Archives par mot-clé : revenu

L’essor des coopératives énergétiques citoyennes
Au cours des années 2000, le développement de la filière photovoltaïque en France a essentiellement pris la forme de projets individuels et privés, organisés autour d’une quête de retour sur investissement suscitant débordements et controverses. A partir du cas des centrales villageoises, l’article souligne que l’essor actuel des coopératives énergétiques citoyennes porte un modèle politique alternatif pour le développement des renouvelables, davantage ouverts à des enjeux sociaux, territoriaux et écologiques.

The rise of
citizen energy cooperatives
During the 2000s, the development of the French photovoltaic sector mainly took the form of individual and private projects and was driven by a quest of return-on-investment which aroused several controversies. Starting with the centrales villageoises case study, this paper underlines that the current development of renewable communities bears an alternative political model for the development of renewable energies, more inclusive of social, local and environmental issues.

Tactiques
pour questions épineuses
L’électricité est un vecteur doté d’une magnitude et d’une direction. Il est soumis aux changements de la société et des gouvernements. Dans cet article, City Mine(d) considère l’électricité comme un vecteur de changement social. Nous fournissons un point de vue sur les défis auxquels la société est confrontée (les « problèmes épineux » que nous rencontrons), puis nous proposons un aperçu de notre approche de l’innovation sociale avant de l’appliquer au secteur de l’électricité.

Tactics for tough  issues
Electricity is a vector with a magnitude and a direction. It is subject to the changes in society and government. In this article, City Mine(d) looks at electricity as a vector for social change. We provide a lens by which to look at the challenges society is faced with, referred to as the “tough issues” we meet, and then offer some insights into our approach of social innovation, before applying this to the electricity sector.

Transitions énergétiques à Istanbul et Le Cap
À propos de  transformations plurielles
Cet article propose d’élargir le débat sur la transition énergétique au-delà du contexte occidental. Partant d’études de cas situées dans deux métropoles des Suds, la réflexion invite à nuancer les scénarios normatifs et supposés universels de transformation des systèmes énergétiques pour confronter les transitions aux singularités des sociétés et des territoires dans lesquels elles prennent forme. Ainsi s’aperçoit-on que les discours sur le changement climatique global ont bien moins d’effets d’entraînement sur les trajectoires énergétiques d’Istanbul et du Cap que l’impact de crises écologiques plus locales ou que l’évolution de compromis socio-politiques, toujours fragiles et dépendants d’héritages historiques nationaux.

Energy Transitions in Istanbul and  Cape  Town
About Plural Transformations
The present article aims at widening the debate on energy transition beyond the Western context. Based on two metropolitan case studies from the “Global South”, it suggests to move away from normative and supposedly universal scenarios of energy changes and to confront transitions with the singularities of the societies and territories in which they take shape. It is then apparent that discourses on global climate change have far less impact on Istanbul and Cap Town energy trajectories than local ecological crisis or changes in socio-political compromises, always fragile and dependent on national historical legacies.

A lire en ligne
Trois approches de lutte pour la visibilité de la collapsologie dans les médias français

Les discours écologistes, depuis les années 1970, ont très souvent été jugés dans les médias de masse inutilement alarmistes, trop culpabilisateurs, voire naïvement irresponsables. Si, depuis une vingtaine d’années, certaines postures environnementalistes ont réussi à imprégner certaines sphères économiques et politiques, il reste que les théoriciens de l’effondrement de notre civilisation dont Yves Cochet fait figure […]

Dans Le Mouton enragé (1974) de Michel Deville, Claude (alias Jean-Pierre Cassel) fait remarquer à son ami Nicolas (alias Jean-Louis Trintignant), en proie à des difficultés financières : « C’est pas de l’argent qu’il te faut, c’est une situation. »1 En milieu urbain, dans les soirées, les cafés ou les restaurants, la socialisation des membres des classes moyennes […]

Le manifeste polémique d’UbuWeb

Pour l’anniversaire des vingt ans d’UbuWeb1, il y a quelques années, un groupe appelé Custodians Online, dédié à la dissémination de la culture et du savoir libres, a offert à UbuWeb deux cadeaux2. D’abord, ils ont créé une multitude de miroirs du site pour que, même si on devait disparaitre, il ne disparaisse jamais. Ensuite, […]

