Archives par mot-clé : photographe

« Collectif initié en 2013 par deux artistes basés à Kinshasa, nous traversons le vertige des mondes1 ». Ainsi se présentent les Kongo Astronauts. L’équipe est fluctuante, compte entre deux et sept membres selon les besoins et les envies des uns et des autres. Aux commandes : Eléonore Hellio et Michel Ekeba. D’elle-même, Hellio écrit qu’elle « élargit les […]

Penser l’iconotexte de l’effondrement
Comment figurer visuellement les effets des bouleversements qui marquent notre entrée collective dans l’Anthropocène ? Comment saisir l’imminence de ces transformations, sans verser dans une forme de voyeurisme de la catastrophe qui, en se soumettant aux formes du spectaculaire, stérilise toute forme d’action efficace au lieu de la favoriser ? Peut-être en cherchant des images en creux, des images inquiètes, incomplètes, qui suscitent l’interrogation et l’exercice projectif de la pensée et de l’imagination : des images qui ne représentent pas les effets des bouleversements, mais les laissent flotter à la lisière de la représentation. On voudrait ainsi définir les contours possibles d’un iconotexte de l’effondrement qui constitue un nouveau régime d’articulation du visible et du lisible, propre à l’imminence des transformations qui nous guettent.

Thinking Through the Iconotext of Collapse
How can one visualize the effects of the upheavals that mark our collective entry into the Anthropocene? How can one grasp the imminence of these transformations, without falling into the traps of a voyeurism which, by submitting itself to the forms of the spectacular, would sterilize any form of effective action, instead of favoring it? Perhaps by searching for hollow images—worried, disquieting, incomplete images that provoke the interrogation and the projective exercise of thought and imagination: images that do not represent the effects of the upheavals, but leave them floating at the edge of representation. We would like to define the possible contours of an iconotext of collapse which could constitute a new system of articulation between the visible and the legible, peculiar to the imminence of the transformations which are ahead of us.

De Téhéran et d’Ivry

Arash Hanaei, artiste iranien, vit et travaille à Paris depuis quelques années où, dit-il, il est un exilé volontaire. Il a passé une partie de la guerre Iran Irak en Angleterre, lorsqu’il était enfant, puis est retourné dans son pays. Invité à participer à des expositions collectives, organisées en Hollande, en Belgique, en Italie aux […]

Vivre dans les programmes

Vivre dans les programmes
Encore mal connue, l’ampleur des travaux du chercheur Vilém Flusser est pourtant d’une grande importance pour appréhender la situation contemporaine d’un monde numérique risquant d’aboutir à une société automatisée. Analysant la notion de programme depuis des réflexions sur les mutations de la photographie et de l’écriture, Flusser montre, au contraire, comment les artistes pourraient œuvrer au développement d’un « techno-imaginaire » capable de donner du sens à nos « vies artificielles ».

Living in Programs
Still poorly known, the scope of Vilém Flusser’s work is nevertheless of great importance. Flusser helps us to understand how the proliferation of electronic devices poses the risk of an automated society. He analyses the notion of “program” on his basis of his thoughts on the changes in photography and writing. According to Flusser, artists could develop a “techno-imaginary” capable of giving meaning to our “artificial lives”.

Le vivant et l’artificiel

Le vivant
et l’artificiel
Deux tendances sont en train de converger. L’une tend vers la simulation artificielle du comportement vivant dans des objets inanimés. L’autre vers la simulation de cette simulation dans les hommes, pour que ce comportement devienne programmable. Quand ces deux tendances se fondront pour n’en former qu’une, la distinction entre le vivant et l’artificiel deviendra caduque. L’art de la vie deviendra le méta-jeu de toutes les autres disciplines, y compris la science, la technique, la politique et l’art, au sens traditionnel de ce terme.

The Living and the Artificial
Two tendencies are about to converge. One tends towards the artificial simulation of living behavior in inanimate objects. The other one tends towards the simulation of this simulation in humans, so that this behavior becomes programmable. When these two tendencies converge, there will be no distinction left between the living and the artificial. Art will then become a meta-game for all other disciplines, whether they are identified as science, technology, politics or art in the traditional sense.

