Archives par mot-clé : esthétique

La lutte actuelle de milieux universitaires contre le projet de Loi pluriannuelle de programmation de la recherche (LPPR) respecte un rituel désormais bien connu. Nos différents gouvernements successifs (UMP, LR, PS, LREM) sortent de leur manche une « réforme » censée améliorer la « compétitivité » de la recherche et des universités françaises par rapport à leurs concurrentes étrangères. […]

All Incomplete

All Incomplete
Tirant son titre du prochain manifeste à paraître des deux auteurs, ce bref article met en relief la complicité intellectuelle entre Stefano Harney et Fred Moten au sein de nos sensibilités contemporaines. Il suggère quelques façons de les entendre dialoguer ensemble – entre eux, avec nous, parmi nous.

All Incomplete
Drawing its title from the forthcoming book by the two authors, this brief article stages and echoes the intellectual complicity displayed by Stefano Harney and Fred Moten within our current modes of sensibility. It suggests a few ways of listening to the common dialogue they share—with each other, with us, among us.

Fanny Durand présente deux séries de pièces, la première plus ancienne revisite les ornements des uniformes militaires, la seconde exhume les images oubliées des Amazones des temps présents. Les bijoux L’artiste s’intéresse aux bijoux de ces messieurs, ceux qu’ils arborent sur leurs tenues militaires. Ces guerriers s’honorent de porter de telles parures qui les distinguent, […]

Le parti pris des publics
Au carrefour entre une longue tradition théorique (de Benjamin à Rancière) et le contexte contemporain de la culture numérique, nous nous demandons si nos publics sont pris dans les filets de la production – institutionnelle, marchande, individualiste – ou bien s’ils leur échappent largement en tant que processus attentionnels collectifs animés par un dynamisme et une diffusion imprévisibles.

On the Publics’ Side
In the middle of a long-running theoretical tradition (from Benjamin to Rancière) and within the contemporary frame of our digital culture, we ask ourselves if our publics are caught into the net of production—institutional, commercial, individualist—or rather if they slip away as collective attentional processes lead by unpredictable dynamism and spread.

Manières de faire des publics
La littérature est restée rivée à un modèle simpliste où il ne serait question que de la transmission d’un texte d’un auteur à ses lecteurs. Néanmoins, son fonctionnement social implique plutôt un écosystème complexe et empirique de relations que Christophe Hanna nomme « public ».

Ways of Making Publics
Literature is still glued to a simplistic model describing the literary world as the transmission of a text from an author to his readers. But the way it socially works outlines a wider empirical ecosystem of relations that Hanna calls a “public”.

Créer des publics
Cet article commence par survoler quelques définitions possibles de ce que sont « les publics », et en quoi on peut les considérer non en termes de données, mais en termes de réalités construites par des infrastructures de médiation. Il envisage ensuite quelques-unes des modalités possibles de l’instauration des nouveaux publics dont nos sociétés auraient besoin pour mieux réaliser leurs idéaux démocratiques.

Creating Publics
This article begins by outlining some possible definitions of what “publics” are, and how they can be considered not in terms of preexisting audiences, but in terms of realities constructed by infrastructures of mediation. The paper then considers some possible ways of creating the new publics that our societies need better to realize their democratic ideals.

Netflix :
une télé ameliorée ?
Si on analyse les stratégies publicitaires de la plateforme Netflix il devient possible de mieux comprendre le modèle de spectateur que celles-ci façonnent. En étudiant la comparaison avec la chaine câblée HBO mais aussi le matériel de la campagne promotionnelle TV Got Better, nous observons les promesses que Netflix adresse à son public potentiel (plénitude, participation, prestige et personnalisation) ainsi que son encouragement des pratiques de visionnement « en rafale ».

Netflix :
TV got Better ?
If one analyzes the promotional strategies of Netflix, it’s possible to grasp the model of spectatorship that such strategies outline. While studying the comparison with subscription cable channel HBO and promotional materials such as TV Got Better campaign, we observe the promises that Netflix offers to its public (plenitude, participation, prestige and personalization) as well as the way it spreads binge watching practices.

