Archives par mot-clé : industrie

Dans une de ses 24 propositions au moment des dernières présidentielles1, Multitudes soulignait déjà la nécessité impérative pour la société de mieux défendre les lanceurs d’alerte. Que les salariés notamment puissent rendre publiques sans dommages pour eux-mêmes toutes les malfaçons et magouilles que leurs entreprises les forcent à commettre constituait déjà un saut décisif dans […]

Dans leur ouvrage écrit en collaboration Knowing and the Known1 [le connaissant et le connu], le philosophe pragmatiste John Dewey et le sociologue Arthur Bentley proposent une « approche transactionnelle » de l’enchevêtrement vital des humains, des choses et du « milieu » en tant que « parties » culturelles, sociales, commerciales et individuelles d’un « ensemble de transactions », soutenant que « sans […]

« Collectif initié en 2013 par deux artistes basés à Kinshasa, nous traversons le vertige des mondes1 ». Ainsi se présentent les Kongo Astronauts. L’équipe est fluctuante, compte entre deux et sept membres selon les besoins et les envies des uns et des autres. Aux commandes : Eléonore Hellio et Michel Ekeba. D’elle-même, Hellio écrit qu’elle « élargit les […]

Are you experienced ?

Le flamboyant et désinvolte Gaucher s’était approché des étoiles les plus distantes de la Voie Lactée, plus près qu’aucun autre musicien de son époque. Les archives ne tarissant pas de superlatifs à son endroit, il n’en restait alors pas beaucoup de disponibles, ni dans les dictionnaires ni dans les tiroirs des chroniqueurs, pour garnir l’éloge […]

Transformations énergétiques sous contrainte écologique forte
L’idée d’une « transition » énergétique, processus pilotable dans un monde relativement stable et anticipable, semble arriver à son terme. Même le GIEC en appelle désormais à des « transformations » énergétiques rapides et radicales. Toutefois, malgré la prise de conscience de l’urgence climatique et de la perte dramatique de biodiversité, qui s’actualise notamment dans une série de manifestations et de luttes, la question du climat est trop rarement articulée à la question de l’énergie. Dans cette Majeure, nous explorons ce que pourraient vouloir dire ces transformations énergétiques et partons à la recherche des bonnes échelles pour agir et des récits pertinents pour inspirer les collectifs.

Energy transformations under strong ecological constraint
The idea of an energy “transition”, a process that can be controlled in a relatively stable and predictable world, seems to be coming to an end. Even the IPCC now calls for fast and radical energy “transformations”. However, despite the awareness of the climatic urgency and the dramatic loss of biodiversity, which is actualized in particular in a series of demonstrations and struggles, the climate issue is too rarely linked to the issue of energy. In this Majeure, we explore what these energetic transformations could mean, as we look for the right scales to take action and narratives that are relevant to inspiring collectives.
Gordon Walker

La « part récupérable »
Entre les « mailles » du programme bioéconomique

La « part récupérable »
Entre les « mailles » du programme bioéconomique
La pensée de Nicholas Georgescu-Roegen adresse une question forte aux processus contemporains de transition énergétique. En quoi contribuent-ils à ralentir la « marche de l’entropie » ? Comment faire la différence entre les développements qui prolongent un modèle extractiviste, à fort impact sur l’environnement et le climat, et ceux qui contribuent à renouveler notre rapport aux ressources et à la terre ? L’article invite à poursuivre un geste théorique, engagé par Georgescu-Roegen, qui consiste à raisonner conjointement les liens entre énergie, matière et espace. Pour cela, il tire partie de l’idée simondonienne selon laquelle la mise au point des objets techniques procède moins par « rupture » que par récupération et réexploration d’états antérieurs. Cela attire l’attention sur la façon dont les expériences contemporaines de transition trouvent leurs appuis au travers d’échelles et d’héritages sociospatiaux multiples, et confèrent aux énergies investies par le passé un nouvel élan. De la même façon, tout n’aura pas été perdu si l’on sait retirer des aventures technologiques contemporaines vers les énergies renouvelables les éléments d’une nouvelle culture sociotechnique, qui concrétise un autre rapport aux techniques comme à la terre.

