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Mondialisation libérale et fin de l’Histoire La fin du « siècle court » implique-t-elle la fin de l’histoire ? Comment peut-on encore produire du réel dans un monde qui semble entièrement gouverné par la répétition du même (la subsomption totale de la vie au capital) et la mise en abîme des grands récits métaphysiques (téléologie providentialiste de l’émancipation)[1] […]

Par le biais de la lutte contre le terrorisme, la notion de guerre s’introduit dans le droit pénal. L’insertion de l’hostilité dans l’ordre juridique intérieur s’est d’abord effectuée par des actes administratifs relatifs aux étrangers et justifiés au nom de l’état d’urgence. Le Military Commissions Act, quant à lui, inscrit cette notion de guerre dans la loi et dans la permanence. En même temps, il en modifie le champ d’application et le contenu. Il permet au président des États-Unis de désigner comme ennemis ses propres ressortissants et ses opposants politiques.

Via the struggle against terrorism, the notion of war has made its entry into criminal law. The insertion of hostilities into the internal juridical order was first carried out by administrative acts concerning foreigners, justified in the name of the state of emergency. But the Military Commissions Act inscribes this notion of war permanently into law. At the same time, it changes both its content and its field of application. It allows the U.S. president to designate the country’s own citizens and its political opponents as enemies.

L’animal pris au piège

En 2005 paraissaient sur le site de la revue Multitudes, écrites par la main du philosophe italien Giorgio Agamben, les lignes suivantes : « Les journaux ne laissent aucun doute : qui voudra désormais se rendre aux États-Unis avec un visa sera fiché et devra laisser ses empreintes digitales en entrant dans le pays. Personnellement, je n’ai aucune […]