L’avenir de la crypto-finance
Le pouvoir de la finance ne se limite pas à lever des fonds ou gagner de l’argent. Il constitue aussi une invitation à risquer et à spéculer collectivement pour ouvrir de nouvelles possibilités d’agencement collectif. Pour la majorité d’entre nous, la finance est une pratique prédatrice et extractive, qui prend plus qu’elle ne donne. Mais qu’en serait-il d’une finance fondée sur une logique non pas de la capture et de la prise, mais de l’offre et du don ? Un geste rituel d’offrande – la création d’un intervalle de temps selon la forme dérivée du don – qui initie de nouveaux espaces économiques ?

Economic Space Agency and the Space platform
The power of finance in our hands doesn’t need to be just about raising funds or making money. It can be an invitation to risk and speculate together to open up new possibilities and modes of coming together. For most of us, finance is a predatory and extractive practice that takes more than it gives. But what if at the heart of finance we found a logic of active offering? A ritual offering gesture–the creation of a time interval in the derivative form of a gift –that both opens up and holds open new economic spaces?

La construction du  commun comme politique post‑ capitaliste
Aujourd’hui la planète est confrontée à l’absence de gestion de communs vitaux tels que l’air, le climat, l’eau. Il importe de construire des modalités collectives de gestion de ces communs, impliquant le maximum de parties prenantes. Pour cela, il faut sortir du capitalocentrisme, parallèle au phallocentrisme dénoncé par les féministes, pour lequel le commun serait engendré inévitablement par les contradictions du capitalisme. Il vaut mieux analyser la manière dont le commun se construit progressivement en mettant une ressource en commun quel que soit le régime de propriété. Trois exemples sont donnés : la qualité de l’air dans une ville australienne jouxtant une mine de charbon, où habitants et industriels ont reconnu peu à peu la nécessité de prévenir la pollution ; la menace sur la couche d’ozone qui a été conjurée à la fois par le Protocole de Montréal de 1985 et par une multitude d’actions en ce sens ; le développement des installations solaires domestiques par les citoyens australiens. À chaque fois une communauté d’acteurs s’est formée transversalement aux lignes de clivages de classe, et c’est une prolifération de ces communautés qui peut mettre l’énergie, l’atmosphère et d’autres ressources planétaires en commun. Il faudrait cependant que cette politique ait un nom, pour lequel l’article propose « La construction du commun ».

Commoning as a postcapitalist politics
Today the planet faces a genuine tragedy of the unmanaged “commons” (like air, climate, water). In this article, we explore how the process of commoning offers a politics for the Anthropocene. To reveal the political potential of commoning, however, we need to step outside of the capitalocentric ways that the commons have generally been understood, and that feminist thinkers have denounced as parallel to phallocentrism. We argue that commons can be conceived of as a process—commoning—that is applicable to any form of property, whether private, or state-owned, or open access. We turn to three examples from the past and the present that provide insights into ways of commoning the atmosphere (air quality in an Australian town, the international response to the threat on the ozone layer, the development of domestic solar energy by Australien citizens). We reveal how a politics of commoning has been enacted through assemblages comprised of social movements, technological advances, institutional arrangements and non-human “others.”

Lignes théoriques et iconiques
Lignes théoriques, lignes iconiques, lignes poétiques et politiques. Les théoriciens écrivent droit même quand ils pensent de travers, malgré les zigzags de la recherche. Les artistes et les poètes sont tentés par le dépassement et le déplacement des lignes, car ils en éprouvent plus que d’autres la plasticité, même quand elles sont droites. La richesse plastique et sémantique des lignes devient le terreau d’actions artistiques et politiques.

Theorical and iconic lines
Theoretical lines, iconic lines, poetic and political lines. Theorists write right even when they think crooked, despite the zigzags of the search. Artists and poets are tempted by passing and moving lines, for they experience plasticity more than others, even when these lines are straight. The plastic and semantic richness of lines becomes the breeding ground for artistic and political actions.

Autopsie urbaine
Sur Le Géant de Michael Klier
Le Géant (1982), film de Michael Klier, est un montage d’images de vidéosurveillance et policières, enregistrées dans de grandes villes d’Allemagne de l’Ouest (RFA). Au-delà d’une simple critique dénonciatrice, ce détournement artistique interroge de manière spéculative nos regards de spectateur sur les espaces urbains. En dépassant l’association convenue entre mise en visibilité et capacité de contrôle, il ouvre de nouvelles pistes de réflexion sur les expériences urbaines.

Urban Autopsy
On Michael Klier’s
The Giant
Michael Klier’s film
The Giant (1982) edits images of video-surveillance taken by the police and recorded in West Germany’s larger cities. Beyond a mere critique denouncing police surveillance, this artistic détournement questions in a speculative way our gaze as viewers of urban spaces. By overcoming the clichés associating visibility and control, it breaks new reflexive grounds about urban experiences.

Considérant ce qui s’affirme

Considérant ce qui s’affirme
Sciences et politiques dissidentes du PEROU dans les camps, bidonvilles et refuges de France

Dans cet entretien avec Luc Gwadzinzky, Sébastien Thiery, coordonnateur du PEROU, affirme chercher au contact des migrants et des exclus les formes émergentes de la ville de demain, celle qui fera place à tous ceux qu’exclut la métropolisation. Il s’agit de déplacer le regard, d’englober migrants et habitants dans une même question. La démarche se déplace de site en site, en faisant jurisprudence à partir de chaque cas, en produisant fictions et créations avec migrants, habitants et artistes, en reconnaissant les pratiques d’hospitalité et l’immensité des ressources potentielles qu’elles mobilisent. Un programme de recherche et de formation, l’École des situations, est en préparation.

Considering What Asserts Itself
Dissident Sciences and Politics by Perou in French Slums and Camps

In this interview with Luc Gwadzinzky, Sébastien Thiery, coordinator of the PEROU collective, explains how working with migrants and castaways helps understanding the emergent features of tomorrow’s cities, which will have to find room for all those excluded by our current metropolis. In order to displace our point of view and to develop a common perspective between migrants and locals, their work goes from site to site, generating jurisprudence based on singular cases, producing fictions and creations shared by migrants, locals and artists, documenting the incredibly resourceful wealth of hospitality and solidarity. A research program entitled the School of Situations is in preparation.

Nouvelles réflexions sur le lieu des Sans-État
Calais, son camp, ses migrants

Il s’est passé dans le camp-bidonville de Calais en quelques mois des phénomènes, certes minimalistes mais bien réels, d’aménagement de l’espace, de socialisation, d’échanges avec les habitants et de politisation des occupants, qu’on retrouve en général dans les camps contemporains, mais qui ont eu lieu ici en accéléré. L’exemple de Calais permet de nouvelles réflexions sur le lieu des Sans-État aujourd’hui, sur l’édification d’un nouveau monde dans le monde, peuplé par eux et par ceux qui les accompagnent ou les visitent.

New Thoughts on the Place of the Stateless
Calais, its Camp, its Migrants

Many things have happened in the Calais camp-slum within a few months, small but real and meaningful, in terms of space allocation, socialization, exchanges with the locals and politicization of the migrants — things that are common in many camps but which happened here in a fast-forward mode, and which call for new thoughts on the place of the Stateless, on the construction of a new world within the world, inhabited by migrants, by those who accompany or visit them.

Des cartes Des architectes, professionnels et étudiants, des géographes, des sociologues, la plupart attachés au PEROU, ont passé des mois dans la ville de Calais et dans la Jungle. Devenu-e-s familier-e-s du campement, ayant noué des relations avec les réfugiés, ils et elles ont, selon leur compétences, leur sensibilité, leurs affinités avec les quartiers et […]

Un monde qu’on ne veut pas voir

« Où ressens-tu le chagrin ? – Dans l’âme. – Quelle conséquences tirons-nous de cette localisation ? L’une consiste en ce que nous ne parlons pas d’un lieu corporel du chagrin. Mais nous n’en faisons pas moins allusion à notre corps, comme si le chagrin était en lui. Est-ce parce que nous ressentons un malaise corporel ? Je n’en […]