The “recoverable part”
Between the “meshes” of  the  bioeconomic program
The contemporary processes of energy transition are deeply challenged by Nicholas Georgescu-Roegen’s thought. Do these processes contribute or not to slow down the physical process of entropy ? How can we make the difference between the processes of transition that generate new impacts on the environment and the climate, and the ones that effectively contribute to reshape our relationships to the Earth and its resources ? The paper’s proposal is to continue, in the wake of a theoretical effort engaged by Georgescu-Roegen, thinking altogether the relationships between energy, matter and space. To do so, it gets inspiration from Simondon’s approach of the process of technical innovation, which last is less ruled by technological breakthrough but efforts to invent new developments from previous outdated technological assemblages and socio-geographical heritages. From this point of view, all the energies and materialities invested in the current processes of energy transition are not lost if we learn from their uncertain developements some lessons to steer the next experiments ones and make ourselves more conscious of our interrelations with Earth.

L’effondrement
des grandes infrastructures : une  opportunité ?
L’immense parc des infrastructures en ruine, obsolescentes ou en passe de le devenir, représente un enjeu de transformation sans précédent. À la fois marqueurs idéologiques d’une modernité prométhéenne et symboles d’un service public en déliquescence, la crise écologique, technique et politique des grandes infrastructures notamment énergétique, interrogent notre capacité à transformer nos modèles sociétaux.

The collapse of large infrastructures: an  opportunity?
The vast set of infrastructures in ruins, obsolete or on their way to obsolescence, represents an unprecedented transformation challenge. Both ideological markers of a Promethean modernity and symbols of a failing public service, the ecological, technical and political crisis of our major infrastructures, and in particular those of energy production, question our ability to transform our societal models.

Une lecture pragmatiste des  parcs éoliens citoyens en  Frise  du  Nord
Le temps de l’expérience et  la  continuité des  efforts de  transition
La  proposition de cet article est de se saisir du « temps de l’expérience » des parcs éoliens citoyens en Frise du Nord (Allemagne) en le confrontant à la fois aux pulsations politiques des expérimentations techniques et à la fois aux rythmes des vents, comme ce qui permettrait d’en prendre soin, pour penser la continuité des épreuves de transition dans le temps mais aussi dans l’espace, dans une perspective démocratique de multiplication des expériences de transition.


A pragmatist reading of citizens’ wind farms in  North  Friesland
The time of experience and  the  continuity
of  transition efforts
This article aims at considering the “time of experience” of citizen wind farms in Northern Friesland (Germany) by comparing it both with the political pulsations of technical experiments and with the rhythms of wind, as what would allow us to take care of it, to think about the continuity in time but also in space of the transition processes, in a democratic perspective of multiplication of transition experiences.

Tactiques
pour questions épineuses
L’électricité est un vecteur doté d’une magnitude et d’une direction. Il est soumis aux changements de la société et des gouvernements. Dans cet article, City Mine(d) considère l’électricité comme un vecteur de changement social. Nous fournissons un point de vue sur les défis auxquels la société est confrontée (les « problèmes épineux » que nous rencontrons), puis nous proposons un aperçu de notre approche de l’innovation sociale avant de l’appliquer au secteur de l’électricité.

Tactics for tough  issues
Electricity is a vector with a magnitude and a direction. It is subject to the changes in society and government. In this article, City Mine(d) looks at electricity as a vector for social change. We provide a lens by which to look at the challenges society is faced with, referred to as the “tough issues” we meet, and then offer some insights into our approach of social innovation, before applying this to the electricity sector.

Transitions énergétiques à Istanbul et Le Cap
À propos de  transformations plurielles
Cet article propose d’élargir le débat sur la transition énergétique au-delà du contexte occidental. Partant d’études de cas situées dans deux métropoles des Suds, la réflexion invite à nuancer les scénarios normatifs et supposés universels de transformation des systèmes énergétiques pour confronter les transitions aux singularités des sociétés et des territoires dans lesquels elles prennent forme. Ainsi s’aperçoit-on que les discours sur le changement climatique global ont bien moins d’effets d’entraînement sur les trajectoires énergétiques d’Istanbul et du Cap que l’impact de crises écologiques plus locales ou que l’évolution de compromis socio-politiques, toujours fragiles et dépendants d’héritages historiques nationaux.

Energy Transitions in Istanbul and  Cape  Town
About Plural Transformations
The present article aims at widening the debate on energy transition beyond the Western context. Based on two metropolitan case studies from the “Global South”, it suggests to move away from normative and supposedly universal scenarios of energy changes and to confront transitions with the singularities of the societies and territories in which they take shape. It is then apparent that discourses on global climate change have far less impact on Istanbul and Cap Town energy trajectories than local ecological crisis or changes in socio-political compromises, always fragile and dependent on national historical legacies.

Comment conserver
des  futurs énergétiques ouverts ?
17 ateliers européens de  storytelling
Dans le cadre du projet européen Shape Energy, des ateliers multipartites destinés à faire émerger des scénarios autour de futurs énergétiques désirables ont été organisés autour de problématiques locales en partenariat avec dix-sept villes européennes. Revenir sur ces différentes expériences convie à interroger deux des résultats. Le premier est celui de la méthode utilisée, le storytelling. Le deuxième est celui des thématiques traitées et des questions sous-jacentes.

How to keep futures  open?
Multi-stakeholders workshops
of storytelling
As part of the European project Shape Energy and in partnership with seventeen European cities, multistakeholders workshops aiming at bringing out desirable futures have been organized around local energy issues. To get back to these different experiences invites us to question two of the results: the first is the method used to bring out those scenarios: the storytelling. The second deals with the underlying issues of those workshops.

Se soigner en  soignant  la  terre

Se soigner en soignant la terre
Les Amérindiens de Guyane française et les Aborigènes d’Australie, comme d’autres peuples autochtones du monde réinsvestissent leurs savoirs médicinaux traditionnels et réélaborent des rituels pour se soigner et prendre soin de la terre. Comme Starhawk et les Wicca aux USA, en Europe aussi, de la Pologne à la France, des rites de bien-être et de renouage de liens avec la terre se réinventent, que ce soit par la musique et la danse, les festivals de chamanisme ou les ZAD qui réenchantent la manière d’habiter le milieu.

Healing by taking care of the land
Native Americans from French Guiana and Indigenous Australians, like many other Indigenous peoples of the world re-invest their traditional medicinal knowledge and re-elaborate healing rituals to take care of their people and their land. Like Starhawk and the Wicca in US, in Europe also, from Poland to France, rites for well-being and relinking with the earth are reinvented either through music and dance, in festivals of shamanism or in the Zones to Occupy (ZAD) who re-enchant the way inhabitants live with their milieu.

Le voyage chamanique au tambour
Des traditions mongoles aux thérapies du troisième millénaire
Dans le chamanisme occidental, riche de multiples cosmologies syncrétiques, hybrides et multiculturelles, l’apprenti construit sa propre cosmologie par une succession d’interprétations de ses expériences cognitives et perceptuelles qui le constituent en tant que « chamane ». Les stages, initiations et diverses expériences tendent à la fabrication de ce corps chamanique capable de se mettre en contact et d’interagir, dans une relation volontaire et maîtrisée avec les autres mondes, qu’ils soient vécus comme extérieurs ou intérieurs à soi, mondes autres, parallèles ou faisant partie d’une intériorité élargie. Cet article propose une anthropologie des ressentis et des images intérieures associée à une analyse des techniques du corps dans le champ des études sur le chamanisme.

The shamanic drum journey
From Mongolian traditions to therapies of the third millennium
In western shamanism, rich in multiple syncretic, hybrid and multicultural cosmologies, the learner builds his own cosmology through a succession of interpretations of his cognitive and perceptual experiences that constitute him as a “shaman”. The internships, initiations and various experiences tend to the fabrication of this shamanic body able to get in contact and to interact, in a voluntary and controlled relationship with the other worlds, whether experienced as external or internal to oneself, other worlds, parallel or part of an enlarged interiority. This article proposes an anthropology of feelings and inner images associated with an analysis of body techniques in the field of studies on shamanism.

A lire en ligne
Exoplanètes postcapitalistes

La fin du genre humain est proche. Le mode de production capitaliste dans sa version néolibérale a accumulé plus d’émissions et détruit davantage de biodiversité au cours de ses trente années d’hégémonie que même le fordisme, avec son pétrole bon marché n’avait réussi à le faire pendant les trente glorieuses. L’écocide a même accéléré son […]

Liliana Porter + Ana Tiscornia. Coup de foudre

Y a-t-il un lien entre relation amoureuse et pratique artistique ? J’ai posé cette question à deux artistes qui font quotidiennement l’expérience de la capacité d’agir de l’intime dans leur pratique artistique. Il s’agit de Liliana Porter et d’Ana Tiscornia, deux artistes d’Amérique latine, installées à New York. En 1990, elles se rencontrent à Cuba lors […]

Est-il trop tard
pour l’effondrement ?
Cette introduction invite à décadrer et à recadrer la thématique de l’effondrement, popularisée et médiatisée par la théorie dite « collapsologie », vers le plan des acteurs, des terrains, des temporalités, et des régimes d’énonciation. Nous appelons à documenter empiriquement ce que fait l’effondrement, et ce qu’en font celles et ceux à qui cette idée « fait » quelque chose. En effet, l’effondrisme pose la question des façons de se positionner non pas uniquement par rapport à une théorie, mais également par rapport à des expériences individuelles et collectives. Le dossier vise à comprendre comment la réception de la « collapsologie » donne lieu à des jeux complexes entre désemparement et capacités d’agir. L’atterrissage sur un sol anthropocénique de plus en plus critique mérite une décisive discussion collective. L’hypothèse de cette majeure est que les expériences effondristes ont une valeur d’expérimentation à cet égard, notamment en créant un zone discursive et praxique où des cultures et des expériences politiques différentes sont amenées à se rencontrer et à collaborer.

Is it too late for collapse?
This introduction invites the reader to displace and reframe the theme of collapse—which currently receives heavy media coverage—towards a sociological approach to the actors, the places, the temporalities and the regimes of discourse. We claim the need empirically to document what collapse does to people, what people do with it, once they are touched by this idea. Collapsology calls for people to position themselves not only in relation to a theory but, more importantly, in relation to individual and collective experiences. This issue attempts to understand how the reception of collapsology provides a location for complex interplays of disarray and empowerment. Landing on an and ever more critical Anthropocenic ground deserves collective discussion. This issue promotes the hypothesis that collapsological experiences provide occasions for experimentations, by creating discursive and practical zones where different political cultures and practices can meet and collaborate.

L’effondrement vu d’en bas et la science-fiction d’Octavia Butler

L’effondrement vu d’en bas et la science-fiction d’Octavia Butler
« Nous sommes tous sur le même bateau », s’écrient les collapsologues, comme s’il s’agissait d’un scoop. Seulement, ces catastrophes annoncées, ou déjà bien amorcées, sont principalement causées par l’Occident et son système économique destructeur. Il s’agit ici de s’interroger sur l’effondrement en adoptant une perspective inversée et d’exposer la démarche de l’autrice de science-fiction Octavia Butler et des continuatrices de son œuvre, qui excellent à rendre possible des histoires alternatives. L’effondrement peut être l’occasion rêvée de changer d’angle et d’échelle et de revenir à l’essentiel.

Collapse Viewed from Below Along with Octavia Butler’s Sci-Fi
«We are all on the same boat,» exclaim the collapsologists, as if it were a scoop. Only these announced (or already well-established) disasters are mainly caused by the West and its destructive economic system. The aim here is to question the notion of collapse by adopting an inverted perspective, as provided by the science-fiction writings by Octavia Butler and the continuators of her work, who excel at making alternative stories possible. The collapse may be the perfect opportunity to change your viewpoint and scales of consideration, and to get back to basics.