Lire en ligne
Séries TV, déplacement des rapports de genre

Les séries TV, déplacement des rapports de genre
À la différence du cinéma, les séries TV, genre mineure, regardé dans l’univers domestique, ont mis souvent en avant les femmes. À partir de la série Buffy, leurs héroïnes échappent aux stéréotypes de genre et allient violence, souci des autres et affirmation d’un pouvoir collectif. Au tournant du siècle certaines séries deviennent féministes et accompagnent la transformation de la vision des femmes, de leur âge, de leur orientation sexuelle, de leurs appartenances sociale et raciale. Il y a même des vieilles et des méchantes. L’article détaille ces transformations dans l’évocation concrète des séries de référence.


How TV Series Transform Gender Relations
Unlike cinema, TV series, as a minor genre watched in the domestic universe, often put women in the spotlight. Starting with the series Buffy, their heroines escape gender stereotypes and combine violence, care for others and affirmation of collective power. At the turn of the century, some series became feminist and accompanied the transformation of women’s image, their age, sexual orientation, social and racial background. There are even old and mean women. The article details these transformations in the concrete evocation of the reference series.

Quel nouvel espace rituel pour le XXIe siècle ?
Chaque époque se caractériserait par des dispositifs rituels de rassemblement des publics qui reflètent une certaine configuration socio-politique : du rassemblement collectif de la tradition théâtrale au modèle individualisé de l’exposition dans le contexte moderne. Comment rassembler des publics face aux défis de notre siècle ?

What is the New Ritual Space for the 21st Century?
Every historical period is caracterised by rituals gathering publics that mirrors a specific socio-political configuration: from the collective gathering of the tradition of theatre to the individualised model of the exhibition in the moderne context. How to gather the publics in front of the challenges of our century ?

Lecture en ligne
Entretien Gaetane Lamarche-Vadel/Nicolas Frize, le 2 juin 2020
Écriture et plasticité du son

La partition promesse de relations GLV : Je voudrais revenir sur la plasticité des sons tels que tu les as traduits pour la revue Multitudes1, en couverture spécialement. On y découvre de vraies peintures et dans les pages intérieures d’autres partitions d’une écriture très plastique. Es-tu compositeur et peintre ? As-tu une double formation au conservatoire de […]

L’hétérogènese différentielle
Formes en devenir
entre mathématiques,
philosophie et politique
Cet entretien avec le mathématicien Alessandro Sarti presente les enjeux théoriques et politiques de la recherche autour du phénomène de l’heterogenèse différentielle. En lien avec les pensées philosophiques de Deleuze et Simondon, cette notion tente de décrire différemment la genèse des formes vivantes à la croisée des sciences naturelles et sociales.

Differential heterogenesis
Becoming forms between  mathematics, philosophy and politics
This interview with the mathematician Alessandro Sarti discuss the theoretical and political implications of the research around the issue of the differential heterogenesis. Connected to the philosophical thoughts of Deleuze and Simondon, this notion try to describe differently the genesis of living forms between natural and social sciences.

Partitions
« Impressions… d’être »

Partitions originales pour instruments, objets sonores, voix et bandes parfois, extraites de plusieurs oeuvres (nomenclature non indiquée) Partitions intégrées à l’intérieur de photographies extraites de la résidence « Impressions… d’être » effectuée dans les imprimeries d’Île‑de‑France : Idn, Pop, Newsprint, Stipa, Dila (travail graphique particulier) Transcriptions graphiques d’états musicaux, additionnant des contextes sonores rencontrés en […]

Quand les arts détournent l’intelligence artificielle

Quand les arts détournent l’intelligence artificielle
Dans le sillage de Chris Marker ou de Grégory Chatonsky, de plus en plus d’artistes contemporains pratiquent la réappropriation, le détournement, l’usage critique de l’intelligence artificielle. Grand connaisseur des arts numériques, Fabien Zocco est l’un d’entre eux. Il est l’auteur, avec le réalisateur Gwendal Sartre, d’Attack The Sun, film dont des dialogues ont été générés par une IA au cours même du tournage qui suit la dérive d’un youtuber californien paraissant sombrer dans une folie de tuerie. L’enjeu : éprouver « de l’intérieur » des outils contemporains comme l’IA pour « escompter ensuite analyser et déconstruire leurs effets ».