À contre-courant, Chris Marker

Quand Chris Marker « filme les autres », comme dans Joli mai et autres documentaires, il adhère à une image émancipatrice du peuple, mais ce n’est pas seulement ou ce n’est surtout pas à une image qu’il se rallie. Son travail de cinéaste porte toujours sur la question : comment se font les images et quand s’il s’agit d’image du peuple, comment celui-ci participe-t-il à ces images ? Et pour cela, il ne filme pas le peuple, mais scrute l’ordinaire de son existence, dont il prélève des fragments, quand ces documents visuels et sonores ne sont pas fabriqués de concert avec les gens.

Counter Current, Chris Marker

In his film Joli Mai, Chris Marker displays his attention to the people, their labors, their daily life, each person appearing in his/her singularity, in the great tradition of portrait photography. His gaze was informed by his participation in popular movements, from behind the camera. It multi-plies its angles and captions, rendering the people’s own expression.

Ard-el-Lewa

Entretien avec Hamdy Reda, artiste qui a créé un lieu d’art, Art-el-Lewa, dans le quartier informel très densément peuplé d’Ard-el-Lewa, situé entre deux autres grands quartiers informels Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa est un espace de mise en œuvre de dialogue entre artistes et société. Cet espace indépendant aide les projets artistiques à se réaliser, offre des workshops aux membres de la communauté et aux artistes émergents ; il organise des expositions et reçoit des artistes en résidence ; il encourage les projets qui enrichissent la vie civique et culturelle d’Ard-el-Lewa ; il utilise l’art pour faire avancer les questions d’environnement. Hamdy Reda nous raconte pourquoi et comment il a ouvert cet espace, et quels projets le lieu a hébergés.

Ard-el-Lewa

Interview with Hamdy Reda, an artist who created an art space, Art-el-Lewa, in an informal densely populated area, Ard-el-Lewa, located between two of Cairo’s largest informal areas, Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa is a space for the formation and activation of dialogue between artists and society. This independant agency facilitates artists projects, offers workshops for community members and emerging artists, exhibits art and hosts artists-in-residence in addition to providing special projects to enrich the civic and cultural life in Ard-el-Lewa, and using art to improve the urban environment. Hamdy Reda tells us why and how he opened this space what projects Art-el-Lewa hosted.

Ard-el-Lewa

Entretien avec Hamdy Reda, artiste qui a créé un lieu d’art, Art-el-Lewa, dans le quartier informel très densément peuplé d’Ard-el-Lewa, situé entre deux autres grands quartiers informels Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa est un espace de mise en œuvre de dialogue entre artistes et société. Cet espace indépendant aide les projets artistiques à se réaliser, offre des workshops aux membres de la communauté et aux artistes émergents ; il organise des expositions et reçoit des artistes en résidence ; il encourage les projets qui enrichissent la vie civique et culturelle d’Ard-el-Lewa ; il utilise l’art pour faire avancer les questions d’environnement. Hamdy Reda nous raconte pourquoi et comment il a ouvert cet espace, et quels projets le lieu a hébergés.

Ard-el-Lewa

Interview with Hamdy Reda, an artist who created an art space, Art-el-Lewa, in an informal densely populated area, Ard-el-Lewa, located between two of Cairo’s largest informal areas, Imbiba and Boulak El Dakrour. Art-el-Lewa is a space for the formation and activation of dialogue between artists and society. This independant agency facilitates artists projects, offers workshops for community members and emerging artists, exhibits art and hosts artists-in-residence in addition to providing special projects to enrich the civic and cultural life in Ard-el-Lewa, and using art to improve the urban environment. Hamdy Reda tells us why and how he opened this space what projects Art-el-Lewa hosted.