Le Plantationocène dans la perspective des undercommons
Cet article plaide pour un décadrage et un recadrage nécessaires pour neutraliser certains effets pervers du terme d’effondrement, tout en conservant ses vertus mobilisatrices. Il propose de s’appuyer sur la notion d’undercommons (« communs d’en bas » ou « sous-communs ») avancée par Stefano Harney & Fred Moten en 2013, qui s’inspire des formes de vie et de pensée collectives cultivées au sein de la black radical tradition nord-américaine, par celles et ceux qui sont issu.es des cales esclavagistes de la colonisation plantacionocène.

The Plantationocene from the Point of View of the Undercommons
This article argues for a reframing of the notion of collapse, necessary to neutralize some of its perverse effects, while maintaining its mobilizing virtues. It suggests to draw inspiration from the notion of undercommons, as elaborated by Stefano Harney & Fred Moten in 2013, which is inspired by collective forms of life and thought cultivated in the Black Radical Tradition, by those who came as slaves and subalterns from the hold of Plantacionocene colonization.

La « civilisation écologique » controlée par le numérique en Chine
Le concept de « civilisation écologique » a initialement été développé par des intellectuels chinois, à la fin des années 1980, comme une critique de la modernité industrielle et du système capitaliste face à la catastrophe écologique planétaire en cours. À partir du milieu des années 2000, et suite à l’accentuation des contestations environnementales dans les grandes villes du pays, le Parti Communiste Chinois (PCC) a décidé de faire de cette notion un de ses slogans politiques phares, mais au prix de vider ce concept de sa dimension critique pour l’instrumentaliser au service de la propagande d’État, de la croissance verte et du contrôle numérique des écosystèmes. La Chine serait-elle en train d’inventer de nouvelles normes de gouvernance ?

Digital Control as a Environmental Policy according to the Chinese Communist Party
The concept of «ecological civilization» was initially developed by Chinese intellectuals in the late 1980s as a critique of industrial modernity and the capitalist system, in the face of the ongoing global ecological catastrophe. Starting in the mid-2000s, and following the intensification of environmental challenges in the country’s major cities, the Chinese Communist Party (CCP) decided to make this notion one of its flagship political slogans, but at the price of emptying this concept of its critical dimension, to use it in the service of State propaganda, green growth and digital control of ecosystems. Is China inventing new standards of governance?

De la pluralité des fins du monde :
les voies de
la science-fiction
Des effondrements, la science-fiction en recèle de nombreuses formes et pour une large variété de mondes. Considérer ces immenses productions de romans et de nouvelles, de films, de séries télévisées ou de jeux vidéo comme une simple manifestation d’anxiété ou de désespoir face à notre avenir serait très réducteur. Elles nous familiarisent avec l’éventualité du pire, dans la tradition des « dystopies » ou utopies négatives, mais elles nous permettent surtout d’accorder une visibilité aux conditions d’organisation de collectifs, aux dilemmes moraux pouvant résulter de certaines situations d’effondrement. Le genre SF propose des prototypes et prototopes du futur – de l’ordre de l’exercice de pensée, du dispositif expérimental nous plongeant, via des personnages, décors et situations inventées, dans les si humaines complexités de mondes potentiels de notre « à venir ».

Experiencing the Collapsological Plurality of Science-Fiction
Science-fiction contains many forms of collapsing, relative to a wide variety of worlds. To consider this immense production of novels and short stories, movies, television series or video games as a simple manifestation of anxiety or despair in the face of our future would be very reductive. They familiarize us with the possibility of the worst, in the tradition of «dystopias» or negative utopias, but they also allow to give visibility to the organizational conditions of collectives, to elaborate on moral dilemmas that may result from certain situations of collapse. The SciFi genre proposes prototypes and “prototopes” of the future—as thought-experiments, by plunging us, through characters, sets and invented situations, into the human complexities of potential worlds of our yet to come.

Converger vers l’effondrement – Trajectoires et perspectives
Le texte montre comment les questions d’effondrement viennent à s’imposer dans les trajectoires professionnelles et personnelles, même si le fonctionnement des sciences sociales et de l’université sont plutôt des obstacles à sa prise en compte. Des perspectives se dégagent – au-delà du redéploiement des questions de recherche autour des mouvements souhaitant conjurer l’effondrement, elles oscillent entre un pessimisme non résigné, attentif à des questions de relocalisation, et l’implication directe dans de nouveaux mouvements écologistes.

