La terre à plusieurs Territorialités autochtones et déterminations juridiques australiennes

En Australie la couronne britannique s’est approprié la terre et la fait mettre en culture sans l’acheter aux autochtones, dont les formes de propriété ont été méconnues. Alors que la propriété anglaise est individuelle, les Aborigènes pratiquent une propriété en commun. Les responsables d’un lieu sont multiples et circulent entre les lieux tout en changeant de position hiérarchique. Au nom de leurs droits de propriété, les Aborigènes ont engagé des procès contre les installations minières à partir des années 1970. Un début de reconnaissance juridique est intervenu en 1976. Mais l’extériorité réciproque des autochtones et des Australiens entraîne une multiplication des conflits. Les groupes autochtones préfèrent négocier des solutions partielles et localisées plutôt que de mettre en jeu leurs rapports à la propriété et leur identité.

Indigenous territorialities and Australian legal determinations

In Australia, the British Crown appropriated land without buying it from the aboriginal populations, whose forms of property were not recognized. In contrast with British private and individualized property, theirs is based on common property: numerous people are in charge of a particular territory and circulate from place to place, occupying various hierarchical positions in each of them. Legal actions have been engaged against mining corporations from the 1970, and a beginning of judicial recognition has emerged for aborigines’ rights in 1976, but the exteriority of the two conceptions of property generates countless conflicts. Aboriginal groups prefer negotiating partial and localized solutions rather than engaging in debates about their relation to property and identity.

Préaud Martin

Jeune docteur en anthropologie, ses recherches portent sur les ressorts politiques et culturels de l’autochtonie en Australie, à partir d’une ethnographie des localités organisées en réseaux et des régimes d’action et de représentation des Aborigènes de la région du Kimberley. Entamant un contrat postdoctoral au LAIOS (EHESS), il poursuit ses travaux en les reliant, dans le cadre d’un grand projet comparatif, au mouvement autochtone global et à la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones.