Archives du mot-clé romantisme

La construction du  commun comme politique post‑ capitaliste
Aujourd’hui la planète est confrontée à l’absence de gestion de communs vitaux tels que l’air, le climat, l’eau. Il importe de construire des modalités collectives de gestion de ces communs, impliquant le maximum de parties prenantes. Pour cela, il faut sortir du capitalocentrisme, parallèle au phallocentrisme dénoncé par les féministes, pour lequel le commun serait engendré inévitablement par les contradictions du capitalisme. Il vaut mieux analyser la manière dont le commun se construit progressivement en mettant une ressource en commun quel que soit le régime de propriété. Trois exemples sont donnés : la qualité de l’air dans une ville australienne jouxtant une mine de charbon, où habitants et industriels ont reconnu peu à peu la nécessité de prévenir la pollution ; la menace sur la couche d’ozone qui a été conjurée à la fois par le Protocole de Montréal de 1985 et par une multitude d’actions en ce sens ; le développement des installations solaires domestiques par les citoyens australiens. À chaque fois une communauté d’acteurs s’est formée transversalement aux lignes de clivages de classe, et c’est une prolifération de ces communautés qui peut mettre l’énergie, l’atmosphère et d’autres ressources planétaires en commun. Il faudrait cependant que cette politique ait un nom, pour lequel l’article propose « La construction du commun ».

Commoning as a postcapitalist politics
Today the planet faces a genuine tragedy of the unmanaged “commons” (like air, climate, water). In this article, we explore how the process of commoning offers a politics for the Anthropocene. To reveal the political potential of commoning, however, we need to step outside of the capitalocentric ways that the commons have generally been understood, and that feminist thinkers have denounced as parallel to phallocentrism. We argue that commons can be conceived of as a process—commoning—that is applicable to any form of property, whether private, or state-owned, or open access. We turn to three examples from the past and the present that provide insights into ways of commoning the atmosphere (air quality in an Australian town, the international response to the threat on the ozone layer, the development of domestic solar energy by Australien citizens). We reveal how a politics of commoning has been enacted through assemblages comprised of social movements, technological advances, institutional arrangements and non-human “others.”

Le Souci de la nature. Écoféminismes et éthiques du care.

  Souvent critiqué pour ses positions jugées essentialistes, l’écoféminisme a rapidement été écarté d’un certain nombre de courants féministes, notamment parce qu’on a jugé qu’il proposait une épistémologie de la nature ambiguë, dans laquelle femme et nature étaient dangereusement associées. C’est d’ailleurs la même critique qui a conduit un certain nombre de féministes à rejeter […]

Un nouveau printemps pour l’écoféminisme ?
Convergence des luttes ! Ce mot d’ordre résonne de plus en plus fort chez les résistants au « système ». Mais pourquoi l’écoféminisme, qui justement travaille depuis quarante ans à cette convergence en déployant expériences militantes et renouvellements théoriques, reste-t-il si méconnu ? Cette introduction tente de clarifier les atouts de ce mouvement multiforme tout en exposant les critiques qui lui ont été adressées ; elle suggère aussi quelques pistes pour une possible évolution future.

A New Spring
for Ecofeminism?
A convergence of struggles! This demand resonates with increasing strength among those who resist the “system”. Why then doesn’t ecofeminism, which has attempted to materialize this convergence through activist experiences and theoretical breakthroughs over the last forty years, meet a wider public? This introduction tries to showcase the strengths of this multifarious movement, as well as the criticisms it has had to face. A few possibilities for further evolutions are discussed along the way.

Système probable contre mondes possibles : data-mythologie et environnement

Nombre de discours sur la planète s’appuient sur des données qui conditionnent en tant que telles le récit qu’elles livrent, que caractérisent non seulement une forte empreinte énergétique mais un risque d’appauvrissement ontologique et de marginalisation de l’acte interprétatif, c’est-à-dire une modélisation de nos imaginaires et de l’avenir lui-même.

Probable Systems against Possible Worlds: Data-Mythology and Environment

Much of the earth-related discourse is based on data which, being what they are, condition the narrative they offer. They entail a hefty ecological foodprint, and also a risk of ontological deprivation, and marginalisation of hermeneutics ; that is, they provide unescapable models for our imaginations and of the future itself.