De la pluralité des fins du monde :
les voies de
la science-fiction
Des effondrements, la science-fiction en recèle de nombreuses formes et pour une large variété de mondes. Considérer ces immenses productions de romans et de nouvelles, de films, de séries télévisées ou de jeux vidéo comme une simple manifestation d’anxiété ou de désespoir face à notre avenir serait très réducteur. Elles nous familiarisent avec l’éventualité du pire, dans la tradition des « dystopies » ou utopies négatives, mais elles nous permettent surtout d’accorder une visibilité aux conditions d’organisation de collectifs, aux dilemmes moraux pouvant résulter de certaines situations d’effondrement. Le genre SF propose des prototypes et prototopes du futur – de l’ordre de l’exercice de pensée, du dispositif expérimental nous plongeant, via des personnages, décors et situations inventées, dans les si humaines complexités de mondes potentiels de notre « à venir ».

Experiencing the Collapsological Plurality of Science-Fiction
Science-fiction contains many forms of collapsing, relative to a wide variety of worlds. To consider this immense production of novels and short stories, movies, television series or video games as a simple manifestation of anxiety or despair in the face of our future would be very reductive. They familiarize us with the possibility of the worst, in the tradition of «dystopias» or negative utopias, but they also allow to give visibility to the organizational conditions of collectives, to elaborate on moral dilemmas that may result from certain situations of collapse. The SciFi genre proposes prototypes and “prototopes” of the future—as thought-experiments, by plunging us, through characters, sets and invented situations, into the human complexities of potential worlds of our yet to come.

Brève chronologie de la médiatisation de la collapsologie en France (2015-2019)

Brève chronologie de la médiatisation de la collapsologie en France (2015-2019)
Si les théoriciens de l’effondrement occupent une place relativement importante dans les médias français, le phénomène est assez nouveau. En moins d’un an, les médias ont emboîté le pas sur la sortie en librairie de quelques essais à succès. À l’instar de ces théories, l’idée d’une fin du monde semble médiatiquement actée et prend même le virage de propositions pour un après à vivre au mieux. Cette ébauche de chronologie introduit un autre texte à venir, qui sera mis en ligne en septembre 2019 sur le site de Multitudes, analysant les postures médiatiques et journalistiques vis-à-vis de quelques théoriciens collapsologues.

A Brief Chronology of the Media Coverage of Collapsology in France (2015-2019)
If the collapsologist theories occupy a relatively important place in today’s French media, the phenomenon is quite new. In less than a year, the media has followed suit on the release of a few best-sellers on that theme. Like these theories, the idea of ​​an end of the world seems mediatically accepted, going sometimes as far as proposals for post-collapse societies allowing for better lives. This chronology introduces another longer article, which will be put online in September 2019 on Multitudes website, analyzing the media and journalistic postures vis-à-vis some collapsologues.

Sur les traversées
Dans cet entretien, la poétesse explore ce que signifie l’écriture de l’histoire des « sans histoires ». À travers la nouvelle qu’elle livre à Multitudes, intitulée précisément « sans histoire/s », et son recueil La quête infinie de l’autre rive (2011), l’auteur analyse le pouvoir de « considération » de la littérature, reliant les pensées de Marielle Macé avec celles d’Édouard Glissant.

On crossings
With this interview, the poetess explores what it means to write stories of people « without histories ». Through the short story she gives to Multitudes, entitled « without history/ies », and through her book La quête infinie de l’autre rive (2011), she analyses the power of « consideration » carried by literature, linking Marielle Macé’s thoughts with Edouard Glissant’s, among others.

Vue d’ensemble des conflits de justice environnementale
en Inde
Cet article présente une revue des mouvements de justice environnementale en Inde, à partir d’une combinaison d’informations provenant de l’Atlas de la justice environnementale (EJAtlas), de travaux de terrain et d’une analyse de la littérature secondaire. L’auteur souligne ici l’intensité des conflits, les armes judiciaires qui confortent les manifestations et le changement des slogans avec le temps, ainsi que les synergies et les alliances anciennes et actuelles entre ces mouvements indiens. Pour l’analyse sont combinés l’utilisation de statistiques descriptives et quelques exemples concrets. Enfin, il est proposé un débat sur la signification du terme « succès» appliqué à la justice environnementale, sujet sur lequel des recherches plus approfondies s’avèrent nécessaires.

Global perspective on ecological distribution conflicts in India
This article offers a review of environmental justice movements in India, combining information from the Environmental Justice Atlas (EJAtlas), fieldwork, and an analysis of secondary literature. The author emphasizes the intensity of the conflicts, the judicial weapons which reinforce the protests and the changes occurred in the slogans, as well as synergies, old and current alliances between these Indian movements. The analysis supplements the use of descriptive statistics with some concrete examples. Finally, there is a debate on the meaning of the term “success” applied to ecological justice, a subject on which further research is needed.

Extractivisme prédateur et conflits de distribution écologique
Le minerai de fer en Inde
Cet article s’attaque au manque d’informations sur les nombreux conflits de distribution écologique (EDC) provoqués par l’extractivisme minier en Inde au cours de ces dernières années. Le minerai de fer est le métal le plus extrait en Inde et, par conséquent, les conflits liés à cette activité sont importants. Nous analysons ici neuf conflits majeurs surgis dans différents états de l’Inde. Dans l’analyse de ces cas, nous mettons l’accent que les conséquences de l’extractivisme prédateur dans le secteur de l’exploitation des minerais, ainsi que leurs impacts environnementaux, sociaux et culturels sur les régions minières « périphériques » de l’Inde.

Predatory extractivism and ecological distribution
conflicts

Iron ore in India
This article faces the lack of information on the abundant ecological distribution conflicts (EDC) related to mineral extractivism in India in recent years. Iron ore is the most extracted metal in India, and therefore, the conflicts in this activity are most significant. Here we analyze nine major conflicts in different states of India. From these cases, the consequences of predatory extractivism in the borders of the extraction of resources are reviewed, as well as their environmental, social and cultural impacts on the « peripherical » regions extracting iron ore.

L’impact environnemental et social des politiques publiques de développement sur les communautés autochtones
Les Dongria Kondh en Inde
Les réformes économiques néolibérales, suite à la crise financière de 1991, ont provoqué des mutations dans l’économie indienne, son développement industriel et agricole. Celles-ci ont touché l’ensemble de la population mais particulièrement, les groupes sociaux classés comme les plus vulnérables, telles que les communautés autochtones adivasi. Du point de vue des politiques publiques, ce qui caractérise les Adivasis, c’est leur désavantage économique et social. Ils font donc partie d’une catégorie sociale ciblée par différents programmes nationaux de développement et de réduction de la pauvreté, notamment par l’intermédiaire du Dongria Kondh Development Agency (DKDA pour son acronyme anglais), département gouvernemental de médiation entre le gouvernement central indien et le groupe autochtone Dongria Kondh. C’est sur ce groupe que porte notre enquête anthropologique. Le présent article, dont les résultats s’appuient sur neuf mois de travail sur le terrain entre 2011 et 2015, vise à mettre en évidence la manière dont les politiques publiques nationales visant les communautés de dongria ont des impacts environnementaux et sociaux significatifs.
The environmental and social impact of public policies of development on indigenous communities
The Dongria Kondh in India
The neoliberal economic reforms, following the financial crisis of 1991, caused changes in the Indian economy, in its industrial and agricultural development. These changes affected the entire population, and especially the vulnerable social groups, such as the indigenous adivasi communities. From the point of view of public policies, the Adivasi are characterized by their economic and social inferiority. They are therefore part of a social category targeted by different national programs of development and poverty reduction, including the Dongria Kondh Development Agency (DKDA), the governmental department of mediation between the central government of India and the indigenous Dongria Kondh group. This group is the focus of our anthropological inquiry. This article, which is based on nine months of field work between 2011 and 2015, aims to highlight how national public policies targeting dongria communities have significant environmental and social impacts.

Aménagement hydroélectrique et droits des communautés
dans l’Himalaya oriental
Le cas de l’Arunachal Pradesh
Avec plus de cent soixante mémorandums d’accords signés avec des constructeurs de barrages, l’Etat d’Arunashal Pradesh, situé dans l’Himalaya, dans une région nord-orientale de l’Inde faisant limite avec la Chine, le Boutant et le Myanmar, occupe une place de choix dans les plans d’aménagement hydroélectrique de l’Inde. Cet état est le foyer d’environ vingt-cinq communautés autochtones, chacune avec ses différentes traditions culturelles et institutionnelles pour l’administration des propriétés collectives, comme les terres agricoles et les forêts. À l’Arunachal Pradesh, à la différence de nombreuses autres communautés de l’Inde, les droits de la communauté sur la terre et les forêts sont protégés par la loi. Malgré cela, avec le boom de l’énergie hydroélectrique, les contradictions entre les droits collectifs et les prérequis institutionnels du modèle de croissance néolibéral ont aiguisé les conflits dans cette région frontalière.

Hydroelectric development and community rights in the eastern Himalayas
The case of Arunachal Pradesh
With over one hundred and sixty memoranda of understanding signed with dam builders, the state of Arunashal Pradesh, located in the Himalayas, in a northeastern region of India bordering China, Bhutan and Myanmar, occupies a prominent place in the hydropower plans of India. This state is home to about twenty-five indigenous communities, each with its different cultural and institutional traditions for the administration of communal property, such as farmland and forests. In Arunachal Pradesh, unlike many other communities in India, community rights concerning land and forests are protected by law. Despite this, with the boom in hydroelectric power, the contradictions between collective rights and the institutional prerequisites of the neoliberal growth model have sharpened conflicts in this border region.

Face à la croissance verte
Visions du « commun » du collectif Timbaktu dans l’Andhra Pradesh
L’utilisation des énergies renouvelables en Inde est en train de modifier (ou de maintenir) le modèle de croissance et de développement inégal qui la caractérise comme « économie émergente ». Nous mettons l’accent sur deux processus contrastés que connait l’Anantapuramu, un district rural marqué par des indices de pauvreté et de vulnérabilité climatique élevés. D’un côté, le développement de méga-infrastructures d’énergie éolienne déclenche une transformation régionale en faveur de « l’industrialisation verte ». De l’autre, la résistance du Collectif Timbaktu, une organisation de base qui travaille à la régénération des terres communales « improductives », promeut la gestion collective des ressources et renforce les relations de coopération au sein des communautés locales. Cette perspective contrastée permet de mettre à jour les différentes façons de comprendre la durabilité et ses implications politiques dans les dynamiques écologiques, sociales et spatiales des territoires concrets.

Facing green growth
Visions of the “common” of the Timbaktu Collective in Andhra Pradesh
The use of renewable energies in India is changing (or maintaining) the unequal growth and development model that characterizes an “emerging economy”. We contrast two processes currently unfolding in Anantapuramu, a rural district marked by high rates of poverty and climatic vulnerability. On the one hand, the progressive expansion of mega-infrastructures of wind energy acts like a trigger for a regional transformation in favor of « green industrialization ». On the other, the resistance of the Timbaktu Collective, a basic organization that works on regeneration of “unproductive” communal lands, promotes the collective management of resources and strengthens cooperative relationships within local communities. This contrasted perspective sheds light on different ways of understanding sustainability, as well as its political implications in ecological, social and spatial dynamics of concrete territories.

Sri Lanka : Conflits socio-environnementaux et projets de développement
Cet article analyse les situations d’injustice environnementale au Sri Lanka, en comparant vingt-six conflits socio-environnementaux identifiés dans l’Atlas mondial de la justice environnementale. Ils sont été compilés par l’auteur, en collaboration avec des activistes du Center for Environmental Justice (CEJ) du Sri Lanka. En nous appuyant sur différentes sources (rapports d’ONG, journaux, blogs, sources gouvernementales, déclarations commerciales et articles universitaires), et en privilégiant une approche d’écologie politique, nous analysons quelles sont les activités économiques qui génèrent des affrontements, quels acteurs y participent et de quelle manière les différents groupes se sont mobilisés contre des projets d’investissement.

Sri Lanka. Socio-environmental conflicts and development projects
This article analyzes situations of environmental injustice in Sri Lanka, comparing twenty-six socio-environmental conflicts identified in the Global Atlas of Environmental Justice. They have been compiled by the author, in collaboration with activists from Sri Lanka’s Center for Environmental Justice (CEJ). By nudging different sources (NGO reports, newspapers, blogs, government sources, commercial statements, academic articles), and focusing on an approach of political ecology, we analyze what are the economic activities that generate confrontations, which actors participate, and how different groups have mobilized against investment projects.

Écologie versus développement
Le mouvement « Sauvez les Sundarbans » au Bangladesh
Un mouvement environnemental sans précédent a pris forme lorsque le gouvernement du Bangladesh a projeté la construction d’une centrale à charbon à 14 km des Sundarbans, la plus grande mangrove du monde. Plusieurs experts, dont certains de l’Unesco, ont indiqué que les déchets et la fumée de la centrale menaceraient la forêt et sa biodiversité. Malgré cela, le gouvernement persiste dans son intention de mener à bien le projet en fonction des intérêts de certains groupes au pouvoir. Le mouvement a débuté discrètement en 2012 et est devenu massif par la suite. En 2017, il a réussi à mobiliser la mouvance du militantisme écologique et certaines organisations internationales. Il s’agissait de faire pression sur le gouvernement pour qu’il abandonne le projet d’usine. Cet article décrit l’évolution du mouvement, ses principaux acteurs, sa portée mondiale ainsi que sa situation actuelle.

Ecology versus development
The “Save the Sundarbans” movement in Bangladesh
An unprecedented environmental movement took shape when the Bangladesh government planned to build a coal-fired power plant 14 km from the Sundarbans, the world’s largest mangrove forest. Several experts, including some from Unesco, have indicated that the waste and smoke from the plant would threaten the forest and its biodiversity. Despite this, the government persists in its intention to carry out the project according to the interests of certain groups in power. The movement began quietly in 2012 and became massive thereafter. In 2017, it managed to mobilize the movement of ecological activism and some international organizations in order to pressure the government to abandon the factory project. This article describes the evolution of the movement, its main actors, its global reach as well as its current situation.

Du jaune sur la bannière étoilée de l’Union
Malgré tous les signaux négatifs quant à son avenir, l’Europe a retrouvé des raisons d’espérer grâce au refus français de s’aligner sur les populismes. L’intégration politique de l’Europe dans un fédéralisme qui permet de décider à une majorité qualifiée, au lieu de s’enliser dans l’unanimité actuelle, est indispensable pour sortir de l’austérité budgétaire, faire converger les fiscalités, et trouver de nouvelles ressources à investir. La revendication d’un revenu décent par les Gilets jaunes sera satisfaite par la mise en place d’un revenu universel à l’échelle de l’Europe.

Yellowing the starry European flag
Despite all the negative signals about its future, Europe has found reason to hope thanks to the French refusal to align with populism. The political integration of Europe in a renewed form of federalism which makes it possible to decide by a qualified majority, instead of getting bogged down in the current unanimity, is indispensable to get out of budgetary austerity, to converge in tax codes, and to find new resources to invest. The claim of a decent income by the Yellow Vests will be satisfied by the establishment of a universal income at the European scale.

Le revenu de base
Vers une Europe plus sociale
Le revenu de base a véritablement émergé en Europe à partir des années 2010, à travers une réflexion universitaire et politique, mais également, par le lancement d’expérimentations, dont la plus connue s’est terminée en décembre 2018 en Finlande. Les mouvements sociaux défendant cette idée ont été au cœur de ce débat. Émergeant notamment à la suite de l’Initiative Citoyenne Européenne en 2013, leur nature et leurs modes d’actions varient d’un pays à l’autre.

Basic income
Towards a more social Europe
Basic income truly appeared in Europe in the 2010’s, through academic works and political initiatives, but also through the launching of pilot experimentations. The best-known today has just ended in December 2018 in Finland. Social movements in favor of this idea have also played a key role in the debate. Most of them were created after the European Citizen Initiative in 2013, and today their nature as well as their modes of action differ from one country to another.

Les expérimentations de revenu(s) de base
Misères du présent, richesse du possible
Les expérimentations de revenu de base sont l’objet de nombreuses controverses parmi les universitaires et militant·es favorables à cette mesure. Représentent-elles une stratégie pertinente pour produire des connaissances fiables sur les effets de la mesure, ou sont-elles une stratégie politique efficace pour espérer l’instauration d’un véritable revenu universel ? Une perspective critique des méthodologies expérimentales en économie et d’une vision trop restrictive du « revenu de base » permettrait d’ouvrir les champs des possibles sur ce terrain des expérimentations.

Experiments with basic income(s)
Misery of the present, richness of the possible
Basic income experimental pilots are controversial policies even among its specialists and supporters. Are they relevant to produce scientific evidence about the effects of a basic income? Or an accurate strategy to obtain its implementation? A critical approach to the experimental methodology in economics and to an overly restrictive vision of basic income could open new perspectives on this particular topic.

