Archives du mot-clé machiavel

Yanis Varoufakis, qui avait interpellé Jean-Luc Mélenchon en l’invitant à prendre position sans barguigner vraiment pour Emmanuel Macron face à Marine Le Pen, a été aussi un des premiers à faire une déclaration d’opposant au nouveau président intronisé : « Selon Yanis Varoufakis, qui argue de conversations personnelles avec Emmanuel Macron, ce dernier a conscience de la […]

  Commençons par la fin. Il n’y a pas eu de « coup d’état » au Brésil, mais une glasnost qui entraîne un début d’implosion du consortium politique qui gouvernait et gouverne le pays : un cartel maffieux de grandes entreprises privées et étatiques, composé par quelques dizaines de « patrons » publics et privés. Évidemment, la corruption systémique n’est […]

Populisme tu m’aimes, moi non plus

Le populisme européen invite à se défaire des deux inventions politiques essentielles que sont l’Europe et l’écologie politique. Comme tous les populismes, il rassemble pour des raisons électorales des courants incompatibles et rallie à des signifiants sans contenus. Ce populisme est l’effet d’un manque fédéral de l’Europe.

Populism, You Love Me, Neither Do I

European populism wants us to abandon these two most important political inventions: Europe and political ecology. Like all forms of populism, it aggregates incompatible currents of thoughts for purely electoral reasons, by agitating signifiers without signified. This populism results from the lack of a federal Europe.

Le « nouveau monde » des histoires

Les thèses défendues ici par l’un des membres du collectif Wu Ming prennent le contrepied des discours habituels tenus sur le populisme. Raconter des histoires, s’armer des pouvoirs propres du storytelling ne revient pas nécessairement à embobiner les masses dans des bobards : sous certaines conditions, cela peut au contraire aider à la circulation de récits émancipants, qui élèvent l’intelligence de ceux qui les racontent comme de ceux qui les écoutent.

The “New World” of Stories

The theses defended by a member of the Wu Ming collective go against the grain of the common discourses against populism. The practices of storytelling do not necessarily lead to luring the masses by lying to them: under certain conditions, it can put into circulation empowering myths which elevate the intelligence of those who tell the tales as of those who listen to them.

Soulèvements en Amérique latine
Lecture en contrepoints
Dans la lecture des soulèvements populaires en Amérique latine, deux interprétations sont comparées point par point : celle d’une part de Multitude de Hardt & Negri ainsi que de GlobAL : Luttes et biopouvoir à l’heure de la mondialisation. Le cas exemplaire de l’Amérique latine  de Negri & Cocco et celle d’autre part de L’interpellation plébéienne en Amérique latine du GRIPAL (Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine). Ces deux interprétations sont irréductibles, mais non incompatibles.

Uprisings in Latin America
Counterpoint Readings
Two interpretations of popular uprisings in Latin America are compared point by point : on the one hand, Hardt and Negri’s Multitude as well as Negri and Cocco’s GlobAL : Luttes et biopouvoir à l’heure de la mondialisation. Le cas exemplaire de l’Amérique latine, on the other hand, GRIPAL’s (Research Group on Latin American Political Imaginaries) L’interpellation plébéienne en Amérique latine. These two interpretations are incommensurable but not incompatible.

Les auteurs insistent sur la diversité des points de vue des auteurs chinois du numéro et sur le caractère central de la construction de l’État providence, ce qui différencie la Chine du Brésil par exemple. Ils croient, à la différence de François Godement, à des contradictions majeures qu’on verra émerger tôt ou tard, liées à des problèmes démographiques comme le vieillissement de la population, ou sociaux comme le rôle des femmes ou les conflits ethniques, ou à l’usage croissant des nouvelles technologies de communication. Les modèles culturels globalisés véhiculés par les réseaux sociaux, s’ils sont encore marginaux, ont une certaine emprise, comme le montre le développement des ONG.

Political and Economic Fragments from China
Through the diverse views presented by the Chinese authors gathered in this issue, a crucial question emerges: that of the construction of a Welfare-State, which sets China apart from Brazil, for instance. Disagreeing with François Godement, the authors believe that major contradictions will sooner or later emerge, linked to demographic issues such as the ageing of the population, or to social issues such as the place of women or ethnic conflicts. The globalized models of sociality carried by social networks, while still marginal, are an increasingly important factor, as demonstrated by the development of NGOs.

Sans André Gorz, on n’aurait jamais assisté à la greffe réussie entre la gauche anti-institutionnelle issue de Mai 1968 et l’écologie antiproductiviste, donc a-socialiste, dont est issu peu ou prou tout ce qui cherche encore une gauche digne de ce nom.