Penser le sécularisme

Ce texte, écrit à la suite des attentats du 11 septembre 2001, tente de redéfinir les notions de laïcité et de sécularisme en marge des grands récits de sécularisation. La modernité laïque n’est ni la simple séparation du politique et du religieux, ni ce qui reste lorsque la religion décline ou s’efface. Dès lors que le concept de « religion » renvoie lui-même à une construction historique qui diffère selon les espaces politiques, l’on doit affirmer que la modernité laïque est la production d’un nouveau partage entre le religieux et le politique, d’une redéfinition de ce qu’est censé être la « religion » et, avec elle, l’éthique et la politique. Le texte discute ensuite le libéralisme politique de Charles Taylor de façon critique. L’unité de la modernité politique n’est pas factuelle, c’est l’unité d’un projet moderne : elle a un but politique dont l’hégémonie se lit dans le fait que les peuples extra-européens sont perpétuellement invités à s’y mesurer. Cette analyse dessine enfin la voie d’une anthropologie du sécularisme défini comme une doctrine qui cherche à émanciper la sphère publique d’un religieux oppressif, mais aussi et surtout comme une forme de vie laïque : un ensemble d’attitudes spécifiques, un certain rapport au corps et à la souffrance ainsi qu’un modèle de subjectivité.

Thinking about secularism

The text was written at the aftermath of 9/11. It tries to redefine secularism without presupposing any narrative of the decline of religion. Secular modernity is neither the mere separation of politics and religion nor what remains after religion has withered away. Insofar that the concept of “religion” is itself a historical construction, secularism can be seen as the production of a new binary division between the secular and the religious, as a redefinition of what religion, ethics and politics are supposed to be. The text critically engages with Charles Taylor’s political liberalism. It then asserts that modernity is a hegemonic political project forcing non-European people to measure themselves to it. It eventually paves the way for an anthropology of secularism defined as both a political doctrine and a form of life – a set of attitudes, a specific relationship to the body and pain, and a mode of subjectivity.

Évaluer l’architecture ?
Évaluer l’architecture populaire ramène invariablement au savant, quelle que soit la variété des regards (confrontation, imitation, altération, recours, fascination ou rejet), à l’extrême construction savante du populaire et construction populaire du savant. Mais le désir d’architecture renvoie rarement à un désir d’architecte : quand et comment une œuvre architecturale échappe-t-elle à son auteur pour devenir signe d’une culture que chacun se sera appropriée ?
Evaluating Architecture?
Evaluating popular architecture invariably brings back to the scholar, whatever the variety of looks (confrontation, imitation, alteration, use, fascination or rejection) to the extreme scholarly construction of the popular and popular construction of the scholar. But the desire for architecture rarely refers to an architect’s desire: when and how can an architectural work escape from its author to become the sign of a culture that everyone will be in a position to re-appropriate?

La plénitude drastique
du devenir-indien
À partir d’auteurs comme Negri, Cocco, Viveiros de Castro et Fanon, cet article discute le devenir-indien comme un concept pour les forces expressives de luttes et de réinvention dans le Sud. À travers de formes concrètes d’intervention, on analyse un mode de résistance à la fois créatif et alternatif, qui prend le contre-pied de l’actuel agenda capitaliste et néo-développementiste.

The radical plenitude of becoming-Indian
Feeding from authors like Negri, Cocco, Viveiros de Castro and Fanon, this article discusses “becoming-Indian” as a concept for the expressive forces of struggles and reinvention from globalization’s South. Tracing the concrete forms of intervention, we analyze a mode of resistance which is at the same time creative and alternative, in sharp contrast to the current capitalist and “neo-developmentalist” modernization agenda.

Note bien :
je ne suis personne
Que veulent les manifestants d’Occupy Rio ? Quelle est cette nouvelle atmosphère de la rue ?
Les pauvres affirment qu’ils ne sont pas jetables et qu’ils campent là. Il s’ensuit une transformation de la sensibilité sociale, selon des modèles de vie minoritaires et multiples qui s’entrechoquent. Il s’agit d’un nouvel éros au cœur de la ville, de la venue à la politique de toute une génération, qui exprime de nouvelles formes de vie et dont il faut fortifier les ouvertures.

Take good note :
I am nobody
What do the demonstrators of Occupy Rio want? What is this new atmosphere in the streets? The poor claim they are not throwaways, and they camp in the street. Social sensibilities are transformed, in line with new minoritarian forms of life, multiple and strongly contrasted. A new Éros emerges from the heart of towns, with the coming of age of a younger generation, asserting new expectation, paving new ways for unpredictable tomorrows.

Si vient l’hiver, le printemps peut-il être loin ?

