Archives par mot-clé : communauté

Transformations énergétiques sous contrainte écologique forte
L’idée d’une « transition » énergétique, processus pilotable dans un monde relativement stable et anticipable, semble arriver à son terme. Même le GIEC en appelle désormais à des « transformations » énergétiques rapides et radicales. Toutefois, malgré la prise de conscience de l’urgence climatique et de la perte dramatique de biodiversité, qui s’actualise notamment dans une série de manifestations et de luttes, la question du climat est trop rarement articulée à la question de l’énergie. Dans cette Majeure, nous explorons ce que pourraient vouloir dire ces transformations énergétiques et partons à la recherche des bonnes échelles pour agir et des récits pertinents pour inspirer les collectifs.

Energy transformations under strong ecological constraint
The idea of an energy “transition”, a process that can be controlled in a relatively stable and predictable world, seems to be coming to an end. Even the IPCC now calls for fast and radical energy “transformations”. However, despite the awareness of the climatic urgency and the dramatic loss of biodiversity, which is actualized in particular in a series of demonstrations and struggles, the climate issue is too rarely linked to the issue of energy. In this Majeure, we explore what these energetic transformations could mean, as we look for the right scales to take action and narratives that are relevant to inspiring collectives.
Gordon Walker

L’effondrement
des grandes infrastructures : une  opportunité ?
L’immense parc des infrastructures en ruine, obsolescentes ou en passe de le devenir, représente un enjeu de transformation sans précédent. À la fois marqueurs idéologiques d’une modernité prométhéenne et symboles d’un service public en déliquescence, la crise écologique, technique et politique des grandes infrastructures notamment énergétique, interrogent notre capacité à transformer nos modèles sociétaux.

The collapse of large infrastructures: an  opportunity?
The vast set of infrastructures in ruins, obsolete or on their way to obsolescence, represents an unprecedented transformation challenge. Both ideological markers of a Promethean modernity and symbols of a failing public service, the ecological, technical and political crisis of our major infrastructures, and in particular those of energy production, question our ability to transform our societal models.

Une lecture pragmatiste des  parcs éoliens citoyens en  Frise  du  Nord
Le temps de l’expérience et  la  continuité des  efforts de  transition
La  proposition de cet article est de se saisir du « temps de l’expérience » des parcs éoliens citoyens en Frise du Nord (Allemagne) en le confrontant à la fois aux pulsations politiques des expérimentations techniques et à la fois aux rythmes des vents, comme ce qui permettrait d’en prendre soin, pour penser la continuité des épreuves de transition dans le temps mais aussi dans l’espace, dans une perspective démocratique de multiplication des expériences de transition.


A pragmatist reading of citizens’ wind farms in  North  Friesland
The time of experience and  the  continuity
of  transition efforts
This article aims at considering the “time of experience” of citizen wind farms in Northern Friesland (Germany) by comparing it both with the political pulsations of technical experiments and with the rhythms of wind, as what would allow us to take care of it, to think about the continuity in time but also in space of the transition processes, in a democratic perspective of multiplication of transition experiences.

Tactiques
pour questions épineuses
L’électricité est un vecteur doté d’une magnitude et d’une direction. Il est soumis aux changements de la société et des gouvernements. Dans cet article, City Mine(d) considère l’électricité comme un vecteur de changement social. Nous fournissons un point de vue sur les défis auxquels la société est confrontée (les « problèmes épineux » que nous rencontrons), puis nous proposons un aperçu de notre approche de l’innovation sociale avant de l’appliquer au secteur de l’électricité.

Tactics for tough  issues
Electricity is a vector with a magnitude and a direction. It is subject to the changes in society and government. In this article, City Mine(d) looks at electricity as a vector for social change. We provide a lens by which to look at the challenges society is faced with, referred to as the “tough issues” we meet, and then offer some insights into our approach of social innovation, before applying this to the electricity sector.