When the arts hijack artificial intelligence
In the wake of Chris Marker or Grégory Chatonsky, more and more contemporary artists practice reappropriation, hijacking and critical use of artificial intelligence. A great connoisseur of digital arts, Fabien Zocco is one of them. He is the author, with the director Gwendal Sartre, of Attack The Sun, film whose dialogues were generated by an AI during the very shooting which follows the drift of a Californian youtuber seeming to sink into a madness of killing. The challenge: to experiment “inside” contemporary tools like AI to “then expect to analyze and deconstruct their effects”.

Restituer = relier, habiter
La pensée cosmopolite de  Felwine  Sarr

Restituer = relier, habiter
La pensée cosmopolite de Felwine Sarr
On connaît Felwine Sarr pour la publication de son rapport sur les restitutions d’objets d’arts africains, codirigé avec Béatrice Savoy et paru en 2018. On connaît moins son œuvre poétique, fictionnelle et philosophique. Cet article entend resituer sa réflexion sur la restitution dans une pensée plus vaste sur la relation, où l’objet d’art est entendu comme un « passeur de cultures », ainsi que dans une pensée du lieu, éminemment locale et cosmopolite tout à la fois.
 
To restore = to connect, to live
Felwine Sarr’s cosmopolitan thinking
Felwine Sarr is known for the publication of his report on the restitution of African art objects, co-directed with Béatrice Savoy and published in 2018. His poetic, fictional and philosophical work is less well known. This article seeks to place his thinking on restitution within a broader reflection on the relationship, where the art object is understood as a “cultural courier” and in a thought of place, eminently local and cosmopolitan at the same time.

Exploitation sexuelle, violence, pédophilie, pornographie, exhibition, la justice est sommée de se prononcer sur ces atteintes multiples à la loi par des artistes, comme si deux lois entraient de plus en plus souvent en conflit : la loi des tribunaux nationaux, inévitablement convoquée par les tenants d’un certain ordre, et pas seulement moral, d’une part, et […]

« Collectif initié en 2013 par deux artistes basés à Kinshasa, nous traversons le vertige des mondes1 ». Ainsi se présentent les Kongo Astronauts. L’équipe est fluctuante, compte entre deux et sept membres selon les besoins et les envies des uns et des autres. Aux commandes : Eléonore Hellio et Michel Ekeba. D’elle-même, Hellio écrit qu’elle « élargit les […]

Se soigner en  soignant  la  terre

Se soigner en soignant la terre
Les Amérindiens de Guyane française et les Aborigènes d’Australie, comme d’autres peuples autochtones du monde réinsvestissent leurs savoirs médicinaux traditionnels et réélaborent des rituels pour se soigner et prendre soin de la terre. Comme Starhawk et les Wicca aux USA, en Europe aussi, de la Pologne à la France, des rites de bien-être et de renouage de liens avec la terre se réinventent, que ce soit par la musique et la danse, les festivals de chamanisme ou les ZAD qui réenchantent la manière d’habiter le milieu.

Healing by taking care of the land
Native Americans from French Guiana and Indigenous Australians, like many other Indigenous peoples of the world re-invest their traditional medicinal knowledge and re-elaborate healing rituals to take care of their people and their land. Like Starhawk and the Wicca in US, in Europe also, from Poland to France, rites for well-being and relinking with the earth are reinvented either through music and dance, in festivals of shamanism or in the Zones to Occupy (ZAD) who re-enchant the way inhabitants live with their milieu.

Dans Le Mouton enragé (1974) de Michel Deville, Claude (alias Jean-Pierre Cassel) fait remarquer à son ami Nicolas (alias Jean-Louis Trintignant), en proie à des difficultés financières : « C’est pas de l’argent qu’il te faut, c’est une situation. »1 En milieu urbain, dans les soirées, les cafés ou les restaurants, la socialisation des membres des classes moyennes […]

Lire et vivre dans les ruines : Tsing et Sebald
À partir du Champignon de la fin du monde d’Anna Tsing, ce texte interroge l’imaginaire résolument optimiste de découverte et de reconquête nourrie par l’attention à ce qui échappe à la destruction, propre à plusieurs travaux récents. Revenant sur la position du chercheur avide de nouveaux récits, soucieux également de ne pas les écraser sous des jugements déterminant a priori ce qui compte et ne compte pas, au risque de les étouffer, l’article invite cependant à ne pas négliger la dimension de perte associée aux catastrophes passées et en cours. À cet égard, il convoque d’autres voix, en dehors des sciences sociales, en particulier celle de l’écrivant allemand W.G. Sebald, lequel accorde une place très importante aux ruines et à la remémoration des mondes perdus, de ce qui a compté pour les disparus, tel l’inlassable effort caractérisant la vie au sein des milieux fragiles.

Reading and Living in the Ruins: Tsing and Sebald
Musing from Anna Tsing’s Mushroom of the End of the World, this article questions the resolutely optimistic imagination of discovery and reconquest nourished by the “arts of attention” to what escapes the destruction, promoted in many recent works. Returning to the position of the researcher eager for new stories, also anxious not to crush or stifle them under judgments determining a priori what should or should not count, the article invites us not to neglect the dimension of loss associated with past and ongoing disasters. In this regard, it calls in other voices, outside the social sciences, especially that of the German writer WG Sebald, who gives a very important place to the ruins and the remembrance of the lost worlds, of what counted for the disappeared, as a tireless effort characterizing life in fragile environments.

Faut-il « avertir de la fin des temps pour exiger la fin des touillettes » ? Les ressorts de l’engagement écocitoyen
À partir d’une incursion sur les forums électroniques d’« effondrés », cet article se penche sur ce que l’idée d’effondrement fait à celle et ceux qui y adhèrent. En décalage avec des questionnements sous l’angle des risques de démobilisation ou de dépolitisation, on voit que cette idée, en stimulant l’exploration en commun des relations concrètes et situées, peut favoriser une radicalisation du rapport au réel. Au contraire d’une fabrique de l’ignorance et du désemparement, les groupes Facebook des « effondrés » apparaissent comme des espaces d’exploration partagée, où les prises et les pistes le disputent sans cesse au désarroi. On peut alors voir, dans la fortune du terme effondrement, l’indice d’une multiplication des enquêtes lancées pour retrouver une terre où atterrir en expérimentant de nouveaux détachements-attachements.

Are Apocalyptic Threats Necessary to Recycle Plastic Spoons? On the Dynamics of EcoPolitical Involvement
Based on an incursion into the electronic forums of collapsonauts, this article looks at what the idea of ​​collapse does to those who adhere to it. At odds with the denunciations about the risks of demobilization or depoliticization, we can see that collapsology, by stimulating the joint exploration of concrete and situated relations, can encourage a radicalization of the relation to reality. Far from being a fabric of ignorance and distress, Facebook groups of collapsonauts appear as spaces of shared exploration, where the emergence of affordances and new paths prevail over dismay. We can thus see, in the fortunes of the term collapse, the index of a multiplication of investigations launched to find place where Earthbounds can land by experimenting with new modes of detachments-attachments.

Sur les traversées
Dans cet entretien, la poétesse explore ce que signifie l’écriture de l’histoire des « sans histoires ». À travers la nouvelle qu’elle livre à Multitudes, intitulée précisément « sans histoire/s », et son recueil La quête infinie de l’autre rive (2011), l’auteur analyse le pouvoir de « considération » de la littérature, reliant les pensées de Marielle Macé avec celles d’Édouard Glissant.

On crossings
With this interview, the poetess explores what it means to write stories of people « without histories ». Through the short story she gives to Multitudes, entitled « without history/ies », and through her book La quête infinie de l’autre rive (2011), she analyses the power of « consideration » carried by literature, linking Marielle Macé’s thoughts with Edouard Glissant’s, among others.