Converging Towards Collapse – Trajectories and Perspectives
This article shows how issues of collapse are gaining ground in professional and personal trajectories, even if the functioning of the social sciences and the university tend to raise obstacles to its taking into account. Perspectives emerge—beyond the redeployment of research questions around movements wishing to avert collapse, they oscillate between un-resigned pessimism, attentive to issues of relocalization, and direct involvement in new ecologist movements.

Théâtre et migrations
Entre Conakry et Paris
Entretien avec Hakim Bah

Théâtre et migrations
Entre Conakry et Paris
Dramaturge guinéen, Hakim Bah revient dans cet entretien sur l’écriture de deux de ses pièces récentes traitant des migrations : Convulsions, qui est une réécriture du Thyeste de Sénèque, et À bout de sueurs. Les mythes méditerranéens côtoient les coupures de presse et les faits divers dans ces textes à l’oralité et à la poésie très marquées.

Theater and migrations
Between Conakry and Paris
In this interview, Hakim Bah describes the writing process of two of his last plays, which deal with migrations : Convulsions, a rewriting of Seneca’s Thyeste, and À bout de sueurs. Mediterranean myths meet newspaper clippings in his texts characterised by orality and poetry.

Une trentaine de femmes des quartiers nord de Marseille ont publié le 1er avril dernier dans le quotidien Libération une tribune pour que l’on affecte au développement social des quartiers les biens saisis aux trafiquants. Elles s’appuient sur l’expérience italienne racontée en 2014 sur le site www.laurent-muchielli.org par deux chercheurs, spécialistes de l’étude des mafias italiennes, […]

De la médecine personnalisée
à l’exposomique
Environnement et santé
à l’ère des big data
Depuis une vingtaine d’années, le concept de « médecine personnalisée » désigne la possibilité d’adapter finement les diagnostics et thérapies au profil biologique, en particulier génétique, de chaque patient·e. L’article traite d’un aspect spécifique de la médecine personnalisée, celui du statut qu’y acquiert « l’environnement ». Il est unanimement admis que les gènes n’expliquent qu’un faible pourcentage des phénotypes pathologiques, l’environnement en constituant le principal facteur explicatif. Les efforts pour identifier et caractériser ces facteurs environnementaux sont aujourd’hui rassemblés sous une nouvelle étiquette, l’exposomique. Elle connaît deux orientations. L’une conduit à une vision industrielle, orientée vers la recherche de cibles susceptibles d’intervention technique. L’autre vise la critique des choix politiques et sociaux en matière de santé publique. L’article porte sur cette croisée des chemins dans la manière d’appréhender les rapports entre santé et environnement.

From personalized medicine
to exposomics
Environment and health in the era of
big data
For about twenty years, the concept of “personalized medicine” refers to the possibility of fine-tuning diagnoses and therapies to the biological (in particular genetic) profile of each patient. The article deals with a specific aspect of personalized medicine, that of the status of the environment. It is widely accepted that genes account for only a small percentage of pathological phenotypes, while the environment remains the main explanatory factor. Efforts to identify and characterize these environmental factors are today brought together under a new label, the exposomic. It follows two directions. One leads to an industrial vision, oriented towards the search for targets susceptible of technical intervention. The other aims towards a critique of political and social choices in public health. The article focuses on this crossroads in the way of understanding the relationship between health and environment.

La mort aux trousses
Médecine personnalisée et maintenance prédictive, trousse médicale
et trousse à outils
Dans le milieu aéronautique, il n’est pas impossible qu’un jour la médecine personnalisée soit utilisée pour évaluer la fiabilité des pilotes. La maintenance prédictive, sa sœur jumelle dans l’univers des objets, repose déjà sur le recueil et le traitement des données multiples des avions et des organisations. Médecine personnalisée et maintenance prédictive apparaissent comme des pratiques sociales participant à un double mouvement de rationalisation technique : celui du social entendu comme résultat d’une construction de soi et des autres, et celui du monde vécu sous l’effet de la « désintégrité » des humains. Le facteur humain deviendrait-il alors le critère dominant d’une société sécurisée ?