Si vient l’hiver, le printemps peut‑il être loin ?
Cet article présente le dossier « Politiques Romantiques » en définissant le romantisme comme une pensée risquée. Pour l’auteur, le romantisme est la figure avancée d’une aventure collective de l’intellect et des sens, le chargeur sensible et intellectuel d’un corps politique révolutionnaire.

If Winter comes, can Spring be far behind ?
This essay introduces the special issue of Multitudes about “Romantic Politics”. For the author, Romanticism is a dangerous thought, the advanced figure of a collective adventure concerning the intellect and the senses, the sensitive magazine of a revolutionary political body.

La blessure de l’événement

C’est toujours depuis des bouleversements sensibles que surgissent les forces de libération politique. Notre tâche est de penser des politiques qui soient dignes de la blessure de l’événement. Cela en passe par l’épreuve in-humaine de corps « expeausés » aux forces démesurées de mondes naissants, exigeant l’invention d’idiomes et d’espacements inouïs. Ces politiques pourront être dites romantiques si elles s’ouvrent à l’expression incommensurable des écarts sublimes de la Nature, à son mouvement d’inadéquation. Seules des politiques cosmiques peuvent accueillir l’excès du sensible et l’épreuve toujours renouvelée de l’Inconnu.

The Wound of the Event
It’s always from sensitive events that loom the forces of a political liberation. Our task is to think politics worthy of the wound of the event. It requires the un-human experience of bodies exposed to the excessive forces of coming worlds, the invention of idioms and incredible distancings. These politics could be said romantic if they are open to the incommensurable expression of the sublime gaps of Nature, to its movement of incompatibility. Only cosmic politics can host the excess of the sensible and the always-new experience of the Unknown.

Pénibles absences

Par quelles voies nous est-il possible d’accéder au romantisme ? La pensée contemporaine est marquée par plusieurs tendances qui voient s’opposer la nécessité d’un geste, d’une incitation imaginaire, et la prudence d’une interruption liée à l’histoire politique des fictionnements. Ces tensions héritent en partie de l’expérience surréaliste et de ses dissidences. En revenant sur la querelle entre Breton et Bataille autour de la poésie, ce texte propose de revenir là où la question romantique s’est heurtée à son impossibilité.

Painful Absences
How can we access Romanticism ? Contemporary thought knows many tendencies opposing the necessity of a gesture, an imaginary incitation, and the caution of an interruption linked with political History and its fictions-making. These tensions partially inherit from the Surrealist experience and its dissidents. Returning on Breton and Bataille quarrel apropos poetry, this essay confronts Romanticism to its own impossibility.

Cet article soutient que la relation du Romantisme à la souveraineté politique doit être comprise à travers ce que l’auteur appelle une autopoïèse matérialiste. La poésie de William Blake théorise une telle autopoïèse comme la forme auto-organisatrice des multitudes, une forme qui déplace le souverain et créé un pouvoir politique non théologique.

Allegory of the Multitudes ; or, William Blake as Failed Housekeeper
This essay argues that Romanticism’s relationship to political sovereignty needs to be understood through what the author calls a materialist autopoeisis. Williams Blake’s poetry theorizes such an autopoeisis as the self-organizing form of the multitudes, a form that displaces the sovereign and creates a non-theological political power.

Dans un texte dédié à Thoreau, Emerson, Stanley Cavell et Terrence Malick, Sandra Laugier décrit un romantisme de la démocratie, nouveau et sceptique, par lequel l’éloignement du monde se résout dans l’appropriation du commun. Voilà qui exige de renoncer au romantisme « européen » de l’exaltation du moi et de l’affect.

A Romanticism of Democracy 
From Thoreau to Malick
In an essay devoted to Thoreau, Emerson, Stanley Cavell, and Terrence Malick, Sandra Laugier describes a new and skeptical Romanticism of Democracy that transforms the distance from the world into the appropriation of the common. Such transformation requires giving up with the “European” Romanticism, its exaltation of the Ego and of the affect.

Wordsworth est peut-être le penseur le plus radical de la poésie démocratique – une poésie bien au-delà de la fiction de la poésie comme World Wide Web. L’auteure soutient que le romantisme est un discours qui entretient la vie humaine dans le langage. Le romantisme survit en incluant dans l’humain une vie non-encore-humaine qui dépasse l’homme sans le renier.