Manifeste pour des humanités numériques 2.0

Le but visé par ce manifeste, assemblé en 2008 par Jeffrey Schnapp, Todd Presner, Peter Lunenfeld et Johanna Drucker, est d’alimenter le débat sur ce que les humanités peuvent et doivent faire au XXIe siècle, en particulier dans le domaine des luttes culturelles qui sont aujourd’hui largement menées (et gagnées) par les intérêts capitalistes. C’est un appel à affirmer la pertinence et la nécessité des humanités en une époque de coupes budgétaires, alors qu’elles sont plus nécessaires que jamais pour orienter la migration de notre héritage culturel vers des supports numériques, tandis que notre relation aux savoirs et à l’information se transforme d’une façon profonde et imprévisible. Les humanités numériques étudient l’impact social et culturel des nouvelles technologies et jouent un rôle actif dans le design, la mise en œuvre, le questionnement et la subversion de ces technologies.

Digital Humanities Manifesto 2.0

The purpose of this manifesto, assembled by Jeffrey Schnapp, Todd Presner, Peter Lunenfeld and Johanna Drucker in 2008, is to arouse debate about what the Humanities can and should be doing in the 21st century, particularly concerning the digital culture wars, which are, by and large, being fought and won by corporate interests. It is also a call to assert the relevance and necessity of the Humanities in a time of downsizing and persistent requiems of their death. The Humanities are more necessary than ever as our cultural heritage as a species migrates to digital formats. Our relationship to knowledge and information is changing in profound and unpredictable ways. Digital Humanities studies the cultural and social impact of new technologies as well as takes an active role in the design, implementation, interrogation, and subversion of these technologies

La disparition du corps   Cécile Bourne Farrell : Tu sembles très intéressée par la disparition du corps durant la guerre d’Irak et la façon dont certains auteurs comme Paul Virillo dans Esthétique de la disparition ou Werner Herzog, en 1991, Lessons of Darkness, évoquent chacun la disparition des corps. Jananne Al-Ani : Un des moments les […]

Istanbul 2013
Manifestations politiques et valeurs artistiques 
À Istanbul durant l’été 2013, les manifestations politiques de Gezi et les manifestations artistiques de la 13e Biennale ne parlent pas le même langage. Les premières envahissent la ville, les secondes désorientées font retraite. Le déroulé des événements donne l’occasion d’analyser un clivage essentiel entre, d’une part, les valeurs artistiques que peuvent a priori partager les commissaires d’exposition et les artistes qu’ils invitent et, d’autre part, les processus de valorisation des espaces publics et urbains, préalables indispensables à la programmation de tels événements culturels et artistiques.

Istanbul 2013
Political Demonstrations and Artistic Values
In Istanbul, during the summer of 2013, the political demonstrations of Gezi and the artistic exhibitions of the 13th Art Festival fail to find a common language. While the former invade the city, the latter retreat, disoriented. The unfolding of the events display an essential split between, on one side, artistic values, which can be shared between curators and invited artists, and, on the other side, processes of valorization of urban public spaces, necessary to the programing of such cultural events.

Que se passerait-il si nous commencions à considérer les objets d’art d’Afrique comme étant eux-mêmes une diaspora, par opposition à la conception traditionnelle des diasporas qui concerne la dispersion des personnes, à travers le globe, avec leurs spécificités culturelles ? Cet essai propose de conceptualiser une histoire des objets d’art africains en les pensant comme véhicules, à travers le temps et l’espace, des « diasporas d’images ». John Peffer propose en effet d’examiner la production d’objets visuels en Afrique comme objets en mouvement, qui articulent des histoires et des zones culturelles disparates. En cela, il propose d’envisager un continuum pour des arts catégorisés, ailleurs, soit comme « traditionnels » soit comme « contemporains ».

Africa’s Diasporas of Images
This essay addresses the concept of a history for African art objects by thinking them across space and time as vehicles for “diasporas” of images. John Peffer proposes a consideration of African art from the perspective of diaspora, as objects in motion, and as objects that articulate between and across disparate cultural histories and the cultural zones of others. In the process, John Peffer attempts to bridge the continuum spanning arts otherwise categorized as “traditional” or “contemporary”.