Prevention kits
Personalized medicine and predictive maintenance, medical kit and toolkit
In the aviation industry, it is not impossible that one day personalized medicine will be used to assess the reliability of pilots. Predictive maintenance, its twin sister in the world of objects, is already based on the collection and processing of multiple data of aircrafts and organizations. Personalized medicine and predictive maintenance appear as social practices participating in a double movement of technical rationalization: that of the social understood as a result of a construction of oneself and others, and that of the lived world under the effect of the « disintegrity » of humans. Would the human factor then become the dominant criterion of a secure society?

Vue d’ensemble des conflits de justice environnementale
en Inde
Cet article présente une revue des mouvements de justice environnementale en Inde, à partir d’une combinaison d’informations provenant de l’Atlas de la justice environnementale (EJAtlas), de travaux de terrain et d’une analyse de la littérature secondaire. L’auteur souligne ici l’intensité des conflits, les armes judiciaires qui confortent les manifestations et le changement des slogans avec le temps, ainsi que les synergies et les alliances anciennes et actuelles entre ces mouvements indiens. Pour l’analyse sont combinés l’utilisation de statistiques descriptives et quelques exemples concrets. Enfin, il est proposé un débat sur la signification du terme « succès» appliqué à la justice environnementale, sujet sur lequel des recherches plus approfondies s’avèrent nécessaires.

Global perspective on ecological distribution conflicts in India
This article offers a review of environmental justice movements in India, combining information from the Environmental Justice Atlas (EJAtlas), fieldwork, and an analysis of secondary literature. The author emphasizes the intensity of the conflicts, the judicial weapons which reinforce the protests and the changes occurred in the slogans, as well as synergies, old and current alliances between these Indian movements. The analysis supplements the use of descriptive statistics with some concrete examples. Finally, there is a debate on the meaning of the term “success” applied to ecological justice, a subject on which further research is needed.

Extractivisme prédateur et conflits de distribution écologique
Le minerai de fer en Inde
Cet article s’attaque au manque d’informations sur les nombreux conflits de distribution écologique (EDC) provoqués par l’extractivisme minier en Inde au cours de ces dernières années. Le minerai de fer est le métal le plus extrait en Inde et, par conséquent, les conflits liés à cette activité sont importants. Nous analysons ici neuf conflits majeurs surgis dans différents états de l’Inde. Dans l’analyse de ces cas, nous mettons l’accent que les conséquences de l’extractivisme prédateur dans le secteur de l’exploitation des minerais, ainsi que leurs impacts environnementaux, sociaux et culturels sur les régions minières « périphériques » de l’Inde.

Predatory extractivism and ecological distribution
conflicts

Iron ore in India
This article faces the lack of information on the abundant ecological distribution conflicts (EDC) related to mineral extractivism in India in recent years. Iron ore is the most extracted metal in India, and therefore, the conflicts in this activity are most significant. Here we analyze nine major conflicts in different states of India. From these cases, the consequences of predatory extractivism in the borders of the extraction of resources are reviewed, as well as their environmental, social and cultural impacts on the « peripherical » regions extracting iron ore.