Naked Language, Naked Life
Wordsworth’s Rhetorical of Survival
Wordsworth is maybe the most radical thinker of democratic poetry – a poetry far in excess of the fiction of poetry as a world wide web. The author argues that Romanticism is a discourse that sustains human life in language. Romanticism survives in including in the place of the human a not-yet-human life.

Dans cet entretien, Michael Hardt et Saree Makdisi traitent d’un Romantisme qui va au-delà de sa traditionnelle identification avec le nationalisme et l’individualisme bourgeois. Utilisant le concept de multitude comme point d’accès, la conversation qui s’en suit touche à la question des Romantismes non occidentaux, l’échec des idéologies nationalistes, les formes collectives radicales, l’imagination spinoziste, et l’esthétique anticapitaliste en tant que traces d’un Romantisme alternatif. Ces traces déplient des affinités et des tensions largement sous-théorisées entre le Romantisme et le travail de Marx, Gramsci, et Saïd.
Romanticism and Multitudes
Politics of Language
In this interview, Michael Hardt and Saree Makdisi engage a Romanticism that goes beyond its traditional identification with nationalism and bourgeois individualism. Using the concept of the multitude as an entry point, the ensuing conversation touches on non-Western Romanticisms, the failures of nationalist ideology, radical collective forms, Spinoza’s imagination, and anti-capitalist aesthetics as traces of an alternative Romanticism. These traces open out towards largely undertheorized affinities and tensions between Romanticism and the work of Marx, Gramsci, Said, and others.

À mi-chemin entre l’art et la philosophie, Défaire l’image esthétique de l’art est appréhendé, non pas « d’après » mais après Deleuze et Guattari, sous l’idée de régime, d’agencement ou de « pensée diagrammatique ». Indissociable du déplacement de l’analyse à partir des œuvres et des pratiques (de création et de réception), la recherche donne lieu à une multiplicité d’essais proposant autant d’expériences de pensée par l’art contemporain. La Pensée-Matisse et la Pensée-Duchamp sont ainsi mises en tension d’un champ de forces « rechargé », depuis les années 1960, par les options micropolitiques dont relève la problématisation critique et clinique de l’art. Le mode d’emploi passe par Daniel Buren, Gordon Matta-Clark et Günter Brus, avec la lignée brésilienne de Hélio Oiticica à Ernesto Neto.

Undoing the Image
Of Contemporary Art
Halfway between art and philosophy, this attempt to Undo the aesthetic image of art is less “drawn from” than “taken after” Deleuze and Guattari, in terms of regimes, assemblages and diagrams. Linked to a displacement of works and practices (of creation and reception), this research provides a multiplicity of thought-experiences generated by and through contemporary art. Matisse-thinking and Duchamp-thinking constitute a field of forces recharged, from the 1960s on, with micropolitical options in critical and clinical problematizations of art. A User’s Manual would include Daniel Buren, Gordon Matta-Clark and Günter Brus, along with a Brazilian line of artists going from Hélio Oiticica to Ernesto Neto.

À la fois grandiose et ironique, la Troisième Symphonie de Gustav Mahler incarne tous les paradoxes du postromantisme. Bâti sur le contraste stylistique entre « haute » musique et musique vulgaire, le premier mouvement indique la perspective depuis laquelle la mégalomanie romantique peut devenir authentiquement révolutionnaire : la perspective minoritaire. La Symphonie donne ainsi une image de la « grande politique » dont notre temps serait capable.

Mahler as a Prophet
Both grandiose and ironic, Gustav Mahler’s Third Symphony epitomizes all the paradoxes of post-romanticism. Build on the stylistic contrast between “high” music and common one, the first movement of the Symphony points out the perspective from which the romantic megalomania can become something really revolutionary : the minority-perspective. Thus the Symphony shows how “grand politics” is nowadays still possible.

ment of incompatibility. Only cosmic politics can host the excess of the sensible and the always-new experience of the Unknown.

Frédéric Bisson
Mahler prophète
À la fois grandiose et ironique, la Troisième Symphonie de Gustav Mahler incarne tous les paradoxes du postromantisme. Bâti sur le contraste stylistique entre « haute » musique et musique vulgaire, le premier mouvement indique la perspective depuis laquelle la mégalomanie romantique peut devenir authentiquement révolutionnaire : la perspective minoritaire. La Symphonie donne ainsi une image de la « grande politique » dont notre temps serait capable.