Se soigner en  soignant  la  terre

Se soigner en soignant la terre
Les Amérindiens de Guyane française et les Aborigènes d’Australie, comme d’autres peuples autochtones du monde réinsvestissent leurs savoirs médicinaux traditionnels et réélaborent des rituels pour se soigner et prendre soin de la terre. Comme Starhawk et les Wicca aux USA, en Europe aussi, de la Pologne à la France, des rites de bien-être et de renouage de liens avec la terre se réinventent, que ce soit par la musique et la danse, les festivals de chamanisme ou les ZAD qui réenchantent la manière d’habiter le milieu.

Healing by taking care of the land
Native Americans from French Guiana and Indigenous Australians, like many other Indigenous peoples of the world re-invest their traditional medicinal knowledge and re-elaborate healing rituals to take care of their people and their land. Like Starhawk and the Wicca in US, in Europe also, from Poland to France, rites for well-being and relinking with the earth are reinvented either through music and dance, in festivals of shamanism or in the Zones to Occupy (ZAD) who re-enchant the way inhabitants live with their milieu.

A lire en ligne
Trois approches de lutte pour la visibilité de la collapsologie dans les médias français

Les discours écologistes, depuis les années 1970, ont très souvent été jugés dans les médias de masse inutilement alarmistes, trop culpabilisateurs, voire naïvement irresponsables. Si, depuis une vingtaine d’années, certaines postures environnementalistes ont réussi à imprégner certaines sphères économiques et politiques, il reste que les théoriciens de l’effondrement de notre civilisation dont Yves Cochet fait figure […]

A lire en ligne
Exoplanètes postcapitalistes

La fin du genre humain est proche. Le mode de production capitaliste dans sa version néolibérale a accumulé plus d’émissions et détruit davantage de biodiversité au cours de ses trente années d’hégémonie que même le fordisme, avec son pétrole bon marché n’avait réussi à le faire pendant les trente glorieuses. L’écocide a même accéléré son […]

Commençons par le postulat suivant : il n’est plus possible de douter de la nature mortifère du suprémacisme blanc. Aussi, au-devant de la réalité violente qui surgit au cœur même d’États réputés pacifiés, une première réaction s’est énoncée comme suit : le suprémacisme blanc est un ensemble d’idées1 à caractère terroriste2. Cette critique, nécessaire, a alors le […]

Est-il trop tard
pour l’effondrement ?
Cette introduction invite à décadrer et à recadrer la thématique de l’effondrement, popularisée et médiatisée par la théorie dite « collapsologie », vers le plan des acteurs, des terrains, des temporalités, et des régimes d’énonciation. Nous appelons à documenter empiriquement ce que fait l’effondrement, et ce qu’en font celles et ceux à qui cette idée « fait » quelque chose. En effet, l’effondrisme pose la question des façons de se positionner non pas uniquement par rapport à une théorie, mais également par rapport à des expériences individuelles et collectives. Le dossier vise à comprendre comment la réception de la « collapsologie » donne lieu à des jeux complexes entre désemparement et capacités d’agir. L’atterrissage sur un sol anthropocénique de plus en plus critique mérite une décisive discussion collective. L’hypothèse de cette majeure est que les expériences effondristes ont une valeur d’expérimentation à cet égard, notamment en créant un zone discursive et praxique où des cultures et des expériences politiques différentes sont amenées à se rencontrer et à collaborer.

Is it too late for collapse?
This introduction invites the reader to displace and reframe the theme of collapse—which currently receives heavy media coverage—towards a sociological approach to the actors, the places, the temporalities and the regimes of discourse. We claim the need empirically to document what collapse does to people, what people do with it, once they are touched by this idea. Collapsology calls for people to position themselves not only in relation to a theory but, more importantly, in relation to individual and collective experiences. This issue attempts to understand how the reception of collapsology provides a location for complex interplays of disarray and empowerment. Landing on an and ever more critical Anthropocenic ground deserves collective discussion. This issue promotes the hypothesis that collapsological experiences provide occasions for experimentations, by creating discursive and practical zones where different political cultures and practices can meet and collaborate.