Without André Gorz we would never have witnessed the successful grafting of the anti-institutional post-68 left onto an anti-productivist and therefore a-socialist ecology, which has given rise to everything still in search of a leftist project worthy of the name.

Contre l’hégémonie de Google Cultivons l’anarchisme des connaissances

Dans cet échange, Karlessi, membre du groupe Ippolita, souligne l’existence d’une face obscure de Google qui, à l’aide de « cookies », parvient à créer une technique de plus en plus fine de profilage des internautes. Cette somme d’informations se constitue afin de permettre la mise en relation de l’individu avec une publicité de mieux en mieux ciblée. Cette technique de saisissement de l’internaute s’accompagne aussi d’un appauvrissement des formes d’investigation de ce dernier, de plus en plus soumis au moteur de recherche et à son hégémonie sur le Net. C’est la raison pour laquelle la démarche collective d’Ippolita propose de sortir de la passivité vis-à-vis de la technologie et d’inventer d’autres formes de relation à la technique, ainsi qu’entre les êtres. Les « scookies » sont ainsi une de leurs propositions pour brouiller les pistes de ce fichage par Google, en permettant aux internautes d’échanger leurs « cookies ». Démarche tournée vers une quête : celle de faire de nous tous des poètes !

let’s promote Knowledge Anarchism
In this conversation, Karlessi, a member of the group Ippolita discusses the darker face of Google, which, with the help of cookies, finds ever finer ways to profile Internet users. The information is gathered in order to allow for a close match between advertisement and the individual targeted. This leads to an impoverishment of research in the Net, increasingly submitted to the hegemony of a single search engine. For this reason, Ippolita proposes a new form of agency through the use of « scookies », which allow Internet users to exchange their cookies and erase all the traces that allow Google to profile them. Ultimately, the intention is to make a poet out of each one of us !

Commander les anciens numéros

Il est possible d’acquérir les précédents numéros de Multitudes jusqu’au n°25 inclus auprès de « Diffusion Populaire » qui gère la vente des anciens numéros. Au delà du n°25 le stock est géré par DIfpop-Pollen Diffusion. Par carte de crédit : _ 1) Accéder au site de Diffusion-Populaire : http://www.pollen-difpop.com/ _ 2) Entrer dans la […]

Le monstre (monstrum), dans son acception la plus générale, est ce qui suscite l’étonnement, un étonnement qui est provoqué par un phénomène qui se donne à nous comme irrégulier et exceptionnel. C’est d’abord en ce sens que le monstre pose non seulement un problème philosophique parmi d’autres mais sans doute aussi le problème philosophique par […]

Entre la construction d’une monstruosité étatique absolue, censée anéantir toute rébellion par la crainte et la menace (d’un côté) et la monstrification de la part du Pouvoir de tout «autre» rebelle, hérétique, contestataire (de l’autre), l’auteur indique la possibilité d’un troisième concept de la monstruosité. Une monstruosité qui échappe à cette alternative pour affirmer son altérité radicale, monstrueuse non pas par son apparence mais par sa revendication d’autonomie par rapport à toute norme transcendante et finaliste, dans l’immanence absolue de sa condition actuelle et puissante.

Between the construction of an absolute monarchy of the state, designed to crush any revolt through fear and threats, and the one hand, and the monstrification of the power of any rebellious, heretical or contestatory «other», on the other hand, the author identitifies a third possible concept of monstrosity. This notion of monstrosity would escape these alternatives to claim its alterity, and therefore becomes monstrous not by virtue of its physical appearance, but by the autonomy of its demands in relation to any transcendental or final norms and by the actuality and immanent power of its condition.

Dans cet article, l’auteur se propose de développer les suggestions d’Althusser pour qui la théorie politique de Locke (de l’état de nature au contrat social) est fondée sur une distinction entre l’humain et l’inhumain. La conception lockienne d’une espèce humaine, avec des droits et des obligations que Dieu lui aurait donnés, relève plutôt de la politique que de la biologie ou de la nature. À l’origine de l’humanité il y a un choix : consulter ou ne pas consulter la raison qui devra gouverner l’action humaine. Ceux qui renoncent à la raison forment une contre-espèce dont l’existence même est une menace absolue pour l’humanité et qui, de ce fait, doit être détruite pour le salut de l’humain lui-même.

This essay attempts to develop Althusser’s suggestion that Locke’s political theory and its central concepts, from the state of nature to the social contract, rest on a heretofore unrecognized distinction between the human and the inhuman. Locke’s notion of a human species with rights and obligations conferred upon it by God is a political rather than biological or natural one. At the origin of humanity is a choice: the choice to consult or not to consult the reason that should govern human action. Those who choose to renounce reason form a counter-species whose existence poses an absolute threat to humanity and as such must be destroyed for the sake of the human itself.

Chantal T. Spitz Traversées océaniennes To this day, Polynesian people continue to be reduced to the myth of the Good Savage. Beyond fables of innocence, protection and salvation, it is essential to reintegrate them within a truly human history, which accepts men and women in their bravery as well as in their pettiness, in their […]

L’herméneutique spinoziste s’est toujours intéressée à l’étude des rapports entre Machiavel et Spinoza. Ce dernier possédait en effet dans sa bibliothèque personnelle les œuvres complètes de l’auteur florentin en langue italienne. Qui plus est, Spinoza cite expressément Machiavel dans son Traité politique : dans le chapitre V, il fait référence au Prince, tandis que dans […]

L’auteur repend la question soulevée au début des années 1990 par Gayatri Spivak dans un article célèbre et difficile : « Les Subalternes peuvent-illes parler ? », qui a alimenté d’interminables discussions dans le champ des études postcoloniales. Il entend montrer que la question est trompeuse, qu’il s’agit moins de savoir dans l’absolu si les […]

Machiavel : rire de la crainte

L’usage inversé et blasphématoire que propose Machiavel de quelques vérités du discours théologique et/ou politique peut s’expliquer par la nécessité dans laquelle il se met de singer la crainte (en particulier celle du désordre), en faisant de celle-ci l’affect commun de la philosophie politique. Le rire qui découle de cette singerie de la philosophie marque aussi l’interruption du dialogue comme pratique philosophique fondatrice.

In this article I explain Machiavelli’s inverted and blasphemous usage of certain selected truths of theological and/or political discourse, by his self-imposed requirement to mock fear (particularly the fear of disorder) by treating it as the common affect of political philosophy. The laughter which flows from this mockery of philosophy also stands for the interruption of dialogue as a foundational philosophical practice.

Présentation

Pendant longtemps on a considéré le matérialisme comme un pur mécanisme, ou encore un « spatialisme » qui ne connaîtrait rien au temps (Negri, Macchina tempo et L’Anomalie sauvage). C’est une tradition de pensée marxiste qui vient de La Sainte Famille. Sans se soucier du débat historique, constatons que ce verdict signifierait : pas de […]

Il existe une figure classique du philosophe matérialiste qui rit du reste de l’humanité, de ses craintes, ses superstitions et même ses valeurs. On peut retrouver au choix cette figure sous les traits de Démocrite, Épicure, Spinoza, Rabelais, La Mettrie, etc. Mis à part l’intérêt que l’on peut avoir pour cette figure du philosophe, assez éloignée des bancs de l’école, le texte présent vise à décrire ou (re)définir ce personnage conceptuel afin que l’on comprenne que c’est ainsi – en riant – que le philosophe matérialiste accède au monde « humain », au monde « des valeurs ». On verra alors que le vieux reproche fait au matérialisme, à savoir sa froideur et son incapacité à saisir la dynamique de l’action humaine, sa « cruauté d’anatomiste » comme dit Flaubert, ne l’atteint pas ; ou alors l’atteint à cause de son rire.

The figure of the materialist philosopher as the « laughing philosopher », who mocks the rest of humanity, its fears, superstitions and even values, is a classic one. It has been associated variously with Democritus, Epicurus, Spinoza, Rabelais, La Mettrie and others. Apart from the interest one might have in this figure of the philosopher as someone who is rather far removed from school benches, the present essay seeks to describe or (re)define this conceptual character in order to argue that laughter is the materialist philosopher’s « mode of access » to the human world, the so-called world of « values ». This implies that the equally classic reproach towards materialism – its coldness, its inability to grasp the dynamics of human action, what Flaubert would have called an « anatomist’s cruelty » – fails ; or only successfully targets materialism when it laughs.

Cet article vise à présenter et interpréter l’œuvre dramatique de Joe Orton, auteur anglais des années 1960 qui parvint à la notoriété par le contenu violent et obscène de ses pièces, son homosexualité affichée et sa mort brutale des mains de son amant. Le travail d’Orton est un condensé dramaturgique de thèmes caractéristiques du « matérialisme » anticipés dans les philosophies de Machiavel et de Spinoza, mais trouvant leur expression la plus aboutie dans la pensée deleuzienne : l’immanence radicale du politique ; la critique de l’identité et des concepts cliniques de la folie ; la force anarchique et impersonnelle du désir sexuel. Orton atteint ce but au moyen d’une expérimentation comique à partir du langage et d’une radicalisation de la farce (comédie), qui produit une rire à la fois destructif et affirmatif : il détruit les barrières artificielles de la raison (y compris la frontière entre l’artificiel et le naturel) et affirme ce processus de destruction ainsi que le désir pré-subjectif par lequel il s’accomplit.