Mahler as a Prophet
Both grandiose and ironic, Gustav Mahler’s Third Symphony epitomizes all the paradoxes of post-romanticism. Build on the stylistic contrast between “high” music and common one, the first movement of the Symphony points out the perspective from which the romantic megalomania can become something really revolutionary : the minority-perspective. Thus the Symphony shows how “grand politics” is nowadays still possible.
Michael Löwy
William Morris, romantique révolutionnaire
La caractéristique centrale du romantisme comme vision du monde est la protestation culturelle contre la civilisation industrielle capitaliste moderne au nom de certaines valeurs du passé. Le socialiste anglais William Morris (1834-1896), artiste, écrivain, penseur politique, auteur du célèbre roman utopique Nouvelles de nulle part, est un des plus éminents représentants de la variante révolutionnaire du romantisme.

William Morris, a Revolutionary Romanticist
The central trait of romanticism as a worldview is the cultural protest against the modern industrial capitalist civilization in the name of certain values from the past. The English socialist William Morris (1834-1896), artist, writer, political thinker, author of the utopian novel News from Nowhere, is one of the most distinguished representatives of the revolutionary form of romanticism.

La politique romantique de l’éducation, de Rousseau à Freinet en passant par Jacotot et l’école mutuelle, affirme l’égale capacité à apprendre de tous. Elle en fait une ressource pour un enseignement collectif. À partir de ce postulat des expériences significatives ont existé, à l’écart d’une institution scolaire qui hiérarchise les intelligences et les borne. L’aventure pédagogique romantique devient une bataille solitaire, paradoxe pour le projet d’organiser l’apprentissage ensemble.

Are Inventors of Learning Methods Romantic Heroes ?
Romantic education politics, from Thoreau and Rousseau to Freinet, through by Jacotot and mutual schools, stands for the equal capacity of everybody to learn from everybody. This equality in learning capacity is used as a resource for a collective learning. From this hypothesis, significant experiences existed, apart from the school system in which the hierarchy between intelligences is developed. The romantic pedagogical adventure becomes a lonely battle, which is paradoxical for a project to organize collective learning.

Les nouvelles luttes de classes relatives à la propriété de l’information opposent désormais la classe des hackers, qui créent, inventent, explorent, découvrent, à la classe vectorialiste, qui, en s’étant approprié l’accès aux vecteurs de communication, dispose seule des moyens de réaliser la valeur de ces créations. Les pratiques des réseaux libres, la spontanéité du travail gratuit, l’analogie du jeu : tout cela semblait jouer contre les anciennes formes de pouvoir vectorialiste, mais se trouve désormais mis au service de nouvelles formes d’exploitation. Seul un financement universel de nos besoins sociaux fondamentaux peut assurer la reproduction de nos biens intellectuels communs.

New Strategies of the Vectorialist Class
New class struggles around ownership of information oppose the Hacker class, which creates, invents, explores, researches, discovers, to the vectorialist class, which privatizes access to the vectors of communication and circulation, and which is alone in position to realize the value of such creations. Practices of free networks, spontaneous free labor, and “playbor”, which worked against old forms of vectoral ownership, are being re-appropriated by new forms of exploitation. Only a universal financing of our basic social needs can guarantee the reproduction of the commons.

Le mouvement d’activistes de l’internet
connu sous le nom d’Anonymous partage toute une série de
caractéristiques avec les mouvements
luddites, qui s’opposaient
aux implications socio-économiques
de la machinisation au xixe
siècle. Que nous apprend ce parallèle,
ainsi que les différences qu’il fait
apparaître ? À penser autrement les
rapports entre le nom, le masque, la
fiction et le soulèvement.

The Imaginary
of Anonymous,
from Luddism
to V for Vendetta

The movement known as Anonymous
shares a surprising lot of characteristics
with the Luddite movements,
famous for opposing the socioeconomic
consequences of industrialization
in the 19th century. What
can we learn from this parallel, as
well as from the specificity of each
movement? Another way of understanding
the relations between names,
masks, fictions and uprisings.

De Hanovre à Kinshasa en passant par Nevers, les œuvres réunies dans le numéro 48 de Multitudes évoquent le chaos, c’est-à-dire selon la définition du Littré : « 1. Dans la théologie païenne, confusion générale des éléments avant leur séparation et leur arrangement pour former le monde. 2 Fig. Toute sorte de confusion. » Outre leur goût prononcé […]

Les ONG développent des représentations inadéquates dans le cas du phénomène dit des «enfants des rues», pour susciter la compassion nationale et l’apport de fonds. Les «enfants des rues» sont en fait des adolescents ou de jeunes adultes. La rue est le principal lieu de socialisation près des mosquées, des marchés, des gares et des aéroports, des parkings, des terrains vagues, des usines désaffectées. Les errants perpétuent la mémoire locale, lient les lieux de manière réversibles. Ils sont un élément fondamental
de la société qui ne peut pas être traité de manière ethnique. L’approche clinique est indispensable.