L’effondrement vu d’en bas et la science-fiction d’Octavia Butler

L’effondrement vu d’en bas et la science-fiction d’Octavia Butler
« Nous sommes tous sur le même bateau », s’écrient les collapsologues, comme s’il s’agissait d’un scoop. Seulement, ces catastrophes annoncées, ou déjà bien amorcées, sont principalement causées par l’Occident et son système économique destructeur. Il s’agit ici de s’interroger sur l’effondrement en adoptant une perspective inversée et d’exposer la démarche de l’autrice de science-fiction Octavia Butler et des continuatrices de son œuvre, qui excellent à rendre possible des histoires alternatives. L’effondrement peut être l’occasion rêvée de changer d’angle et d’échelle et de revenir à l’essentiel.

Collapse Viewed from Below Along with Octavia Butler’s Sci-Fi
«We are all on the same boat,» exclaim the collapsologists, as if it were a scoop. Only these announced (or already well-established) disasters are mainly caused by the West and its destructive economic system. The aim here is to question the notion of collapse by adopting an inverted perspective, as provided by the science-fiction writings by Octavia Butler and the continuators of her work, who excel at making alternative stories possible. The collapse may be the perfect opportunity to change your viewpoint and scales of consideration, and to get back to basics.

Le Plantationocène dans la perspective des undercommons
Cet article plaide pour un décadrage et un recadrage nécessaires pour neutraliser certains effets pervers du terme d’effondrement, tout en conservant ses vertus mobilisatrices. Il propose de s’appuyer sur la notion d’undercommons (« communs d’en bas » ou « sous-communs ») avancée par Stefano Harney & Fred Moten en 2013, qui s’inspire des formes de vie et de pensée collectives cultivées au sein de la black radical tradition nord-américaine, par celles et ceux qui sont issu.es des cales esclavagistes de la colonisation plantacionocène.

The Plantationocene from the Point of View of the Undercommons
This article argues for a reframing of the notion of collapse, necessary to neutralize some of its perverse effects, while maintaining its mobilizing virtues. It suggests to draw inspiration from the notion of undercommons, as elaborated by Stefano Harney & Fred Moten in 2013, which is inspired by collective forms of life and thought cultivated in the Black Radical Tradition, by those who came as slaves and subalterns from the hold of Plantacionocene colonization.

De la pluralité des fins du monde :
les voies de
la science-fiction
Des effondrements, la science-fiction en recèle de nombreuses formes et pour une large variété de mondes. Considérer ces immenses productions de romans et de nouvelles, de films, de séries télévisées ou de jeux vidéo comme une simple manifestation d’anxiété ou de désespoir face à notre avenir serait très réducteur. Elles nous familiarisent avec l’éventualité du pire, dans la tradition des « dystopies » ou utopies négatives, mais elles nous permettent surtout d’accorder une visibilité aux conditions d’organisation de collectifs, aux dilemmes moraux pouvant résulter de certaines situations d’effondrement. Le genre SF propose des prototypes et prototopes du futur – de l’ordre de l’exercice de pensée, du dispositif expérimental nous plongeant, via des personnages, décors et situations inventées, dans les si humaines complexités de mondes potentiels de notre « à venir ».

Experiencing the Collapsological Plurality of Science-Fiction
Science-fiction contains many forms of collapsing, relative to a wide variety of worlds. To consider this immense production of novels and short stories, movies, television series or video games as a simple manifestation of anxiety or despair in the face of our future would be very reductive. They familiarize us with the possibility of the worst, in the tradition of «dystopias» or negative utopias, but they also allow to give visibility to the organizational conditions of collectives, to elaborate on moral dilemmas that may result from certain situations of collapse. The SciFi genre proposes prototypes and “prototopes” of the future—as thought-experiments, by plunging us, through characters, sets and invented situations, into the human complexities of potential worlds of our yet to come.

Faut-il « avertir de la fin des temps pour exiger la fin des touillettes » ? Les ressorts de l’engagement écocitoyen
À partir d’une incursion sur les forums électroniques d’« effondrés », cet article se penche sur ce que l’idée d’effondrement fait à celle et ceux qui y adhèrent. En décalage avec des questionnements sous l’angle des risques de démobilisation ou de dépolitisation, on voit que cette idée, en stimulant l’exploration en commun des relations concrètes et situées, peut favoriser une radicalisation du rapport au réel. Au contraire d’une fabrique de l’ignorance et du désemparement, les groupes Facebook des « effondrés » apparaissent comme des espaces d’exploration partagée, où les prises et les pistes le disputent sans cesse au désarroi. On peut alors voir, dans la fortune du terme effondrement, l’indice d’une multiplication des enquêtes lancées pour retrouver une terre où atterrir en expérimentant de nouveaux détachements-attachements.