Des régimes de droits sexuels entre fragmentation identitariste et normes globales
Cet article examine le paysage européen sous l’angle des droits sexuels, portant l’attention sur l’unité fictive de l’Europe et les contradictions qui émergent entre les différents pays concernant les femmes en particulier. Le Lobby européen des femmes, les législations sur l’avortement, les processus de renaturalisation de la condition féminine avec des arguments écologiques, les déchirements autour de la prostitution, mettent en scène des dissonances importantes.

Sexual rights
regimes between identitarist fragmentation and global norms
This article examines the European landscape from the perspective of sexual rights, focusing on the fictional unity of Europe and the contradictions that emerge between different countries concerning women in particular. The European Women’s Lobby, the laws on abortion, the processes of renaturalisation of the status of women through ecological arguments, and the rifts around prostitution, reveal major dissonances.

L’Europe et les nouvelles échelles de la transition énergétique
Après avoir passé en revue la diversité des politiques nationales en matière de transition énergétique, cet entretien fait le point sur ce que l’Union européenne a déjà pu et pourra apporter aux multiples redimensionnements en cours. Alors que les politiques nationales restent obnubilées par une conception centralisatrice de la production énergétique, le nouveau monde de la parité-réseau et des consommateurs-producteurs redistribue les cartes selon des échelles sensiblement différentes. Une coordination européenne entre initiatives locales peut devenir un atout, pour autant que des mesures de redistribution sachent prévenir une nouvelle « lutte des classes énergétiques » qu’exaspèrent nos inégalités actuelles.

Europe and the new scales of energy policies in transition
After reviewing the diversity of national policies addressing energy issues, this interview considers what the EU has done, and what it will be in a position to do, to the current re-dimensioning of our energy policies. While national agendas remain deeply tied to a centralizing conception of energy production through massive powerplants, the new world of prosumers and parity grid reshuffles the cards along a multiplicity of heterogeneous scales. This is where a European-wide coordination can become a major asset, as long as redistributive policies prevent the new “energy class struggles” currently exacerbated by growing social inequalities.

Vers une Europe post-médiatique
La forme alternative d’une Europe à venir est aussi dessinée par les infrastructures médiales qui en tisseront la trame relationnelle déterminée par la circulation des attentions, des récits et des idées. C’est à l’échelle européenne que pourraient être envisagées des initiatives pour déjouer l’emprise médiatique que les nouveaux empires numériques (comme les GAFAM) entretiennent aujourd’hui en croisant les mass-media traditionnels. Il s’agit ainsi de transformer la médiasphère de notre continent dans un laboratoire de fabrication de conditions « post-média » (Guattari) d’existence collective.

Towards a post-media Europe
The alternative form of a future Europe is also drawn by the medial infrastructures that will weave the relational framework determined by the circulation of attentions, stories and ideas. It is at the European level that initiatives could be envisaged to thwart the media hold that the new digital empires (like GAFAM) maintain today by reconfiguring the media landscape. It is thus a question of transforming the mediasphere of our continent into a laboratory of manufacturing of “post-media” (Guattari) conditions of collective existence.

Se faire des idées

Se faire
des idées
L’être humain préhistorique invente, par le calcul, la notion de possibilité. Avec l’ordinateur, on peut désormais computer ces calculs. On peut ramasser les points pour en faire des mondes objectifs, des mondes subjectifs et des valeurs alternatives. Ceci implique un changement radical des idées que nous nous faisons : un abandon de la distinction entre la science, l’art et la politique en faveur de la projection.

Having Ideas
Prehistorical humans invented, through calculation, the notion of possibility. With computers, we now can compute such calculations. Points can be gathered in order to become objective worlds, subjective worlds and alternative values. This radically changes the type of ideas we have. It leads to abandoning the distinction between science, art and politics, in order to favoring projection.

