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Mineure 47. Prométhée contre Areva

Le double obscur de Prométhée, par

Le mythe d’Arachné, tel que le raconte Ovide, présente la potentialité de la vie comme inséparable du mouvement de la métamorphose. La métamorphose immanente de l’araignée (arakhné) démontre la puissance technique du corps – ou bien la tekhné en tant que sa seule puissance primitive. Ce mythe est donc beaucoup plus qu’une allégorie de la prise du pouvoir sur le corps – l’opération de fond de toute (bio) politique. Il trace les contours d’une autre opération, d’une contre-opération, l’opération de la métamorphose : le corps ne se transforme qu’à travers l’invention de nouvelles techniques par lesquelles le corps lui-même devient une nouvelle arme. Comme si le mythe d’Arachné avait complété Deleuze deux mille ans en avance : il nous faut de nouvelles armes, il nous faut donc de nouveaux corps. Telle est la leçon – et l’exemple – d’Arachné, le double obscur de Prométhée.

The dark double of Prometheus – Metamorphosis and technics

As told by Ovid, the myth of Arachnè presents the potentiality of life as inseparable from the movement of metamorphosis. The immanent metamorphosis of the spider (arakhné) proves the technical power of the body – or tekhné as its real primitive power. Thus this myth is definitely more than an allegory of the seizure of power on the body – the ground operation of every (bio)politics. It draws another operation or counter-operation, that of a metamorphosis: the body changes but through the invention of new techniques through which the body itself becomes a new weapon. As if the myth of Arachnè had complemented Deleuze with an advance of two thousand years: we need new weapons, therefore we need new bodies. That is the lesson – and the example – of Arachnè, the dark double of Prometheus.

Organiser la désappropriation, libérer le commun, par

L’humain est en crise. Il lui faut sortir de sa construction anthropocentriste du monde pour retrouver le commun qui le précède, le déborde et l’appelle à sortir de lui-même. Les prémisses de cet appel révolutionnaire, dont l’enjeu est la libération du commun, se réalisent de par le monde à travers de nouvelles luttes politiques. Leur point commun : organiser la désappropriation. Leur objectif : l’abolition de la propriété. Ainsi s’engage une politique de l’hospitalité qui accueille sans discrimination tous les êtres et expressions de la nature, en-deçà d’une conception de la propriété et du propre comme motifs identitaires de l’humanisme et sources de l’exclusion et de la domination de ce qui existe, persiste, se meut hors de lui, sans lui.

Organizing the Disappropriation, Liberating the Common

Human being is in crisis. He has to escape the anthropocentric construction of the world, in order to recover the Common that precedes and goes beyond him. Premises of this revolutionary call, whose aim is the liberation of the Common, happe through the world via some new political struggles. Their common feature: organizing the dis-appropriation. Their goal: the abolition of property. That’s how a politics of hospitality is at stake, capable to accommodate every being and expression of nature, without any kind of discrimination, below a conception of property which lies at the core of humanism and is the origin of exclusion and domination of what exists, persists, moves out of human, without him.

Multitudes en images

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