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Le tumulte plébéien Ou la part du dés-ordre en politique, par et

Le tumulte plébéien
Ou la part du dés-ordre en politique
L’interpellation plébéienne est un concept visant à nommer la force politique des soulèvements populaires et des actions directes spontanées. En modifiant le concept althussérien d’interpellation et en le combinant à celui d’expérience plébéienne (Breaugh, 2007), il s’agit de rendre compte de l’auto-interpellation des « sans-part » (Rancière, 1990) par laquelle ils se donnent leurs propres conditions de possibilité dans des actions collectives. Le propre de ces actions est précisément de surgir en dehors des formes ritualisées de constitution de l’espace public. Elles sont intraitables dans ce qu’elles refusent toute catégorisation mais également dans ce qu’elles débordent toute représentation de « vivre-ensemble » de l’ordre politique. Cette forme « sauvage » d’interpellation se manifeste dans des moments de révolte ou de « sécession », d’interruption du cours normal de la reproduction du social. La plèbe doit être saisie pour ce qu’elle est, dans le tumulte vif de sa manifestation.

The plebeian turmoil
Or the share of dis-order in politics
The concept “plebeian interpellation” describes the political strength of popular uprisings and spontaneous direct actions. By modifying the Althusserian concept of “interpellation” and combining it with that of “plebeian experience” (Breaugh, 2007), we wish to offer an account of the self-affirmation of the “those without part” (Rancière, 1990) by which they give themselves their own conditions of possibility through collective action. Such actions arise outside the ritualized forms of the constitution of public space. At the same time, they arise beyond any representation of the political order. This untamed form of interpellation occurs in the context of rebellion or “secessions” that are as many interruptions of the normal course of social reproduction. Yet the plebs must be understood for what it is, in the great tumult of its manifestation.

La plèbe, la multitude et la rente, par

La plèbe, la multitude
et la rente
Le retour de la catégorie de plèbe, qu’on croyait liée à l’empire romain ou aux luttes populaires de l’époque de la Renaissance, tient à la difficulté de catégoriser en termes marxistes, liés à la production, des alliances transversales entre groupes émergents et exclus. La plèbe qui cherche à accaparer les surplus ressemble à la multitude décrite par Toni Negri et Michael Hardt comme surgissant dans les villes pour profiter de la rente urbaine. Ce que décrivent Corten et ses amis n’est-il pas la classe antagoniste du capitalisme cognitif en constitution ? L’image du devenir-plèbe de la multitude, et de la régression vers le capitalisme agro-industriel, programmée avec le Mondial de foot et les Jeux Olympiques, semble très écornée.

Plebeian Politics, Multitude and Rent
The return of the notion of “plebs”, which was mostly used to refer to the Roman Empire or to popular uprisings in the Renaissance, is probably due to the fact that it is very difficult to explain in Marxist terms (based on relations of production) the new transversal alliances between emergent and excluded social groups. In its effort to capture various forms of rent, the plebs is somewhat similar to Hardt and Negri’s multitude jumping out of the cities in order to capture the urban rent. What is described by Corten and his friends as the plebs may be the antagonist class to cognitive capitalism. The image of a becoming-plebs of the multitude, and of a regression towards agro-industrial capitalism, as programed by the World Football Tournament and the Olympic Games, deserves a debate.

« Soulèvements des estomacs », marches sur les frontières, occupations, par