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De la décolonisation des savoirs
Un impossible impératif ?, par

De la décolonisation des savoirs
Un impossible impératif ?
Cet article examine la décolonisation des savoirs sous un angle politique plutôt qu’épistémologique. L’auteur argumente que la colonialité du savoir ne résulte pas d’un manque de savoirs alternatifs, mais d’une infrastructure académique répressive qui maintient l’hégémonie occidentale. L’université mondiale fonctionne comme « conciergerie » de la colonialité à travers des mécanismes institutionnels (rankings, revues scientifiques, systèmes d’équivalence) qui imposent les épistémologies du Nord global tout en marginalisant les savoirs des Suds. L’article rappelle que des savoirs alternatifs ont toujours existé dans les Suds, mais que leur circulation est entravée par « l’impérialité du savoir », une force qui impose contenus, méthodes, langues et ethos du chercheur occidentalo-centré. L’auteur propose de concevoir la décolonisation moins comme déconstruction intellectuelle que comme projet politique visant à démanteler cette infrastructure oppressive, et esquisse la notion de « marronnage épistémique » comme voie vers une régénérescence de pensées post-impériales.

Decolonizing Knowledge
An Impossible Injunction?
This article examines the decolonization of knowledge from a political rather than an epistemological perspective. It argues that the coloniality of knowledge stems not from a lack of alternative knowledges, but from a repressive academic infrastructure that sustains Western hegemony. The global university functions as a “concierge” of coloniality through institutional mechanisms (rankings, scientific journals, equivalence systems) that impose the epistemologies of the Global North while marginalizing those of the Global South. The article emphasizes that alternative knowledges have always existed in the South, but that their circulation has been systematically obstructed by the “imperiality of knowledge.” It proposes understanding decolonization as a political project aimed at dismantling this infrastructure and fostering a form of “epistemic marronage” enabling the regeneration of post-imperial thought.

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