Alors pourquoi photographier ce qui n’existe pas ? C’est cela même l’enjeu paradoxal de ces prises de vue. Montrer ce qu’on ne voit pas : des vides urbains ( interstitiels et temporels) repérés par les migrants parce qu’ils y seront invisibles. A ceux qui fréquentent les quartiers populeux des 10, 18, 19èmes arrondissements, il n’échappera pas combien il est difficile de trouver tant d’espaces inoccupés ! Il fallait aller les chercher…, le photographe et le médecin après les Afghans, les uns pour y disparaître, les autres pour leur donner une mémoire.

Dans Paris

Une idée très partagée par les médias et par les associations d’aide, qui veulent dénoncer les politiques d’invisibilité, consiste à penser que les choses sont comme elles sont parce qu’elles sont cachées, et qu’il suffirait de les dévoiler pour que les gens sachent et que la réalité se transforme. Personne n’ignorait ce qui se passait […]

Réunissant les travaux de deux artistes, Clarisse Hahn et Florence Lazar, cette Icône se propose de produire un écart sur la conception du temps. Il s’agit ici de publier des travaux qui se trouvent à la frontière des registres, « images témoins » et interprétations, documents et montages, images analytiques ou sensibles, à chaque fois, […]

Clarisse Hahn

Extrait Clarisse Hahn. Une obscure clarté Si dans les propositions artistiques de Clarisse Hahn et Florence Lazar nous trouvons du commun dans cette manière de défaire le temps, il est aussi bon de souligner qu’il y a des points de fuite, des regards de biais et des écarts entre les deux artistes et leurs productions. […]

L’année 2011 a été marquée par toute sorte d’« occupations » dans le monde et la version carioca de cette année Occupy a été nommée OcupaRio. Ces nouvelles occupations, non seulement des lieux de travail mais surtout des lieux de vie commune, mélangent vieilles et nouvelles formes de luttes. Dans les années à venir Rio […]

De Hanovre à Kinshasa en passant par Nevers, les œuvres réunies dans le numéro 48 de Multitudes évoquent le chaos, c’est-à-dire selon la définition du Littré : « 1. Dans la théologie païenne, confusion générale des éléments avant leur séparation et leur arrangement pour former le monde. 2 Fig. Toute sorte de confusion. » Outre leur goût prononcé […]

Contre-fictions : trois modes de combat

On essaie ici de définir la notion de contre-fiction en esquissant trois types possibles. Les contrefictions initiatrices nous permettent d’imaginer un autre monde possible qui, en suscitant notre désir, nous donne un recul critique sur le monde actuel. Les contre-fictions dénonciatrices s’insinuent dans la production des apparences pour court-circuiter la logique reproductrice du capitalisme consumériste. Les contre-fictions documentaires misent sur la charge de réalité captée par les enregistrements analogiques pour déjouer les clichés informant la programmation de notre réalité par la logique du spectacle.

Counter-Fictions: Three Types of Fights

This article attempts to define the notion of counter-fiction and to sketch three of their possible types. A counter-fiction is a narrative of various lengths carried by various supports (from a graffiti by Banksy to a novel by Wu Ming, from a hoax by the Yes Men to a film by Straub and Huillet) which introduces a fictional component into our actual world, in order to scramble, block or re-route the systemic reproduction of our reality.

Fendre le possible

Les expériences du collectif Action30 C’est dans le contexte problématique décrit par le texte de Pierangelo Di Vittorio dans ce même dossier, à cheval entre une interrogation politique et une interrogation technique, qu’est né dans le courant des années 2000 le collectif Action30. Il s’agit d’un groupe de graphistes, photographes, dessinateurs, vidéastes, musiciens, chercheurs, journalistes […]

Giasco Bertoli, Tennis Courts

Dans ce numéro, la revue Multitudes présente dix-sept photographies inédites de la série Tennis Courts – Tennis Courts, Giasco Bertoli, Nieves, Zurich, 2009. de l’artiste Giasco Bertoli. Il a débuté cette série en 1999 dans le Sud de la Suisse, sa région d’origine, et l’a poursuivie jusqu’à aujourd’hui au gré de ses voyages. Si le […]