cinéma, radio, télévision, Internet, smartphone, Facebook : ça circule de plus en plus, toujours plus vite, toujours plus largement, toujours plus intimement. Tout cela […]

Citton Yves

Enseigne la littérature et l’archéologie des media à l’université Paris 8. Il a publié récemment Médiarchie (Seuil 2017), Pour une écologie de l’attention (Seuil, 2014), Gestes d’humanités (Armand Colin, 2013), Renverser l’insoutenable (Seuil, 2012), Zazirocratie (Éditions Amsterdam, 2011). Site en ligne : www.yvescitton.net. Co-directeur de Multitudes.

Quessada Dominique

assistant au Département de science politique de l’Université de Liège, a soutenu en 2012 une thèse en sciences politiques et sociales sur la capacité du récit et de la fiction à configurer des dossiers complexes. Ses recherches portent sur l’épistémologie des sciences sociales et des méthodes participatives, et en particulier sur les relations entre processus politiques et phénomènes narratifs.

Neyrat Frédéric

ancien Directeur de programme au Collège international de philosophie, et membre du comité de rédaction de la revue Multitudes. Il travaille sur les notions de destruction et d’indestructibilité, de mouvement et d’inertie, de relation et d’absolu. Il a publié récemment sur Artaud (Instructions pour une prise d’âmes, 2009), Heidegger (L’indemne, 2008), et la politique contemporaine (Biopolitique des catastrophes, 2008). Son dernier ouvrage en date s’intitule Clinamen (2011).