Are Apocalyptic Threats Necessary to Recycle Plastic Spoons? On the Dynamics of EcoPolitical Involvement
Based on an incursion into the electronic forums of collapsonauts, this article looks at what the idea of ​​collapse does to those who adhere to it. At odds with the denunciations about the risks of demobilization or depoliticization, we can see that collapsology, by stimulating the joint exploration of concrete and situated relations, can encourage a radicalization of the relation to reality. Far from being a fabric of ignorance and distress, Facebook groups of collapsonauts appear as spaces of shared exploration, where the emergence of affordances and new paths prevail over dismay. We can thus see, in the fortunes of the term collapse, the index of a multiplication of investigations launched to find place where Earthbounds can land by experimenting with new modes of detachments-attachments.

Écrire de l’autre rive
Fictions politiques pour dire la traversée
La littérature porte une voix singulière sur les migrations contemporaines qui endeuillent la Méditerranée. Sont présentées ici plusieurs voix, parfois contradictoires entre elles, qui s’attachent à mettre en récit des trajectoires de migrants. Sylvie Kandé, Gauz, Mohamed Mbougar Sarr, Hakim Bah figurent différentes manières d’écrire des fictions politiques.

Writing from the other side
Political fictions to say the crossing
Literature has a very singular voice among other discourses on the contemporary migrations that cause so many deaths in the Mediterranean Sea. These texts present various voices (some of them contradictory) narrating trajectories of migrants. Sylvie Kandé, Gauz, Mohamed Mbougar Sarr, Hakim Bah experiment different ways of writing political fictions.

Vue d’ensemble des conflits de justice environnementale
en Inde
Cet article présente une revue des mouvements de justice environnementale en Inde, à partir d’une combinaison d’informations provenant de l’Atlas de la justice environnementale (EJAtlas), de travaux de terrain et d’une analyse de la littérature secondaire. L’auteur souligne ici l’intensité des conflits, les armes judiciaires qui confortent les manifestations et le changement des slogans avec le temps, ainsi que les synergies et les alliances anciennes et actuelles entre ces mouvements indiens. Pour l’analyse sont combinés l’utilisation de statistiques descriptives et quelques exemples concrets. Enfin, il est proposé un débat sur la signification du terme « succès» appliqué à la justice environnementale, sujet sur lequel des recherches plus approfondies s’avèrent nécessaires.

Global perspective on ecological distribution conflicts in India
This article offers a review of environmental justice movements in India, combining information from the Environmental Justice Atlas (EJAtlas), fieldwork, and an analysis of secondary literature. The author emphasizes the intensity of the conflicts, the judicial weapons which reinforce the protests and the changes occurred in the slogans, as well as synergies, old and current alliances between these Indian movements. The analysis supplements the use of descriptive statistics with some concrete examples. Finally, there is a debate on the meaning of the term “success” applied to ecological justice, a subject on which further research is needed.

Extractivisme prédateur et conflits de distribution écologique
Le minerai de fer en Inde
Cet article s’attaque au manque d’informations sur les nombreux conflits de distribution écologique (EDC) provoqués par l’extractivisme minier en Inde au cours de ces dernières années. Le minerai de fer est le métal le plus extrait en Inde et, par conséquent, les conflits liés à cette activité sont importants. Nous analysons ici neuf conflits majeurs surgis dans différents états de l’Inde. Dans l’analyse de ces cas, nous mettons l’accent que les conséquences de l’extractivisme prédateur dans le secteur de l’exploitation des minerais, ainsi que leurs impacts environnementaux, sociaux et culturels sur les régions minières « périphériques » de l’Inde.