Apprentissage – Extinction – Résurrection / Grégory Chatonsky & Ariel Kyrou

Improvisation de l’amateur Ariel Kyrou Apprentissage – Extinction – Résurrection : le corpus spécialement conçu pour ce numéro de Multitudes s’ouvre et se ferme par une Terre aux arcs-en-ciel de bleus et de mauves. Une montagne brisée. Une carte aux lignes accidentées, émaillée de pixels déstructurés et sauvages. Est-ce dans ce paysage à la fois topographique […]

Le hasard clinique ou la crise de la rationalité médicale
L’application médicale de la loi des grands nombres a longtemps effrayé les cliniciens pour sa potentialité à réduire le médecin à n’être « qu’une machine arithmétique » et le patient à n’être « qu’un individu pathologique moyen ». Les enjeux de la prise de décision clinique, qui répondent depuis le xixe siècle à une double exigence de soin et de connaissance ont ainsi engendré une crise de la rationalité médicale. La médecine clinique, en s’efforçant de rendre le hasard positif, a ainsi opposé l’art à la science. En considérant ce conflit dans l’histoire longue de la médecine, cet article en vient à questionner la numérisation de la décision médicale effectuée au moyen de l’I.A. et des big data, d’un point de vue épistémologique comme éthique.

Clinical probabilities or the crisis of medical rationality
The medical application of the law of large numbers has long frightened clinicians for its potential to reduce the physician to be “just an arithmetic machine” and the patient to be “only an average pathological individual”. The issues of clinical decision-making that have responded since the 19th century to a dual requirement of care and knowledge have thus generated a crisis of medical rationality. Clinical medicine, by striving to render chance positive, has thus opposed art to science. By considering this conflict in the long history of medicine, the article comes to question the digitization of the medical decision made by means of A.I. and big data, from an epistemological as well as ethical point of view.

La technique qui donne confiance
L’exemple de
l’imagerie médicale
Faut-il craindre la technique comme un monstre qui dévorerait notre être et qui nous éloignerait du souci de nous-mêmes, en nous réduisant à ne plus être que ses objets ? Faut-il la craindre tout particulièrement pour la médecine qui se donne en confiance aux appareils et aux calculs, sans toujours imaginer à quelle opération de réduction, elle risque, ce faisant, de livrer malades et maladies ? Mais la technique n’est-elle pas d’abord un geste de notre part, un geste provisoire que nous faisons vers nous-mêmes, aussi maladroit puisse-t-il paraître ? Ce geste, l’avons-nous achevé ? Sommes-nous sûrs du sens et de la suite que nous voulons lui donner ? Parmi tous les lieux de technique en médecine qui appellent à réenvisager ces questions, il y en a un emblématique, celui de l’imagerie cérébrale, avec sa prétention à dire notre intimité, sa réalité de faiseuse d’images et notre jouissance à en nourrir notre imaginaire. Devons-nous être dupes ? Ne pouvons-nous voir la technique comme un moyen, non de nous figer, mais de nous chercher et de nous dépasser ? Un moyen de nous révéler, une confiance que nous nous donnons pour cette entreprise ?

The technique that builds confidence
The example
of medical imaging
Should we fear technique as a monster that devours our being and moves us away from our concern for ourselves, reducing ourselves to be nothing more than its objects? Should we fear it especially in the case of medicine, when it puts its trust in devices and calculations, without always imagining which operation of reduction it risks, doing so, to impose upon patients and diseases? But is not the technique first of all a gesture on our part, a temporary gesture that we make towards ourselves, as awkward as it may seem? This gesture, did we finish it? Are we confident about the meaning and the result we want to give it? Among all the places of technical medicine that call for a re-examination of these questions, there is one emblematic domain, that of brain imaging, with its claim to map our intimacy, its image-making reality, and our enjoyment to nourish our imagination with such representations. Should we be fooled? Can we not see technique as a means, not to freeze ourselves, but to seek and overcome ourselves? A way to reveal ourselves, a confidence we give ourselves for this company?

Extractivisme prédateur et conflits de distribution écologique
Le minerai de fer en Inde
Cet article s’attaque au manque d’informations sur les nombreux conflits de distribution écologique (EDC) provoqués par l’extractivisme minier en Inde au cours de ces dernières années. Le minerai de fer est le métal le plus extrait en Inde et, par conséquent, les conflits liés à cette activité sont importants. Nous analysons ici neuf conflits majeurs surgis dans différents états de l’Inde. Dans l’analyse de ces cas, nous mettons l’accent que les conséquences de l’extractivisme prédateur dans le secteur de l’exploitation des minerais, ainsi que leurs impacts environnementaux, sociaux et culturels sur les régions minières « périphériques » de l’Inde.