The Compassion of NGOs for “Street Children”

NGOs develop inadequate representations of the so-called “street children” phenomenon, to arouse national compassion and funding. “Street children” are actually teenagers or young adults. The street is the main area of socialization, near mosques, markets, stations and airports, parking lots, wasteland, disused factories. These wanderers perpetuate local memory, and create reversible links between places. They are a fundamental element of society and cannot be treated in an ethnic perspective. A clinical approach is indispensable.

Notre temps souffrirait d’un déficit de mesure. Ce diagnostic est partagé par de nombreux penseurs et militants qui voient dans le déchaînement de la technique les causes de nos malheurs. Faudrait-il, comme le proposait Hans Jonas dans Le Principe Responsabilité (1979), réenchaîner Prométhée ? Prométhée le mythique voleur de feu, coupable – via Pandora – de la […]

Entretien avec Simon Boudvin

Caroline Soyez-Petithomme : Ta sélection de photographies puise dans deux séries qui illustrent la reconversion des avions (pages 1 à 7) et des châteaux d’eau (pages 42 à 47). Le thème et l’organisation sérielle ou typologique évoquent l’œuvre de Bernd et Hilla Becher. Outre cette référence, pourquoi ces bâtiments ou ces appareils t’intéressent-ils ? Simon […]

Penser le commun qui protègeToutes les associations sociales de l’histoire, depuis les hordes originelles jusqu’aux empires mondiaux, sont explicables, du point de vue systémique, comme des structures de coimmunité. L’élément rationnel de cette évolution tient au reformatage à plus grande échelle de ce qui nous est propre. Cela nous pousse aujourd’hui vers une macro-structure des immunisations globales : le coimmunisme.

Global co-immunity. On the Need to Elaborate a Protective Common

All social associations in history, from the original herds until world empires, can be considered, from a systemic point of view, as structures of co-immunity. The rational aspect of this evolution is to be found in the reformatting, on a larger scale, of what is “ours”. Today, this leads us towards a macro-structure of global immunization: co-immunism.

(Blanchot, Duras, Foucault)Expérience de la disparition, la communauté est, selon Maurice Blanchot, «inavouable» : elle se dérobe à la possibilité même d’être définie. En prenant appui sur le roman de Marguerite Duras, La maladie de la mort, il considère que le couple formé par la narratrice et son amant homosexuel est emblématique de cette impossibilité. Cet exemple révèle qu’il n’est de communauté sans imaginaire et que la loi et son sujet sont coextensifs, non pas de ou dans la communauté, mais comme communauté.

The Shadow of the Law. (Blanchot, Duras, Foucault)

The notion of community is an experience of disappearance, which Maurice Blanchot calls “undisclosable”. It constantly shirks the process of being defined. Based on his interpretation of Marguerite Duras’ novel The Malady of Death, Maurice Blanchot considers that the couple made of the narrator and her homosexual lover exemplifies the impossibility to capture the meaning of community. This shows that there is no community without imaginary. The law and its subject are mutual extensions neither of a community nor in a community but as a community.

Les tendances globales du capitalisme après la reconversion industrielle des années 80 ont porté l’information et la connaissance au centre des rapports de production de la nouvelle économie. Les activités cognitives, immatérielles et relationnelles gagnent de l’importance dans la production de la valeur marchande[1]. En Europe, cette conception économiste s’est concrétisée lors de la déclaration […]

En partant des textes du Colectivo Situaciones sur les mouvements d’insurrection de décembre 2001 en Argentine, cet article cherche à reposer la question de la critique institutionnelle à partir d’une réflexion sur des pratiques destituantes. Loin de se laisser réduire à la visée d’une réinstitution, c’est-à-dire d’un remplissage des fonctions classiques de pouvoir politique, ces […]

Défaire l’image

L’art contemporain est issu de la radicalisation d’une crise ouverte par l’art moderne (Manet, Seurat, Cézanne) concernant la double identité sensible de l’art puisqu’elle engage d’un même mouvement sa forme-image et sa forme-esthétique. Cette crise a conduit Matisse et Duchamp à « défaire l’Image » en tant qu’elle se définit par la Forme dans une […]