Predatory extractivism and ecological distribution
conflicts

Iron ore in India
This article faces the lack of information on the abundant ecological distribution conflicts (EDC) related to mineral extractivism in India in recent years. Iron ore is the most extracted metal in India, and therefore, the conflicts in this activity are most significant. Here we analyze nine major conflicts in different states of India. From these cases, the consequences of predatory extractivism in the borders of the extraction of resources are reviewed, as well as their environmental, social and cultural impacts on the « peripherical » regions extracting iron ore.

L’impact environnemental et social des politiques publiques de développement sur les communautés autochtones
Les Dongria Kondh en Inde
Les réformes économiques néolibérales, suite à la crise financière de 1991, ont provoqué des mutations dans l’économie indienne, son développement industriel et agricole. Celles-ci ont touché l’ensemble de la population mais particulièrement, les groupes sociaux classés comme les plus vulnérables, telles que les communautés autochtones adivasi. Du point de vue des politiques publiques, ce qui caractérise les Adivasis, c’est leur désavantage économique et social. Ils font donc partie d’une catégorie sociale ciblée par différents programmes nationaux de développement et de réduction de la pauvreté, notamment par l’intermédiaire du Dongria Kondh Development Agency (DKDA pour son acronyme anglais), département gouvernemental de médiation entre le gouvernement central indien et le groupe autochtone Dongria Kondh. C’est sur ce groupe que porte notre enquête anthropologique. Le présent article, dont les résultats s’appuient sur neuf mois de travail sur le terrain entre 2011 et 2015, vise à mettre en évidence la manière dont les politiques publiques nationales visant les communautés de dongria ont des impacts environnementaux et sociaux significatifs.
The environmental and social impact of public policies of development on indigenous communities
The Dongria Kondh in India
The neoliberal economic reforms, following the financial crisis of 1991, caused changes in the Indian economy, in its industrial and agricultural development. These changes affected the entire population, and especially the vulnerable social groups, such as the indigenous adivasi communities. From the point of view of public policies, the Adivasi are characterized by their economic and social inferiority. They are therefore part of a social category targeted by different national programs of development and poverty reduction, including the Dongria Kondh Development Agency (DKDA), the governmental department of mediation between the central government of India and the indigenous Dongria Kondh group. This group is the focus of our anthropological inquiry. This article, which is based on nine months of field work between 2011 and 2015, aims to highlight how national public policies targeting dongria communities have significant environmental and social impacts.

Aménagement hydroélectrique et droits des communautés
dans l’Himalaya oriental
Le cas de l’Arunachal Pradesh
Avec plus de cent soixante mémorandums d’accords signés avec des constructeurs de barrages, l’Etat d’Arunashal Pradesh, situé dans l’Himalaya, dans une région nord-orientale de l’Inde faisant limite avec la Chine, le Boutant et le Myanmar, occupe une place de choix dans les plans d’aménagement hydroélectrique de l’Inde. Cet état est le foyer d’environ vingt-cinq communautés autochtones, chacune avec ses différentes traditions culturelles et institutionnelles pour l’administration des propriétés collectives, comme les terres agricoles et les forêts. À l’Arunachal Pradesh, à la différence de nombreuses autres communautés de l’Inde, les droits de la communauté sur la terre et les forêts sont protégés par la loi. Malgré cela, avec le boom de l’énergie hydroélectrique, les contradictions entre les droits collectifs et les prérequis institutionnels du modèle de croissance néolibéral ont aiguisé les conflits dans cette région frontalière.

Hydroelectric development and community rights in the eastern Himalayas
The case of Arunachal Pradesh
With over one hundred and sixty memoranda of understanding signed with dam builders, the state of Arunashal Pradesh, located in the Himalayas, in a northeastern region of India bordering China, Bhutan and Myanmar, occupies a prominent place in the hydropower plans of India. This state is home to about twenty-five indigenous communities, each with its different cultural and institutional traditions for the administration of communal property, such as farmland and forests. In Arunachal Pradesh, unlike many other communities in India, community rights concerning land and forests are protected by law. Despite this, with the boom in hydroelectric power, the contradictions between collective rights and the institutional prerequisites of the neoliberal growth model have sharpened conflicts in this border region.