This paper is a brief introduction to and interpretation of the work of Joe Orton, an English playwright of the 1960s who achieved notoriety through the violent and obscene content of his plays, his scandalous homosexual lifestyle and brutal death at the hands of his lover. Orton’s work is presented as a dramatic exemplification of distinctive themes pertaining to a radically materialistic strain in philosophy anticipated in Machiavelli and Spinoza but finding its fullest expression in Deleuze’s thought : the radical immanence of the political, the critique of self-identity and clinical concepts of madness, and the anarchic and impersonal force of sexual desire. Orton achieves this aim through comic experimentation with language and a radicalisation of farce that serve to produce a laughter that is both destructive and affirmative : destructive of the boundaries artificially erected by reason (including the boundary between the artificial and the natural), and affirmative of this process of destruction and the pre-subjective desire through which it is accomplished.

Antonio Negri : « Nous sommes déjà des hommes nouveaux »

LE MONDE DES LIVRES | 12.07.07Parmi les oeuvres exposées à Venise, ces jours-ci, dans le cadre de la Biennale d’art contemporain, on croise cette Passion du XXe siècle : Jésus crucifié sur un avion de chasse, un bras fixé à chaque missile. Cette oeuvre, intitulée La Civilisation occidentale et chrétienne, se trouve suspendue aux plafonds […]

Multitudes : ses déclinaisons éditoriales et numériques

UNE REVUE TRIMESTRIELLE, DEUX SITES, UNE COLLECTION DE LIVRES, UNE LISTE… Multitudes est, à l’origine, une revue politique, artistique et philosophique… Fondée en mars 2000, elle est devenue le support d’un projet éditorial et numérique transnational qui modére une liste électronique : (« Multitudes-Infos »), actualise ce site, en développe un autre dédié à la création artistique […]

L’évolution de Toni Negri

Politis n°873Écrit en prison à la fin des Années de plomb, le premier livre du philosophe italien sur Spinoza initiait le concept de « multitude ». Il offre les bases théoriques à deux autres ouvrages récemment parus. Le 7 avril 1979, Toni Negri, professeur de philosophie politique à l’université de Padoue, est arrêté au cours […]

Quella potenza costituente di uno stato nello stato ?

Il Manifesto 24 marzo 2007Dominio, conflitto, diritto, democrazia. Un percorso di lettura su alcune parole chiave del pensiero politico a partire dall’ultimo numero della rivista «Quaderni materialisti» La proposta di sciogliere il nodo paralizzante del rapporto di causa ed effetto tra «sedizione» e legge attraverso la produzione di nuove istituzioni Questo numero spinoziano di «Quaderni […]

Entretien réalisé par Manuela Bojadzijev, Sandro Mezzadra et Isabelle Saint-SaënsFor quite some time Europe has become the space for political action and reflexion, on the identity and on the borders of Europe. Etienne Balibar has been writing on these issues for a long time, combining a « postnational » option with a criticism of European […]

1. Althusser insisted throughout his work that a philosophy must be judged by the effects that it produces, all the effects, whether internal or external to whatever disciplinary boundaries might be thought to impose their jurisdiction on it. For Althusser history no more forgives the “misunderstood” or “misinterpreted” philosopher than it does the defeated revolutionary. […]

Multitudes is a political, cultural and artistic journal published quarterly. Established in March, 2000, it is the backbone of a transnational editorial collective that runs an electronic list-serve (Multitudes-Infos), places back issues on line one year after publication, and edits one book serie through Éditions Amsterdam (Multitudes-interventions). For Multitudes, politics lies outside the walls of […]

Multitudes : Autumn

Majeure : Philosophie politique des Multitudes (2) François Matheron. « Des problèmes qu’il faudra bien appeler d’un autre nom et peut-être politique ». Althusser et l’insituabilité de la politique Precisely as he was repoliticizing his philosophy and criticizing his “theorist deviation”, Althusser wrote in 1967 that he did not know, after all, what was politics. […]

Majeure : Subjectivation du Net : postmédia, réseaux, mise en commun Emmanuel Videcoq et Bernard Prince. Félix Guattari et les agencements post-média (L’expérience de Radio Tomate et du Minitel Alter) At the turn of the 1980s, Félix Guattari became interested in the Free Radio movement (radio Alice in 1976 in Bologna, followed by radio Tomate […]

Entretien réalisé par Yann Moulier Boutang et Olivier SurelDans cet entretien à trois voix avec Gilles Chatenay, Eric Laurent, et Jacques-Alain Miller, Yann Moulier-Boutang et Olivier Surel engagent un questionnement sur la saisie informatisée des données personnelles des citoyens, et de leur interconnexion. Consécutivement à ce déferlement technologique et au discours étatique qui le soutient […]