L’impact environnemental et social des politiques publiques de développement sur les communautés autochtones
Les Dongria Kondh en Inde
Les réformes économiques néolibérales, suite à la crise financière de 1991, ont provoqué des mutations dans l’économie indienne, son développement industriel et agricole. Celles-ci ont touché l’ensemble de la population mais particulièrement, les groupes sociaux classés comme les plus vulnérables, telles que les communautés autochtones adivasi. Du point de vue des politiques publiques, ce qui caractérise les Adivasis, c’est leur désavantage économique et social. Ils font donc partie d’une catégorie sociale ciblée par différents programmes nationaux de développement et de réduction de la pauvreté, notamment par l’intermédiaire du Dongria Kondh Development Agency (DKDA pour son acronyme anglais), département gouvernemental de médiation entre le gouvernement central indien et le groupe autochtone Dongria Kondh. C’est sur ce groupe que porte notre enquête anthropologique. Le présent article, dont les résultats s’appuient sur neuf mois de travail sur le terrain entre 2011 et 2015, vise à mettre en évidence la manière dont les politiques publiques nationales visant les communautés de dongria ont des impacts environnementaux et sociaux significatifs.
The environmental and social impact of public policies of development on indigenous communities
The Dongria Kondh in India
The neoliberal economic reforms, following the financial crisis of 1991, caused changes in the Indian economy, in its industrial and agricultural development. These changes affected the entire population, and especially the vulnerable social groups, such as the indigenous adivasi communities. From the point of view of public policies, the Adivasi are characterized by their economic and social inferiority. They are therefore part of a social category targeted by different national programs of development and poverty reduction, including the Dongria Kondh Development Agency (DKDA), the governmental department of mediation between the central government of India and the indigenous Dongria Kondh group. This group is the focus of our anthropological inquiry. This article, which is based on nine months of field work between 2011 and 2015, aims to highlight how national public policies targeting dongria communities have significant environmental and social impacts.

Face à la croissance verte
Visions du « commun » du collectif Timbaktu dans l’Andhra Pradesh
L’utilisation des énergies renouvelables en Inde est en train de modifier (ou de maintenir) le modèle de croissance et de développement inégal qui la caractérise comme « économie émergente ». Nous mettons l’accent sur deux processus contrastés que connait l’Anantapuramu, un district rural marqué par des indices de pauvreté et de vulnérabilité climatique élevés. D’un côté, le développement de méga-infrastructures d’énergie éolienne déclenche une transformation régionale en faveur de « l’industrialisation verte ». De l’autre, la résistance du Collectif Timbaktu, une organisation de base qui travaille à la régénération des terres communales « improductives », promeut la gestion collective des ressources et renforce les relations de coopération au sein des communautés locales. Cette perspective contrastée permet de mettre à jour les différentes façons de comprendre la durabilité et ses implications politiques dans les dynamiques écologiques, sociales et spatiales des territoires concrets.

Facing green growth
Visions of the “common” of the Timbaktu Collective in Andhra Pradesh
The use of renewable energies in India is changing (or maintaining) the unequal growth and development model that characterizes an “emerging economy”. We contrast two processes currently unfolding in Anantapuramu, a rural district marked by high rates of poverty and climatic vulnerability. On the one hand, the progressive expansion of mega-infrastructures of wind energy acts like a trigger for a regional transformation in favor of « green industrialization ». On the other, the resistance of the Timbaktu Collective, a basic organization that works on regeneration of “unproductive” communal lands, promotes the collective management of resources and strengthens cooperative relationships within local communities. This contrasted perspective sheds light on different ways of understanding sustainability, as well as its political implications in ecological, social and spatial dynamics of concrete territories.

Sri Lanka : Conflits socio-environnementaux et projets de développement
Cet article analyse les situations d’injustice environnementale au Sri Lanka, en comparant vingt-six conflits socio-environnementaux identifiés dans l’Atlas mondial de la justice environnementale. Ils sont été compilés par l’auteur, en collaboration avec des activistes du Center for Environmental Justice (CEJ) du Sri Lanka. En nous appuyant sur différentes sources (rapports d’ONG, journaux, blogs, sources gouvernementales, déclarations commerciales et articles universitaires), et en privilégiant une approche d’écologie politique, nous analysons quelles sont les activités économiques qui génèrent des affrontements, quels acteurs y participent et de quelle manière les différents groupes se sont mobilisés contre des projets d’investissement.

Sri Lanka. Socio-environmental conflicts and development projects
This article analyzes situations of environmental injustice in Sri Lanka, comparing twenty-six socio-environmental conflicts identified in the Global Atlas of Environmental Justice. They have been compiled by the author, in collaboration with activists from Sri Lanka’s Center for Environmental Justice (CEJ). By nudging different sources (NGO reports, newspapers, blogs, government sources, commercial statements, academic articles), and focusing on an approach of political ecology, we analyze what are the economic activities that generate confrontations, which actors participate, and how different groups have mobilized against investment projects.