Face à la croissance verte
Visions du « commun » du collectif Timbaktu dans l’Andhra Pradesh
L’utilisation des énergies renouvelables en Inde est en train de modifier (ou de maintenir) le modèle de croissance et de développement inégal qui la caractérise comme « économie émergente ». Nous mettons l’accent sur deux processus contrastés que connait l’Anantapuramu, un district rural marqué par des indices de pauvreté et de vulnérabilité climatique élevés. D’un côté, le développement de méga-infrastructures d’énergie éolienne déclenche une transformation régionale en faveur de « l’industrialisation verte ». De l’autre, la résistance du Collectif Timbaktu, une organisation de base qui travaille à la régénération des terres communales « improductives », promeut la gestion collective des ressources et renforce les relations de coopération au sein des communautés locales. Cette perspective contrastée permet de mettre à jour les différentes façons de comprendre la durabilité et ses implications politiques dans les dynamiques écologiques, sociales et spatiales des territoires concrets.

Facing green growth
Visions of the “common” of the Timbaktu Collective in Andhra Pradesh
The use of renewable energies in India is changing (or maintaining) the unequal growth and development model that characterizes an “emerging economy”. We contrast two processes currently unfolding in Anantapuramu, a rural district marked by high rates of poverty and climatic vulnerability. On the one hand, the progressive expansion of mega-infrastructures of wind energy acts like a trigger for a regional transformation in favor of « green industrialization ». On the other, the resistance of the Timbaktu Collective, a basic organization that works on regeneration of “unproductive” communal lands, promotes the collective management of resources and strengthens cooperative relationships within local communities. This contrasted perspective sheds light on different ways of understanding sustainability, as well as its political implications in ecological, social and spatial dynamics of concrete territories.

L’oppression des communautés autochtones hindoues au Pakistan
Le projet d’extraction de charbon de Thar
Le mégaprojet de centrale au charbon Thar (Thar Coal Mega Power Project) est l’un des plus ambitieux du Pakistan. Il affectera directement les communautés du désert de Thar sur une superficie d’environ neuf mille kilomètres carrés. Plus de deux cent cinquante villages seront évacués pour assurer son succès économique. Le projet a d’ores et déjà provoqué des migrations, des spéculations sur le sol, l’usurpation de pâturages communs et le rejet des communautés. Les conflits dans la région revêtent deux faces. D’abord, on constate des conflits entre les communautés autochtones, l’État et les fonctionnaires de la Sindh Engro Coal Mining Company (SECMC). Ensuite, les problèmes intracommunautaires se sont transformés en conflits religieux entre musulmans et hindous, bien que les causes sous-jacentes soient environnementales. Cet article fournit une description critique des conflits, de l’usurpation de la terre, des processus de spéculation et d’accumulation dans la zone du projet.

The oppression of indigenous communities in Pakistan
The Thar coal
mining project
The Thar Coal Mega Power Project is one of the most ambitious projects in Pakistan. It will directly affect the communities of the Thar Desert over an area of ​​about nine thousand square kilometers. More than two hundred and fifty villages will be evacuated to ensure its economic success. The project has already caused migration, speculation on the ground, usurpation of common pastures and rejection of communities. Conflicts in the region take two sides. First, there are conflicts between indigenous communities, the state, and officials of the Sindh Engro Coal Mining Company (SECMC). Second, intra-community problems have turned into religious conflicts between Muslims and Hindus, although the underlying causes are environmental. This article provides a critical description of conflicts, land spoofing, speculation and accumulation processes in the project area.

Sri Lanka : Conflits socio-environnementaux et projets de développement
Cet article analyse les situations d’injustice environnementale au Sri Lanka, en comparant vingt-six conflits socio-environnementaux identifiés dans l’Atlas mondial de la justice environnementale. Ils sont été compilés par l’auteur, en collaboration avec des activistes du Center for Environmental Justice (CEJ) du Sri Lanka. En nous appuyant sur différentes sources (rapports d’ONG, journaux, blogs, sources gouvernementales, déclarations commerciales et articles universitaires), et en privilégiant une approche d’écologie politique, nous analysons quelles sont les activités économiques qui génèrent des affrontements, quels acteurs y participent et de quelle manière les différents groupes se sont mobilisés contre des projets d’investissement.