Predatory extractivism and ecological distribution
conflicts

Iron ore in India
This article faces the lack of information on the abundant ecological distribution conflicts (EDC) related to mineral extractivism in India in recent years. Iron ore is the most extracted metal in India, and therefore, the conflicts in this activity are most significant. Here we analyze nine major conflicts in different states of India. From these cases, the consequences of predatory extractivism in the borders of the extraction of resources are reviewed, as well as their environmental, social and cultural impacts on the « peripherical » regions extracting iron ore.

Comment vivre en post-histoire ?

Comment vivre en post-histoire ?
Programmes de gouvernement
et forme des vivants
Il s’agit de situer la pensée des programmes de Flusser dans le cadre d’un ensemble de questions centrales de la théorie politique contemporaine, à la croisée entre écologie et biopolitique. La notion de « post-histoire » constitue un espace où effectuer cette jonction qui relie la philosophie de la technique flusserienne aux trajectoires critiques et créatives tramant notre monde anthropocènique. Il est possible, en ce sens, apercevoir le retournement d’une post-histoire des programmations gestionnaires vers une post-histoire d’imprévisibles individuations, collectives et environnementales.

How to Live in Post-History?
Government Programs and Living Forms
This article sets Flusser’s analysis of programs within the frame of a series of central issues of today’s political theory, between ecology and biopolitics. The notion of Post-history constitutes a space where we could connect the Flusserian philosophy of technique with some critical and creative trajectories inhabiting our Anthopocenic world. One can, in this regard, detect a reversal, from a Post-history of governing programs, toward a Post-history of unforeseeable individuations, collective and environmental.

Critique,
Critères, Crise
Notre faculté critique est en crise par manque de critères qui soient adéquats à notre situation culturelle. À la racine des termes « critique », « crise » et « critères » que je viens d’utiliser, se trouve le verbe grec krinein. Ce verbe signifie à peu près : diviser pour pouvoir juger. Il s’agit, dans ce verbe, d’un geste qui casse une unité pour voir ses composants. C’est un geste destructif. C’est pourquoi nous retrouvons le même verbe à la racine du terme « crime ».

Critique,
Criteria, Crisis
Our capacity to critique is in crisis because we lack the criteria that would be adequate to our cultural situation. The etymology of this series of terms refers back to the Greek verb krinein, which means “to divide in order to judge”. This is a destructive gesture which breaks down a unit in order to see its components. That’s why the same root also generated the word “crime”.

Le rond-point : totem, média et place publique d’une France en jaune

Résumé 
Le mouvement des Gilets jaunes est abordé à partir d’un voyage à la découverte de quelques-ronds points de la France de l’Est. Le parcours et les rencontres permettent d’esquisser un nouvel imaginaire géographique, de dépasser l’image médiatique caricaturale et négative d’un mouvement qui tente de redonner un sens au triptyque républicain. Il montre l’intérêt du rond-point, passé de l’objet technique au statut de totem, de media et de nouvelle place publique d’une France « métropolisée » et propose que ces lieux habités d’une géographie en actes deviennent les dispositifs émancipateurs d’un véritable débat.
Abstract
The « Yellow vests » movement is here approached from a trip looking for some roundabouts of eastern France. The journey and the encounters allow us to sketch a new geographical imaginary, to go beyond the caricatural media image of a movement that tries to give meaning to the republican triptych. This article shows the central place of the roundabout, passed from the status of technical object to that of totem, media and new public place of a “metropolitan” France. It proposes that these inhabited places of a geography in action become the emancipating devices of a real debate.

Écrire le monde depuis l’Afrique, inscrire l’Afrique dans le monde ou comme un fragment du monde, voilà bien une tâche grisante et, la plupart du temps, propre à la perplexité (Mbembe 2001). Comme nom et comme signe, l’Afrique a toujours occupé une position paradoxale dans les formes modernes du savoir (Mudimbe 1988). D’un côté, l’Afrique […]