Grimacez ou riez, le fond de l’air est jaune

Nombre d’intellectuels aux tempes argentées qui avaient connu Mai 1968 n’ont pas enfilé de gilets jaunes. D’autres curieux sont allés voir à quoi ressemblait ce « mouvement social non identifié ». Beaucoup, sans y être allés, y sont allés de leur opinion sur le sujet. De gustibus non est disputendum (des goûts et des couleurs). Mais à […]

Bombatalu, la vague qui frappe trois fois

Depuis le séisme qui a ébranlé la région de Palu le 28 septembre 2018, le mot « liquéfaction » est devenu synonyme de terreur sur l’île de Célèbes. Ce phénomène géologique, qui fait qu’un sol à grains fins et saturé d’eau perd immédiatement sa compacité en raison de vibrations sismiques soudaines et puissantes, a englouti plus de 12 000 […]

Luttes et impasses dans la logistique La grève des camionneurs brésiliens survenue le 21  mai 2018 a provoqué un blocage sans précédent : pendant 11 jours, pratiquement toute la circulation des marchandises s’est trouvée paralysée au niveau national, contraignant des dizaines de villes à déclarer un état de catastrophe et d’urgence publique. Les autoroutes brésiliennes se […]

L’hypercapitalisme de la transparence

L’hypercapitalisme de la transparence
Au XVIIIe siècle, Jeremy Bentham avait imaginé un dispositif carcéral où les détenus seraient surveillés par un gardien omni-voyant. Dans le panoptique digital, nous ne sommes plus de simples détenus, mais participons activement à son façonnement. Personne ne semble s’en émouvoir outre mesure. Il n’y a pas si longtemps encore, en Allemagne les gens montaient sur les barricades contre le recensement démographique d’État : cette époque semble bien lointaine, au vu de notre inclination à partager toutes nos données avec les appareils de capture de l’hypercapitalisme.

Transparency and Hypercapitalism
In the 18th century, Bentham imagined a prison wherein the inmates would be watched over by an all-seeing guardian. In our digital panopticon, we no longer are mere inmates: we actively participate in its making. And nobody seems to mind. Not so long ago, in Germany, people took the streets against a State-sponsored census. Now we spontaneously share our data with the apparatuses of capture set in place by and for hypercapitalism.

Des intimités transparentes ?
Outil de gouvernance à toutes les échelles – globale, nationale, locale – la transparence s’est imposée comme une norme à la fois morale, économique et politique. L’intimité n’y échappe pas. La reproduction, les origines, les identités, les sexualités, qui en seraient un pan important, se trouvent ainsi à l’avant-garde d’une transparence quasi managériale, qui s’épanouit dans une exposition numérique sans limite. Cet article questionne différents aspects de ce phénomène.

Transparent Intimacies?
As a multi-scale instrument of governance (global, national, local), transparency imposed itself as a moral, economic and political norm. Intimacy does not escape from its reach and claims. Reproduction, origins, identities, sexualities, which are posited as some of its important dimensions, are thus put at the vanguard of a quasi-managerial form of transparency, which thrives within a limitless digital exposure. This article questions various aspects of this phenomenon.

Résurgence holocénique contre plantation anthropocénique
La « soutenabilité » est le rêve de transmettre une terre habitable aux générations futures, humaines et non-humaines. Cet article soutient qu’une soutenabilité digne de ce nom exige la résurgence d’un modèle multi-espèces, en résistance aux tendances de la colonisation capitaliste qui transforme tout en plantations de monoculture. Pour affronter les défis de l’Anthropocène, nous devons faire davantage attention aux socialités qui se trament entre les espèces, socialités dont nous dépendons tous. Aussi longtemps que nous maintenons une séparation imperméable entre nous et tout ce qui n’est pas humain, nous faisons de la soutenabilité un concept cruel relevant de l’esprit de clocher. Nous perdons de vue le tramage commun qui rend possible la vie sur Terre des humains avec les non-humains. De toutes façons, maintenir cette séparation ne fonctionne pas : les efforts des investisseurs pour réduire tous les autres êtres au statut d’actifs ont généré de terrifiantes écologies, que je qualifie ici de proliférations anthropocéniques.

Holocene 
Resurgence Against Anthropocene Plantation
This article has argues that sustainability is a multispecies affair. If we have any dreams of handing a livable world to our descendants, we will need to fight for the possibilities of resurgence. The biggest threat to resurgence is the simplification of the living world as a set of assets for future investments. As the world becomes a plantation, virulent pathogens proliferate, killing even common plants and animals. To appreciate Anthropocene challenges, we need to pay more attention to the cross-species socialities on which we all depend. As long as we block out everything that is not human, we make sustainability a mean and parochial concept; we lose track of the common work that it takes to live on earth for both humans and nonhumans.