Sri Lanka. Socio-environmental conflicts and development projects
This article analyzes situations of environmental injustice in Sri Lanka, comparing twenty-six socio-environmental conflicts identified in the Global Atlas of Environmental Justice. They have been compiled by the author, in collaboration with activists from Sri Lanka’s Center for Environmental Justice (CEJ). By nudging different sources (NGO reports, newspapers, blogs, government sources, commercial statements, academic articles), and focusing on an approach of political ecology, we analyze what are the economic activities that generate confrontations, which actors participate, and how different groups have mobilized against investment projects.

Écologie versus développement
Le mouvement « Sauvez les Sundarbans » au Bangladesh
Un mouvement environnemental sans précédent a pris forme lorsque le gouvernement du Bangladesh a projeté la construction d’une centrale à charbon à 14 km des Sundarbans, la plus grande mangrove du monde. Plusieurs experts, dont certains de l’Unesco, ont indiqué que les déchets et la fumée de la centrale menaceraient la forêt et sa biodiversité. Malgré cela, le gouvernement persiste dans son intention de mener à bien le projet en fonction des intérêts de certains groupes au pouvoir. Le mouvement a débuté discrètement en 2012 et est devenu massif par la suite. En 2017, il a réussi à mobiliser la mouvance du militantisme écologique et certaines organisations internationales. Il s’agissait de faire pression sur le gouvernement pour qu’il abandonne le projet d’usine. Cet article décrit l’évolution du mouvement, ses principaux acteurs, sa portée mondiale ainsi que sa situation actuelle.

Ecology versus development
The “Save the Sundarbans” movement in Bangladesh
An unprecedented environmental movement took shape when the Bangladesh government planned to build a coal-fired power plant 14 km from the Sundarbans, the world’s largest mangrove forest. Several experts, including some from Unesco, have indicated that the waste and smoke from the plant would threaten the forest and its biodiversity. Despite this, the government persists in its intention to carry out the project according to the interests of certain groups in power. The movement began quietly in 2012 and became massive thereafter. In 2017, it managed to mobilize the movement of ecological activism and some international organizations in order to pressure the government to abandon the factory project. This article describes the evolution of the movement, its main actors, its global reach as well as its current situation.

Dans la pensée libérale, la multitude1 survit comme dimension privée. Le Nombre est aphasique et écarté des affaires publiques. […] Dans les formes actuelles de la vie on a la perception directe du fait que tant le couple public-privé que le couple collectif-individuel ne marchent plus, ne reposent plus sur rien, explosent. Ce qui était […]

De Téhéran et d’Ivry

Arash Hanaei, artiste iranien, vit et travaille à Paris depuis quelques années où, dit-il, il est un exilé volontaire. Il a passé une partie de la guerre Iran Irak en Angleterre, lorsqu’il était enfant, puis est retourné dans son pays. Invité à participer à des expositions collectives, organisées en Hollande, en Belgique, en Italie aux […]

Dans les rêves de l’Europe
De Cette chère humanité en 1976 à Lothar Blues en 2008, Philippe Curval est l’auteur d’une série de romans qui mettent en scène un ou plusieurs futurs de l’Union européenne. Alors que l’Europe s’apprête peut-être à vivre des « années de chien », cette conversation entre Philippe Curval et Ariel Kyrou nous plonge dans les rêves ou les cauchemars imaginés par l’auteur de science-fiction, quelque part entre le danger d’un enfermement dans ses frontières, les risques d’effondrement, les promesses de la fin du travail et l’espoir d’une renaissance du vieux continent.

In the dreams of Europe
From This Dear Humanity in 1976 to Lothar Blues in 2008, Philippe Curval is the author of a series of novels that feature one or more futures of the European Union. While Europe may be getting ready to live the “dog years”, this conversation between Philippe Curval and Ariel Kyrou dives us into dreams or nightmares devised by the science fiction writer, somewhere between the danger of confinement within its borders, the risks of collapse, the promises of the end of work and the hope of a rebirth of the old continent.

Le revenu de base
Vers une Europe plus sociale
Le revenu de base a véritablement émergé en Europe à partir des années 2010, à travers une réflexion universitaire et politique, mais également, par le lancement d’expérimentations, dont la plus connue s’est terminée en décembre 2018 en Finlande. Les mouvements sociaux défendant cette idée ont été au cœur de ce débat. Émergeant notamment à la suite de l’Initiative Citoyenne Européenne en 2013, leur nature et leurs modes d’actions varient d’un pays à l’autre.

Basic income
Towards a more social Europe
Basic income truly appeared in Europe in the 2010’s, through academic works and political initiatives, but also through the launching of pilot experimentations. The best-known today has just ended in December 2018 in Finland. Social movements in favor of this idea have also played a key role in the debate. Most of them were created after the European Citizen Initiative in 2013, and today their nature as well as their modes of action differ from one country to another.

Les expérimentations de revenu(s) de base
Misères du présent, richesse du possible
Les expérimentations de revenu de base sont l’objet de nombreuses controverses parmi les universitaires et militant·es favorables à cette mesure. Représentent-elles une stratégie pertinente pour produire des connaissances fiables sur les effets de la mesure, ou sont-elles une stratégie politique efficace pour espérer l’instauration d’un véritable revenu universel ? Une perspective critique des méthodologies expérimentales en économie et d’une vision trop restrictive du « revenu de base » permettrait d’ouvrir les champs des possibles sur ce terrain des expérimentations.

Experiments with basic income(s)
Misery of the present, richness of the possible
Basic income experimental pilots are controversial policies even among its specialists and supporters. Are they relevant to produce scientific evidence about the effects of a basic income? Or an accurate strategy to obtain its implementation? A critical approach to the experimental methodology in economics and to an overly restrictive vision of basic income could open new perspectives on this particular topic.

Vers une Europe post-médiatique
La forme alternative d’une Europe à venir est aussi dessinée par les infrastructures médiales qui en tisseront la trame relationnelle déterminée par la circulation des attentions, des récits et des idées. C’est à l’échelle européenne que pourraient être envisagées des initiatives pour déjouer l’emprise médiatique que les nouveaux empires numériques (comme les GAFAM) entretiennent aujourd’hui en croisant les mass-media traditionnels. Il s’agit ainsi de transformer la médiasphère de notre continent dans un laboratoire de fabrication de conditions « post-média » (Guattari) d’existence collective.

Towards a post-media Europe
The alternative form of a future Europe is also drawn by the medial infrastructures that will weave the relational framework determined by the circulation of attentions, stories and ideas. It is at the European level that initiatives could be envisaged to thwart the media hold that the new digital empires (like GAFAM) maintain today by reconfiguring the media landscape. It is thus a question of transforming the mediasphere of our continent into a laboratory of manufacturing of “post-media” (Guattari) conditions of collective existence.

Le rond-point : totem, média et place publique d’une France en jaune

Résumé 
Le mouvement des Gilets jaunes est abordé à partir d’un voyage à la découverte de quelques-ronds points de la France de l’Est. Le parcours et les rencontres permettent d’esquisser un nouvel imaginaire géographique, de dépasser l’image médiatique caricaturale et négative d’un mouvement qui tente de redonner un sens au triptyque républicain. Il montre l’intérêt du rond-point, passé de l’objet technique au statut de totem, de media et de nouvelle place publique d’une France « métropolisée » et propose que ces lieux habités d’une géographie en actes deviennent les dispositifs émancipateurs d’un véritable débat.
Abstract
The « Yellow vests » movement is here approached from a trip looking for some roundabouts of eastern France. The journey and the encounters allow us to sketch a new geographical imaginary, to go beyond the caricatural media image of a movement that tries to give meaning to the republican triptych. This article shows the central place of the roundabout, passed from the status of technical object to that of totem, media and new public place of a “metropolitan” France. It proposes that these inhabited places of a geography in action become the emancipating devices of a real debate.

Restitutions du patrimoine africain : fictions et réalités

Restitutions : fictions et réalités Dans un musée qui ne sera pas nommé, Killmonger, le rival de Black Panther, fait face à un masque pillé au cours du sac de Benin City en 1897. Le jeune homme fixe le masque en cage. Il ne tardera pas à le voler à grands renforts d’effets spéciaux et […]